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Un îlot englouti dans la baie du Bengale

Un îlot englouti dans la baie du Bengale
L'engloutissement la semaine dernière d'un îlot dans la baie du Bengale n'a pas dû rassurer les autorités maldiviennes, qui redoutent depuis plusieurs mois une immersion de l'archipel due au réchauffement climatique

Voilà un épilogue qui a le mérite de mettre un terme à un différend politique de trois ans mais aussi, et surtout, le terrible inconvénient d’attester de la gravité des conséquences d’un problème mondial et que les plus pessimistes préjugent déjà insoluble.

L’engloutissement par les vagues la semaine dernière d’un îlot de trois kilomètres carrés  a renvoyé dos à dos l’Inde et le Bangladesh, qui se disputaient son appartenance depuis 2006. C’est la montée des eaux, corollaire de la hausse des températures, qui aura donc arbitré le conflit entre ces deux nations invitées à se préparer à payer un lourd tribut à cette évolution.

Ce petit lopin de terre inhabité que les Indiens avaient baptisé « New Moore » et qui s’appelait « South Talpatti » pour les Bengalis faisait partie de l’archipel de Sunderbans.

« Ce que ces deux pays n’ont pas été capable de résoudre malgré trois années de négociations a été résolu par le réchauffement climatique », a constaté Sugata Hazra, océanographe et professeur à l’Université Jadavpur de Calcutta (Inde), lequel a lui même annoncé cette disparition. Une nouvelle que les pêcheurs locaux, les observations satellites et des patrouilles de la marine indienne ont ensuite confirmée.

D’après M. Hazra, les flots pourraient en outre avoir raison d’une dizaine d’autres îlots dans les années à venir. Les scientifiques de l’Université Jadavpur ont ainsi constaté une accélération de la montée des eaux dans la baie du Bengale ces dix dernières années. Celle-ci aurait atteint une moyenne annuelle de cinq millimètres, contre trois jusqu’en 2000. Une augmentation qui ferait sans doute sourire Claude Allègre mais qui a donc été suffisante pour rayer de la carte un îlot et faire planer le spectre de l’immersion de tout un archipel.

Inquiétudes au Bangladesh

Les autorités bengalis ont récemment annoncé que, si la prédiction de certains climatologues d’une augmentation d’un mètre du niveau de la mer d’ici à 2050 venait à se réaliser, 18 % des côtes du pays seraient submergées. Il en résulterait vingt millions de réfugiés climatiques et un véritable cataclysme humain pour un pays hélas déjà habitué à subir régulièrement les foudres de la nature et qui est l’un des plus pauvres du monde.

À quelques centaines de kilomètres à l’ouest, l’engloutissement de cet îlot pose également, une nouvelle fois, la question de l’avenir à moyen terme de l’archipel des Maldives. Nul n’ignore plus en effet que ce paradis touristique pourrait lui aussi bientôt devenir sous-marin si les eaux de l’océan Indien continuent à monter à ce rythme.

Le gouvernement maldivien a organisé en octobre dernier un premier conseil des ministres sous l’eau pour attirer l’attention de la communauté internationale sur un phénomène dont elle ne semble pas encore, malgré l’accumulation de rapports d’experts alarmants, avoir véritablement pris la mesure.

La menace qui plane sur l’archipel des Maldives et celle, apparemment plus précise encore, à laquelle est confrontée l’archipel des Sunderbans montrent qu’il y a désormais urgence à prendre le problème à bras-le-corps.

Les décideurs ne pourront quoi qu’il en soit pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus.

Flickr - Trodel
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