NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Un hamburger artificiel à 256 000 euros pour lutter contre les émissions de GES

Un hamburger artificiel de 256 000 euros pour lutter contre les émissions de GES
Des scientifiques néerlandais ont mis au point un prototype de hamburger fabriqué à partir de viande artificielle. Une alternative durable à l'industrie de l'élevage, particulièrement émettrice de gaz à effet de serre (GES)

C’est évidemment le hamburger le plus cher du monde. Sa particularité ? Il est en train d’être conçu à partir d’une viande artificielle fabriquée en laboratoire par une équipe de scientifiques néerlandais. Une avancée scientifique qui ne fait certes pas l’unanimité – la présence d’artifices dans l’alimentation fait toujours des vagues, les fréquentes polémiques sur les OGM en témoignent – mais qui réduirait les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’élevage de 96 %, sachant en outre que la consommation de viande est en constante augmentation au niveau mondial (NDLR : elle pourrait atteindre 376 millions de tonnes à l’horizon 2030). Par ailleurs, malgré les alertes des nutritionnistes et des écologistes sur les risques environnementaux et médicaux liés à une surconsommation de protéines animales, l’élevage progresse au détriment des cultures vivrières et des espaces forestiers en Chine et en Inde (entre autres). La viande a donc plus que jamais la cote, d’où la volonté des experts bataves de lui trouver une alternative durable et crédible, en tout cas à terme.

Le coût exorbitant de ce hamburger s’explique par le long processus qu’a nécessité la mise au point du prototype. A partir de cellules souches provenant de morceaux de chair traités industriellement, les scientifiques ont « cultivé » des tissus musculaires longs d’à peine trois centimètres et tellement fins qu’ils étaient quasiment transparents. Un muscle ayant besoin de travailler pour être résistant, lesdits tissus ont ensuite été fixés à du velcro pour ensuite être étirés. Ils ont enfin été empilés les uns sur les autres, constituant un tas auquel de la graisse a été ajoutée. Le produit fini ne ressemble pas aux steaks habituels, notamment parce qu’il n’y a pas la moindre goutte de sang dans cette viande, ce qui explique son goût douteux. « Ce n’est pas encore très savoureux », a du reste reconnu Mark Post, l’un des scientifiques qui a travaillé sur le prototype.

Aussi les recherches continuent-elles pour améliorer le goût de la viande artificielle et obtenir un produit entièrement sain à même de se substituer à la viande telle que nous la consommons aujourd’hui. Les enjeux sont immenses puisqu’il s’agit à la fois de subvenir aux besoins d’une population mondiale croissante et toujours plus friande de viande, notamment dans les pays émergents, et de ménager les intérêts de la planète. Bien que son prix soit très élevé, la viande artificielle pourrait au bout du compte avoir raison des réticences actuelles et devenir savoureuse, pour peu que les scientifiques réussissent à y ajouter du sang synthétique. En attendant, des solutions plus abordables existent.

Sans pour autant devenir végétarien, il est par exemple souhaitable de réduire sa consommation de viande tout en satisfaisant ses besoins en protéines au moyen d’oeufs, de poissons et/ou de légumineuses, voire d’insectes. C’est déjà un très bon début…

Crédits photos : flickr – Lee Jordan / sean dreilinger
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !