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Un grand péril menace la biodiversité méditerranéenne

Selon le recensement effectué par le Census of Life, 230 000 espèces de poissons et de végétaux peuplent actuellement les océans et les mers de la planète

La mer Méditerranée est-elle vouée à se transformer en un désert aquatique ? Après y avoir recensé près de 17 000 espèces de faune et de flore, le Census of Life s’inquiète des dangers qui menacent ce patrimoine naturel.

De nombreuses menaces rodent dans les eaux profondes de la Méditerranée, mettant à mal sa faune et sa flore. Selon le Census of Life qui a mené pendant près de 10 ans un recensement de la vie marine, les poissons peuplant cet écosystème y seraient en effet plus en danger que partout ailleurs sur la planète. « Les impacts des activités humaines sont proportionnellement plus importants dans la Méditerranée que dans les autres mers du monde », affirment ces scientifiques, dans un rapport publié lundi dans la revue Plos One.

Divers aspects, comme le peuplement ancien de ses côtes ou son environnement cloisonné (NDLR : la Méditerranée est une mer fermée sur elle-même), sont autant de dangers pour sa biodiversité animale et végétale, et en font l’une des mers les plus menacées. Les dauphins et les cachalots ont déjà payé un lourd tribut au cours des dernières décennies, tandis que d’autres espèces, comme le phoque moine, ont été rayées de cette mer.

Des menaces à profusion

« La pollution des eaux, la dégradation et la perte de leur habitat » restent les principaux dangers qui pèsent sur les poissons de la Méditerranée, notent les auteurs de ce rapport intitulé What lives in the Sea ? (NDLR : Ce qui vit dans les Océans). Les activités humaines, dont en premier lieu la surpêche, condamnent aussi diverses espèces marines à un destin funeste. Durant leur étude, les scientifiques ont également découvert d’autres problèmes résultant de sources pour le moins étonnantes : « de vieilles munitions et des bombes datant de la guerre du Kosovo et déchargées en pleine mer par des bateaux », indique ce rapport. Des dangers qui, pour la plupart, concernent l’ensemble des mers et océans du globe.

Mais un péril reste pourtant l’exclusivité des eaux baignant les côtes du sud-est de la France, à savoir la prolifération d’espèces invasives. « Un facteur crucial qui va continuer de modifier la biodiversité » estime le Census of Life. Près de 600 genres de poissons différents ont ainsi déferlé dans la mer Méditerranée, libérés de manière accidentelle par les eaux de ballasts (NDLR : eaux contenues dans les cales des navires permettant d’assurer une ligne stable de flottaison) des bateaux franchissant les canaux de Suez et de Gibraltar. « La dispersion de la Mnemiopsos Leidyi (NDLR : méduse américaine) depuis Israël jusqu’en Espagne en 2009 a provoqué de grandes inquiétudes, en raison de son impact connu sur les écosystèmes et les zones de pêche », évoque notamment le document de ces scientifiques.

Mais l’apparition de ces espèces originaires d’autres mers n’est pas toujours accidentelle. Certaines d’entre elles, à l’instar de l’huître ou de la palourde japonaise, ont été introduites par la main de l’homme, afin de développer l’aquaculture. « Les fermes à huîtres sont devenues de véritables portes d’entrée dans les eaux côtières » pour toute une série d’algues, regrettent ces experts. Les engrais et pesticides utilisés dans l’agriculture, tout comme les eaux de ruissellement riches en sédiments, favorisent la prolifération de ces plantes aquatiques, qui réduisent la quantité d’oxygène présente dans la mer.

Un avenir noir pour la grande bleue

Et l’avenir de la Méditerranée ne s’annonce pas sous les meilleurs augures. Le réchauffement climatique risque en effet d’aggraver les dangers identifiés dans ses eaux. Un écosystème plus chaud attirera sans doute de nombreux poissons nageant habituellement sous le soleil des tropiques. Face à cela, les chercheurs du Census of Life conseillent aux autorités de développer diverses initiatives pour préserver la spécificité de sa flore et de sa faune.

Il faut dire que la Méditerranée recèle un véritable trésor de biodiversité, puisque 17 000 espèces y ont été recensées par les experts de cet organisme. En tout et pour tout, ce sont près de « 230 000 espèces » (NDLR : 19% de crustacés, 17% de mollusques et 12% de poissons), dont certaines inconnues jusqu’alors, qui enrichissent les océans et les mers de la planète. Et « il en reste probablement quatre fois plus à découvrir » selon eux. Les régions d’Australie et du Japon s’imposent comme les plus riches en termes de biodiversité, tandis que le patrimoine de la mer Méditerranée est clairement à risque si rien n’est tenté pour le sauver.

Crédit photo : Flickr - jurvetson
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