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Richard Branson veut assainir le transport maritime

Richard Branson veut assainir le transport maritime
85 % des marchandises mondiales sont transportées par bateau. Il en découle une quantité annuelle d'émissions de CO2 supérieure à celle de l'Allemagne. Partant de là, l'amélioration de la performance énergétique des navires est une nécessité absolue

Le président-fondateur de Virgin est omniprésent dans l’actualité environnementale de ces dernières semaines. Cette fois pour de bonnes raisons.

Richard Branson est un milliardaire pas comme les autres. Celui-là est capable du meilleur comme du pire. Un être au sourire carnassier et aux yeux sémillants qui n’a rien perdu de son sens du profit mais qui, au fil du temps, s’est aussi rendu compte de l’importance qu’une implication plus ou moins désintéressée dans la cause environnementale pouvait revêtir pour un homme de son rang.

Soutenir un combat, quel qu’il soit, c’est bien, mais agir, certes en disposant d’une marge de manoeuvre financière tout à fait considérable, c’est encore mieux. Reste que le tycoon britannique n’est pas encore un pygmalion « vert » aux yeux du grand public. Il aura surtout bien du mal à faire oublier qu’il est propriétaire d’une équipe de Formule 1 en plus d’être l’alpha et l’oméga du tourisme spatial, cette aberration environnementale qui consiste à rendre réalité le rêve plus ou moins récent de nababs galvanisés à l’idée de s’envoyer en l’air. Moment d’égarement ? Manifestation des limites d’une éco-citoyenneté de surcroît venue sur le tard ? Aveu de cupidité mal placée ?

Même si en l’occurrence il aurait pu s’y prendre autrement pour apporter son soutien à la lutte contre la hausse du thermomètre mondial, M. Branson n’a néanmoins pas l’intention de rester de marbre face au dérèglement climatique. Il a d’ailleurs, ce dès la semaine dernière, posé ses valises à Cancun (Mexique) – théâtre jusqu’à demain d’un sommet international hélas bien parti pour tourner au vinaigre. Le milliardaire a ainsi pu prendre part à la troisième édition des Gigaton Awards, véritables « Oscars de l’environnement » (toutefois critiqués par certains défenseurs de l’environnement selon lesquels cette cérémonie est une ode au greenwashing) qu’il a co-présidé, et pour cause : l’ONG Carbon War Room, qu’il a créée et vise à verdir le secteur privé, est l’une des garantes de cette grand-messe du décarbonage.

Green list

Elle est aussi à l’origine d’une grande première, sur la Toile depuis avant-hier (www.shippingefficiency.org), un classement des bateaux selon leur performance énergétique. Quelque soixante mille vaisseaux sont déjà répertoriés, des paquebots, des porte-containers ou encore des tankers, et notés de A à G selon leur impact environnemental.

Un outil d’autant plus précieux que les marchandises sont à plus de 85 % expédiées par bateau, que le transport maritime représenterait chaque année un milliard de tonnes de CO2 et que la flotte mondiale rejetterait davantage de gaz à effet de serre (GES) que l’Allemagne ! Ces statistiques donnent tout son sens à l’initiative du bras armé écolo de M. Branson, déterminé à faire le maximum pour que la triste prédiction de l’Organisation maritime internationale (OMI), 18 % des émissions d’origine anthropique dues au transport maritime à l’horizon 2050 si les choses demeurent en l’état, ne se réalise pas.

« Pour convaincre les propriétaires des navires d’effectuer des améliorations, il faut rendre publique la performance des bateaux afin que les clients choisissent les plus performants, et que les autorités portuaires leur donnent des accès prioritaires », analyse Peter Boyd, directeur de Carbon War Room

Et d’ajouter : « Personne ne peut différencier un bateau propre d’un bateau sale [...] Ce manque d’informations empêche le marché de fonctionner correctement et de s’orienter en priorité vers les navires les plus performants. Comme les technologies propres ne sont pas récompensées, elles sont sous-utilisées ». En d’autres termes les « listes noires » qui existent déjà – officieusement – dans le secteur pétrolier pour ne pas affréter les bateaux-poubelles ne sont pas suffisantes.

L’indicateur de Carbon War Room - qui permet aussi de voir l’évolution des émanations carbone dues aux bateaux en temps réel – est un premier pas mais en aucun cas une finalité. D’abord parce que les navires sont estimés en fonction des seules données de référence des registres maritimes internationaux, d’où des risques d’erreurs, ensuite parce que les mauvais élèves ne peuvent faire l’objet de sanctions. Les Nations Unies pourraient cependant s’en charger.

Elles ont en effet estimé début octobre que la taxation des émissions de dioxyde de carbone liées au transport maritime pourrait servir à financer la lutte contre le réchauffement climatique. Devenue plus sérieuse, la menace ne peut qu’inciter la filière à accorder davantage d’importance à l’efficacité énergétique, même si on ignore encore quand cette mesure entrerait en vigueur, ses modalités et par quels moyens elle pourrait être appliquée.

En attendant une vingtaine d’acteurs, dont le port de Los Angeles (États-Unis) et les transporteurs maritimes Maersk et Torm, se sont déjà associés à Shippingefficiency. Il devrait y en avoir beaucoup d’autres.

Crédits photos : flickr – Pete / nrkbeta
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    [...] verdir le secteur privé et a été créée par le magnat britannique Richard Branson, pour le coup inspiré) d’un classement des bateaux en fonction de leur performance [...]