Bertrand Delanoë souhaite développer les espaces réservés aux deux-roues et ainsi favoriser leur circulation.
La mairie de Paris va donner « un coup d’accélérateur » à la pratique du vélo. Présenté mercredi, son nouveau Plan vélo, prévu pour la période 2010-2014, transformera la circulation sur les artères de la capitale puisqu’il prévoit la construction de 260 kilomètres de pistes cyclables supplémentaires. Celles-ci renforceront le réseau existant, qui compte 440 km (NDLR : soit deux fois plus qu’en 2001) et serviront à faciliter la circulation des petites reines, qui ont investi massivement la métropole française depuis la mise en service du système Vélib’ en 2007. Ce plan va « donner un nouveau souffle à la pratique cyclable. Le vélo a toute sa place à Paris », a estimé Annick Lepetit, adjointe PS en charge des Transports. M. Delanoë table pour sa part sur une pacification des relations entre les usagers de la route.
Un plan global
Le coup d’envoi de ce projet devra rapidement être donné, la municipalité parisienne souhaitant accroître le réseau existant de 30 % d’ici au mois de juillet.
Pour ce faire les zones limitées à 30km/h seront prochainement assorties de double-sens réservés aux cyclistes. Dans les rues à sens unique pour les véhicules motorisés, les vélos auront ainsi le droit de circuler dans les deux sens sans pour autant écoper d’une contravention. Des panneaux et des indications supplémentaires rappelleront en outre la présence des deux-roues pour renforcer la sécurité. « Les premières expérimentations n’ont pas fait émerger de problèmes particuliers […]. Les automobilistes s’adapteront automatiquement à la présence de deux-roues », a assuré Mme Lepetit. A terme, soixante-cinq quartiers cyclables, déjà réservés les dimanches et jours fériés aux bicyclettes et aux piétons, « gagneront en convivialité », a renchéri le maire de Paris.
Deux grands axes permettront aussi aux adeptes du vélo de traverser la capitale d’est en ouest et du nord au sud à l’horizon 2014. Le premier reliera le bois de Boulogne à celui de Vincennes, le second le canal Saint-Denis à la Porte Saint-Martin. La banlieue ne sera pas en reste puisque des aménagements cyclistes seront réalisés sur dix Portes (Bagnolet, Ivry, Charenton, etc.).
Les élus et les écologistes réservés
Pour convaincre les Parisiens de monter sur la selle, les vélos doivent toutefois aussi se voir attribuer des places supplémentaires. La mairie s’est à cet égard engagée à construire sur la voirie 1 000 places de stationnement chaque année. D’autres pistes sont également à l’étude, comme des aires de stationnement gardées près des bâtiments publics et des vélos-stations développées en partenariat avec la SNCF et la RATP. Le « Tourner à droite aux feux rouges », vieille revendication des associations cyclistes, sera également expérimenté mais uniquement réservé aux deux-roues non motorisés.
Bien que favorisant l’essor d’un mode de déplacement doux, le projet municipal ne fait pas fait l’unanimité auprès des politiques et des associations. « On a des points de satisfaction car la politique vélo est présentée sous son aspect global. C’est toutefois assez peu crédible car un certain nombre des mesures étaient déjà proposées en 2002 et n’ont pas trouvé effet », a rappelé Pierre Toulouse, vice-président de Mieux se Déplacer à Bicyclette, qui milite depuis 1974 pour améliorer la circulation des deux-roues en Ile-de-France. « On a aussi quelques doutes sur la possibilité de réaliser l’aménagement des Portes de Paris », a-t-il ajouté.
Les élus Verts au conseil de Paris sont également réservés : « On est bien content qu’il y ait un Plan vélo qui apparaisse, mais il manque d’ambition », a estimé Sylvain Garel, élu dans le XVIIIe arrondissement. Les intérêts des cyclistes et des écologistes ne pouvaient toutefois pas être les seuls considérés, à plus forte raison dans une ville au riche passé automobile.