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La SNCF révolutionne le paysage ferroviaire

La SNCF révolutionne le paysage ferroviaire
La coupole de la nouvelle gare de Bellegarde-sur-Valserine (Ain) constitue la partie la plus visible de la toute première station bioclimatique de France

Mur dépolluant, gares écologiques : l’entreprise française apporte une coloration verte à ses innovations.

Certifiée HQE (Haute qualité environnementale), la gare d’Achères (Yvelines), commune surtout réputée jusqu’ici pour sa station d’épuration, a achevé son lifting environnemental. Un investissement de trois millions deux cent mille euros [NDLR : financés à hauteur de 57 % par la Région, de 40 % par la SNCF et de 3 % par le Réseau Ferré de France (RFF)] et une année de travaux ont été nécessaires pour qu’elle devienne la toute première gare écologique de France, sachant que d’autres bâtiments – trois gares Transilien en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise et peut-être des gares TGV – accompliront une mue identique à moyen terme.

Inaugurée mercredi en présence notamment du président du Conseil régional d’Île-de-France Jean-Paul Huchon, la structure yvelinoise (qui avait été construite en 1976) a donc fait l’objet d’une cure de jouvence qui s’est notamment traduite par une nouvelle isolation, le remplacement de son archaïque chaudière au fioul par une pompe à chaleur air-eau réversible et la substitution des fenêtres par des menuiseries à double vitrage à rupture de pont thermique. À noter également que la ventilation est désormais assurée par une centrale de traitement d’air à double flux. Dotée d’un toit photovoltaïque, la gare d’Achères nouvelle version génère au total une économie d’énergie de 64 % par rapport à la précédente.

Produisant l’équivalent de 25 % de l’énergie qu’elle consomme, elle émet par ailleurs 76 % de gaz à effet de serre (GES) en moins (NDLR : soit l’équivalent de quatre-vingt dix mille kilomètres en voiture) et la collecte des eaux pluviales, prise en charge par une citerne de stockage qui les reverse dans les chasses d’eau, permet avec l’installation d’urinoirs sans eau une réduction elle aussi substantielle de la consommation de 59 %.

Vert Magenta

La SNCF avait déjà frappé un grand coup la semaine passée, une première mondiale même, en mettant en place dans la gare parisienne de Magenta (Xe arrondissement), sur la ligne E du RER, un nouveau concept de mur dépolluant. Pareille expérience avait certes déjà été menée fin 2007 à Lyon, mais pas dans un espace clos.

Installée dans le Pôle Alsace de la gare, ce mur végétal-ci, dont la réalisation a été initiée fin 2008, est étalé sur une surface de soixante-dix mètres carrés pèse près de dix-huit tonnes. Il fait cohabiter trois mille plantes dépolluantes et trente-et-une espèces végétales différentes. Grâce à un système de pompes aspirantes, il capte l’air ambiant de la structure – fréquentée chaque jour par quelque soixante-dix mille usagers – et l’envoie dans le terreau, lequel emprisonne les particules gazeuses et les poussières qui sont ensuite dégradées par les plantes et autres micro-organismes.

Conçue par la société lyonnaise Canevaflor, spécialisée dans les parois végétalisées, ladite structure a coûté cent cinquante mille euros à la SNCF. Elle devra bien sûr prouver son efficacité avant d’être dispatchée dans d’autres gares dont les murs seraient suffisamment peu encombrés pour pouvoir elles aussi accorder une place conséquente à la nature. Des mesures de la qualité de l’air seront effectuées dans un an et comparées aux évaluations réalisées en amont pour se faire une idée précise de sa propension à dépolluer.

Cinq variétés de plantes en particulier ont été choisies en fonction de leur capacité d’absorption et de leur résistance : la fougère de Boston, le jasmin, le lierre, le philodendron et la plante araignée. Quant aux cloisons, elles semblent de bons isolants aussi bien sur le plan phonique que sur le plan thermique. Il y a donc de bonnes raisons de croire que le premier bilan donnera des résultats satisfaisants et que l’épuration de l’air devienne une autre marotte écologique de la SNCF.

Gare bioclimatique

Décidément soucieux du bien-être des voyageurs, le groupe a enfin inauguré vendredi dernier « la première gare bioclimatique active », dixit Jean-Marc Duthilleul, architecte à la SNCF et président du bureau d’études, qui précise : « Son principe, novateur, est simple : il consiste à récupérer l’énergie solaire pour chauffer l’air en hiver et favoriser la ventilation naturelle ».

Surmontée d’une coupole transparente de vingt mètres de diamètre, cette infrastructure novatrice de mille deux cents mètres carrés est elle aussi appelée à faire des émules dans la mesure où des projets analogues sur les gares de TGV Belfort-Montbéliard et Besançon, à Montpellier mais également à Paris Saint-Lazare et gare de Lyon sont actuellement à l’étude. Elle a été inaugurée dans la commune de Bellegarde-sur-Valserine (Ain), sur le tracé de la future ligne de TGV Paris-Genève, à une trentaine de kilomètres de la frontière suisse et à quelques centaines de mètres d’une gare de correspondance à l’importance stratégique incontestable, cinq cent mille voyageurs TER et cent quarante-cinq mille voyageurs TGV étant accueillis chaque année.

Une coque intérieure en bois couvre le hall central du nouveau bâtiment. Quant à l’enveloppe extérieure, translucide et en téflon transparent, elle surmonte l’ensemble du hub. Couplée à des panneaux photovoltaïques, cette coque laisse passer des rayons du soleil. La chaleur est ensuite stockée et utilisée pour alimenter le bâtiment en énergie.

« Cette gare va consommer deux fois moins d’énergie qu’une gare classique », résume Sophie Boissard, directrice de Gares et Connexions, branche de la SNCF dédiée à la gestion autonome des gares françaises.

Le temps des stations austères semble aujourd’hui révolu et la SNCF ne semble plus vouloir se contenter de modernisations « standard » des infrastructures. Il s’agit dans l’esprit du groupe de les assortir d’aptitudes environnementales qui inspireront peut-être d’autres secteurs. Des murs dépolluants et des panneaux solaires investiront peut-être, dans un futur pas si lointain, des centaines de gares. Pour peu que la multiplication des coûts ne constitue pas un obstacle rédhibitoire et que les régions octroient un coup de pouce financier à des ambitions écologiques ô combien louables.

Crédit photo : Wikimedia commons - Jejecam
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