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Autolib’ ne fait pas l’unanimité

Autolib’ ne fait pas l’unanimité
L’opposition des élus écologistes à la mise en place d’Autolib’ pourrait surprendre. Ces derniers, à commencer par l’adjoint aux Transports de Bertrand Delanoë, Denis Baupin, ne manquent cependant pas d’arguments pour en relativiser la portée

Les élus Europe Ecologie-Les Verts du Conseil municipal de Paris sont hostiles à la mise en place du réseau de véhicules électriques en libre-service sur l’Ile-de-France.

Leur opposition à ce projet est tout sauf une nouveauté : à ses prémisses il y a maintenant presque trois ans la position des Verts était identique. En pleine campagne des municipales en 2008, l’adjoint aux Transports de Bertrand Delanoë, Denis Baupin, voyait déjà dans Autolib’ un « système de location de voitures risquant de n’être qu’un substitut des taxis ».

Maintenant que le processus semble définitivement lancé, avec le choix de son fournisseur Bolloré entériné jeudi dernier, les élus du nouveau parti Europe Ecologie-Les Verts ont une nouvelle fois signifié leur désaccord. Dans un communiqué, le groupe dénonce en effet une dérive déjà évoquée ces derniers mois, estimant que « ce nombre imposant de voitures en libre-service va réorienter vers l’automobile ceux qui avaient fait le choix d’utiliser les transports en commun ou le vélo (et Vélib’ en particulier) ».

Vrai problème, mauvaise solution ?

Autolib’, dont la viabilité économique est incertaine, fait aussi l’objet de critiques sur le plan fiscal. « Les Parisiennes et les Parisiens vont devoir payer sur leurs impôts un minimum de 50 000 euros par station », prophétisent ainsi ses adversaires, alors qu’un millier de ces stations devraient être installées – 700 dans Paris intra-muros et 300 dans la quarantaine de communes partenaires.

« Le système Autolib’ n’est pas accessible à ceux qui utilisent leur voiture tous les jours pour travailler (disponibilité des véhicules aléatoire) mais à ceux qui utilisent la voiture de façon impulsive parce que l’offre est disponible », déplorent aussi ces derniers. Loin de rendre un service aux travailleurs et à l’environnement, Autolib’ serait donc plutôt synonyme d’embouteillages accrus en ville, sachant « qu’entre 2001 et 2009 le nombre de voitures sur Paris a chuté de 25% ».

Lors de l’attribution du marché de la construction des voitures et de l’exploitation du système au groupe industriel Bolloré, le maire de Paris a rappelé que l’usage de ces véhicules était prévu pour être ponctuel et « complémentaire » des autres moyens de transports. Les écologistes sont au moins d’accord sur ce point, eux qui de leur côté rappellent que « la voiture doit être un mode de déplacement accessoire en ville et non pas un mode de déplacement habituel ». La mise en place d’Autolib’ peut-elle cependant entrer en contradiction avec les intentions municipales ?

Décidément pas à court d’arguments, les élus écologistes regrettent enfin que, même si les voitures mises en place sont électriques et donc non polluantes, elles n’en sont pas moins limitées… notamment au niveau de la recharge. « Le temps de rechargement des batteries (4 heures) s’effectuera notamment en fin de journée durant les pics de consommation, encourageant le recours à l’énergie nucléaire ». D’après un sondage publié l’an passé, 61% des Parisiens seraient cependant favorables au projet. Peut-être ne connaissent-ils pas tous l’ensemble de ses tenants et aboutissants…

Crédit photo : Wikimedia Commons – Zejeremius / Jastrow
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