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Tour de France 2010 : « NKM », l’autre verte de la majorité

Tour de France 2010 : « NKM », l'autre verte de la majorité
Ancienne Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet est également maire de Longjumeau depuis mars 2008

L’édition 2010 du Tour de France cycliste s’achève aujourd’hui – et notre série avec lui – par la traditionnelle arrivée sur les Champs-Élysées dans l’après-midi. Les coureurs partiront de Longjumeau pour une dernière étape de gala. Longjumeau, commune essonnaise d’environ vingt-deux mille habitants dirigée depuis mars 2008 par une certaine Nathalie Kosciusko-Morizet.

Devenue en janvier 2009 Secrétaire d’État en charge de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, succédant ainsi au très controversé Eric Besson, « NKM » était auparavant Secrétaire d’État à l’Écologie. Son passage a été marqué par une polémique qu’elle a elle même déclenchée en avril 2008, alors qu’elle venait d’être désignée Secrétaire générale adjointe de l’UMP, en dérogeant à la sacro-sainte consigne de solidarité ministérielle censée prévaloir en Sarkozie sur l’épineuse question des OGM.

« Coupable » d’avoir laissé voter un amendement du député communiste André Chassaigne destiné à limiter la culture des plants transgéniques, elle s’attire les foudres de François Fillon. Puis vient, le 10, une interview « coup de poing » accordée à nos confrères du Monde. Renvoyant dos-à-dos son supérieur hiérarchique Jean-Louis Borloo et le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale Jean-François Copé, « NKM » évoque un « concours de lâcheté ». Particulièrement tranchante, la Secrétaire d’État donne à la presse et à une majorité de Français – huit sur dix accueillent favorablement ses propos dans un sondage IFOP publié deux jours plus tard – l’image d’une femme libre, haute en couleurs et à l’indocilité appréciable en ces temps de gouvernance qu’ils sont de plus en plus nombreux à juger abusivement cornaquée par l’Élysée.

Le courroux de Matignon l’oblige toutefois à une rébellion limitée : sommée de présenter ses excuses, « NKM » la trop franche s’exécute dans un communiqué. Huit mois plus tard, elle change de poste, les relations avec M. Borloo s’étant probablement dégradées après cet épisode perçu à la fois comme un acte de courage et un impair dans un cursus honorum jusque là immaculé.

Madame développement durable

Chantal Jouanno a depuis pris la relève et sa révolte fin mars à la suite de l’ajournement de la contribution carbone n’est pas sans rappeler celle de sa prédécesseur deux ans plus tôt. L’une comme l’autre ont des ambitions environnementales élevées pour la France et des sujets qui manifestement leur tiennent beaucoup à coeur. C’est aussi à croire que le poste de Secrétaire d’État à l’Écologie sied mieux à des femmes de convictions et de passions qu’à des moutons de panurge. Il a en tout cas échu deux fois de rang à des personnalités qui n’ont pas la langue dans leur poche et défendent bec et ongle ce qu’elles pensent être l’intérêt du pays, quitte à indisposer au plus haut niveau de l’État.

« NKM » a donc dû se résoudre à transmettre le flambeau mais l’ascension de cette ancienne polytechnicienne aux faux-airs d’Agnès Jaoui n’a pas pour autant été stoppée net. L’ex-benjamine du Palais Bourbon a aujourd’hui trente-sept ans – à peu près l’âge de raison en politique – , deux fils de quatre ans et dix mois. Elle s’est fait les dents et est encore, plus que jamais, le présent et l’avenir d’une vieille dynastie politique française issue de la noblesse polonaise. Le développement durable, lui, reste la pierre angulaire de sa carrière politique, tout du moins à l’échelle municipale.

Rapporteur de la charte de l’environnement, véritable testament écologique de son mentor Jacques Chirac, après avoir été responsable de l’Environnement à la Direction des études du RPR, « NKM » a également été Secrétaire nationale chargée de l’Environnement à l’UMP entre 2002 et 2006 puis déléguée générale à l’Écologie jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy. En ces deux dernières occasions, elle a su faire montre d’une implication rigoureuse qui lui a valu l’adoubement du nouveau président de la République, lequel est largement intervenu dans la composition du gouvernement. Les problématiques écologiques faisaient depuis longtemps déjà partie de sa sphère de prédilection. Quant à la première loi du Grenelle, elle porte aussi sa patte et constitue de son propre avis l’une de ses réussites majeures.

Des responsabilités nationales et locales

Élue d’extrême justesse à la mairie de Longjumeau – elle ne l’a emporté que de trente-neuf voix, avant de voir son élection confirmée par le tribunal administratif, saisi par son adversaire malheureux Jean-Claude Marquez, début octobre 2008 – , « NKM » est donc aussi une femme de terrain. En matière d’action locale elle avait il est vrai de qui tenir, son père François étant maire de Sèvres depuis 1995 et son arrière-grand-père André Morizet (NDLR : Adhérent SFIO en 1895, communiste puis de nouveau socialiste à compter de 1928) ayant dirigé Boulogne-Billancourt de 1925 à sa mort en 1942.

L’ancienne Secrétaire d’État à l’Écologie a entrepris de grands projets de rénovation urbaine pour « sa » commune. Le service Parcs et jardins, lui, « laisse une cinquantaine d’espaces verts vivre librement, sans tonte, ni arrosage, ni utilisation de produits phytosanitaires », rapporte le site Web de la Mairie. Et outre la plantation d’un Verger pédagogique une politique énergétique ambitieuse a aussi été mise en place.

À terme plus de 90 % du patrimoine lumineux de Longjumeau sera en effet remplacé, grâce à un accord conclu avec ETDE, filiale électricité et maintenance du groupe Bouygues Construction. Quelque mille sept cents points d’éclairage cèderont la place à des équipements de nouvelle génération et l’intégralité des énergivores – et peu efficaces en matière d’éclairage – lampadaires en forme de « boules » seront abandonnés. Des équipements d’éclairage à LEDs (Light Emitting Diods) sont par ailleurs en train d’être testés. Ils doivent naturellement participer à la réussite de l’objectif de 35 % de réduction de la consommation énergétique fixé par la municipalité. À noter en outre qu’ETDE assurera la gestion du parc lumineux avec des nacelles autonomes en énergie et des véhicules électriques.

« Les résultats de l’ensemble de ces actions seront mesuré à l’aide d’un bilan carbone qui sera réalisé tous les cinq ans par l’entreprise pour le compte de la ville », précise la filiale de Bouygues sur son site Internet.

« Le résultat des régionales (NDLR : Elle était tête de liste de la majorité en Essonne) montre qu’(elle) doit encore travailler son implantation à Longjumeau », a récemment estimé Nicolas Dupont-Aignan. « Très intelligente, très professionnelle », aux dires de l’ancien UMPiste désormais déterminé à faire se lever la République, elle est par ailleurs « très consciencieuse » pour l’ancien villepiniste Georges Tron, récemment nommé Secrétaire d’État à la Fonction publique.

« On verra en 2014 si j’ai réussi à faire de Longjumeau une ville où on vient vivre par choix », déclarait le mois dernier l’autre « verte » de la majorité. Pour ce faire il faudra notamment intensifier l’écologisation des structures et infrastructures amorcée il y a deux ans, en somme transposer dans sa ville ce qu’elle a pour partie impulsé au niveau national. Nathalie Kosciusko-Morizet en a vu d’autres que l’on peut supposer bien plus difficiles. Ce défi est dans ses cordes. Sans l’ombre d’un doute.

Crédit photo : luc legay
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