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Thon rouge : Sea Shepherd affûte ses griffes

Thon rouge : Sea Shepherd affûte ses griffes
Parti samedi de New York, le Steve Irwin devrait arriver mercredi prochain dans les eaux méditerranéennes

« Blue Rage ». L’intitulé de la prochaine campagne de Sea Shepherd est explicite, d’aucuns diraient belliqueux. Il est quoi qu’il en soit en adéquation avec l’idée que Sea Shepherd se fait de son combat pour la sauvegarde des espèces marines.

L’association a défrayé la chronique en janvier après le naufrage d’un de ses bateaux, l’Ady Gil, lequel a coulé après avoir percuté un baleinier nippon.

Sans pour autant négliger la lutte contre la pêche faussement scientifique au cétacé, qui reprendra de plus belle lors de la prochaine saison de pêche, elle se focalise à présent sur d’autres captures aux conséquences potentiellement dramatiques pour la survie de l’espèce, celle du thon rouge.

Un mois de traque

Une véritable opération commando sera en effet organisée dans quelques jours dans les eaux de la Méditerranée pour faire renoncer les pêcheurs à leur entreprise « aquacide ». Depuis quelques jours elle a un nom, un slogan – « Extinction is forever » – et un logo qui ne laissent aucune place au doute. Cette fois encore Paul Watson et ses troupes devraient aller jusqu’à la limite de la légalité pour dissuader l’ennemi.

Le Steve Irwin, vaisseau emblématique de Sea Shepherd il a été construit en 1975 et a participé à la grande majorité des campagnesa quitté samedi dernier le port de New York. Il arrivera en Méditerranée mercredi, soit quatre jours avant le lancement officiel de Blue Rage. La campagne durera un mois et s’achèvera donc le 15 juin prochain. Affrontements musclés voire polémiques devraient être au programme, avec en toile de fond la question de la pérennité d’une espèce dont les stocks ont diminué de façon inquiétante ces dernières années (NDLR : et qui pourrait en outre pâtir gravement de la marée noire au large des côtes américaines car il s’agit d’un site de reproduction).

Par ailleurs, si certains scientifiques estiment que leur survie n’est pas menacée, d’autres considèrent qu’ils peuvent disparaître de la mer Méditerranée dans moins de cinq ans. L’inquiétude est donc vive du côté des organisations de défense de l’environnement, qui ont vu d’un très mauvais œil le refus de la majorité des pays membres de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) d’inscrire le thon rouge à l’annexe I et dénoncent le non-respect des quotas de pêche imposés par l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique).

« Nous avons un passé de défenseurs de toutes les sortes de poissons »

« Le plus extraordinaire de tous les poissons du monde parcourt les océans depuis des millions d’années [...] Le thon rouge est le plus rapide de tous les poissons de mer [...] et une merveille de la nature. Il est l’un des plus grands prédateurs marins [...] et est capable de nager cinquante miles en une heure pour trouver sa proie », fait valoir Sea Shepherd sur son site Internet pour justifier ses futures actions. Et de rappeler qu’il est hélas le poisson favori des restaurants de sushis, en particulier au Japon, que « c’est la raison pour laquelle il est maintenant directement menacé de disparition » et que l’organisation a « un passé de défenseur de toutes les sortes de poissons ». Aussi l’association considère-t-elle de son devoir d’agir pour éviter pareil épilogue.

Il y a quelques jours, les autorités japonaises ont réclamé à Interpol un mandat d’arrêt international contre Paul Watson en raison des affrontements qui ont éclaté dans les eaux de l’Antarctique en début d’année et qui, selon leurs dires, auraient été sciemment provoqués par le capitaine. Parce qu’il est coutumier de ce genre de mises en cause, parce qu’il a déjà été aux prises avec la justice et parce qu’il a déjà fait montre de beaucoup d’opiniâtreté, le président-fondateur de Sea Shepherd ne changera pas pour autant son plan de bataille. Les thons rouges disparaissent. Le combat de l’association pour la sauvegarde de cette espèce, lui, ne fait sans doute que commencer.

Crédit photo : wikimedia commons - Witty lama
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