NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Thon rouge : la France dans l’oeil du cyclone

Thon rouge : la France dans l'oeil du cyclone
L'ICIJ, un réseau international de journalistes, vient de révéler que le thon rouge avait été largement surpêché entre 1998 et 2007, ce avec l'agrément de plusieurs gouvernements. Dont le gouvernement français...

Une enquête minutieuse conduite par une organisation de journalistes et rendue publique ce week-end accuse la France d’avoir falsifié des données relatives à la pêche de l’espèce.

Voilà un rapport qui pourrait faire du bruit dans le Landerneau. Piqûre de rappel tout d’abord : Paris accueillera du 17 au 27 novembre la prochaine réunion de l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique), laquelle pourrait – à condition que les conclusions du comité scientifique de la Commission, formulées à Madrid le mois dernier, aient été entendues – , aboutir à une réduction substantielle des quotas de pêche du thon rouge. Ce serait déjà une avancée significative, même si Greenpeace et les associations de protection de la nature dans leur ensemble souhaiteraient une proscription pure et simple des captures – perspective aujourd’hui hautement improbable. La balle est dans le camp du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire et la France a de l’avis de l’ONG un devoir d’exemplarité. Elle devra aussi user de toute son influence pour que les négociations qui s’ouvriront la semaine prochaine accouchent de décisions allant enfin dans le sens de la préservation d’une espèce dont médias et scientifiques ne cessent de marteler qu’elle est en grand danger.

Reconnaissons-le, en nous bornant aux faits : les autorités hexagonales, malgré le fait que la majorité de l’opinion publique française se soit dite favorable à une interdiction du commerce du thon rouge, ont jusque là été défaillantes, se prononçant en février dernier pour un délai de dix-huit mois potentiellement dévastateur pour l’état des stocks. Et si on peut comprendre que la voix des pêcheurs soit aussi écoutée, on peut aussi déplorer qu’à l’inverse ces derniers n’aient dans leur globalité accordés jusque là qu’un intérêt très limité aux considérations écologiques. Des considérations littéralement balayées fin octobre avec le refus français – certes partagé par d’autres États membres – d’accéder à la proposition de Bruxelles de ramener à six mille tonnes (contre treize mille cinq cents cette année) le quota mondial de pêche en 2011…

Une hausse stratosphérique de la demande mondiale, des captures irraisonnées, des facteurs biologiques (maturité sexuelle tardive etc.) et au niveau institutionnel l’étonnant refus de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) d’inscrire le thon rouge à l’Annexe I (NDLR : celle dans laquelle figurent les espèces considérées comme menacées de disparition imminente) lors de la réunion de Doha (Qatar) fin mars ont donné lieu à une situation jugée déjà critique par les défenseurs de l’environnement. Les estimations ont beau diverger, le nombre de spécimens de thons rouges, maillon essentiel de la chaîne alimentaire, continue de baisser à un rythme objectivement inquiétant. Partant de ce constat, des mesures fortes et courageuses, d’aucuns diraient responsables, doivent être prises dans les plus brefs délais, sous peine d’arriver à un point de non-retour qui ne satisferait personne, et surtout pas les « pays pêcheurs ».

Crédits photos : flickR – Ernesto Andrade / Wikimedia Commons - ICCAT / flickR - David Ooms

Pages : 1 2

Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • daniel d

    La France a du sushi à se faire…

  • jf

    Encore une fois, la France est prise la main dans le sac…

  • pierre d

    Il n’y a que lorsque nos gouvernants sont font prendre qu’ils respectent les règles…