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TDF 2011 : l’Europe considère que les ours établis dans les Pyrénées sont insuffisamment protégés

TDF 2011 : l’Europe considère que les ours établis dans les Pyrénées sont insuffisamment protégés
Il ne reste plus aujourd’hui que 19 plantigrades dans la Région Midi-Pyrénées.

Les coureurs du Tour de France 2011 sont arrivés tout à l’heure à la station de Luz-Ardiden (Hautes-Pyrénées). Ils ont parcouru 211 kilomètres et ont notamment franchit le célèbre col du Tourmalet, qui culmine à 2 115 mètres d’altitude. La région abrite aujourd’hui dix-neuf ours et leur présence est à l’origine de bien des discordes.

Rappelons qu’il y a tout juste un mois, la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet s’est prononcée contre la réintroduction d’une ourse slovène dans le Béarn, pourtant promise l’an passé par l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno. Cette décision a déclenché un tollé au sein des associations de protection de l’environnement, qui craignent une extinction de l’espèce. Les anti-ours, qui voient en les plantigrades une menace pour les troupeaux et le pastoralisme, n’ont de leur côté pas caché leur satisfaction.

Ils auraient cependant intérêt à ne pas crier victoire trop vite,  la Commission européenne ayant rappelé la France à l’ordre ce lundi. « La France a l’obligation de prendre toutes les mesures pour permettre de conserver la présence de l’ours dans les Pyrénées », a ainsi indiqué Janez Potocnik, Commissaire européen chargé de l’Environnement. « Les lâchers effectués par la France par le passé ont permis de reconstituer progressivement une population et lâcher une femelle dans le noyau occidental qui ne comporte que des mâles est donc une mesure positive », a-t-il poursuivi.

Des déclarations accueillies favorablement par les défenseurs des ours. « Cette obligation va devoir passer par le lâcher d’au moins 17 ours », a en effet prophétisé Alain Reynes, directeur de l’association Pays de l’Ours-Adet, laquelle vient de découvrir des traces de vie d’un ourson au moins dans le massif. « La famille ours s’agrandit ! Cela ne compense cependant pas l’ours qui n’a finalement pas été lâché… Aujourd’hui on a toujours deux mâles esseulés en Béarn à qui on n’offre aucune perspective de reproduction », a commenté M. Reynes.

On attend maintenant les résultats des analyses ADN, qui doivent être publiés dans les jours à venir, pour connaître le nombre de nouveaux-nés. M. Reynes demeure néanmoins prudent, étant entendu que durant les deux premières années de leur vie les oursons sont particulièrement fragiles et ont en moyenne une chance sur deux de survivre.

Co-président de l’ASPAP (Association pour la sauvegarde du patrimoine d’Ariège-Pyrénées) et maire de Saint-Lary (Ariège), Gérard Dubuc n’a quant à lui pas tardé à annoncer la couleur : « je tiens à dire qu’ici à Saint-Lary, nous avons déjà ce qu’il nous faut. Nous sommes un noyau central avec beaucoup trop d’ours. S’il y a prolifération, nous avons raison de nous alarmer ». Des propos sans ambiguïté qui laissent présager de nouvelles querelles dans les semaines à venir mais qu’il faudrait tout de même nuancer, « seulement » 167 brebis ayant été tuées par des ours l’an dernier alors que cinquante mille en moyenne trouveraient la mort chaque année dans les Pyrénées.

Crédits photos : flickr – Frederic.Salein / DavidBaum
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