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Sommet de Copenhague : Sarkozy et Lula mettent la pression

Les présidents français et brésilien ont accordé leurs violons en vue du prochain sommet de Copenhague. Disposés à prendre des décisions significatives pour atténuer les effets du réchauffement climatique, ils ont aussi appelé, mi-novembre, les deux plus gros pollueurs de la planète que sont les Etats-Unis et la Chine, à mettre de l’eau dans leur vin.

Sermonné par certaines ONG, dont Greenpeace, pour sa gestion des affaires courantes écologiques, Nicolas Sarkozy n’en est pas moins déterminé à ce qu’un accord global, d’aucuns diraient digne de ce nom, soit signé à Copenhague. Une velléité que ne partage pas Barack Obama, qui s’est opposé à la participation des dirigeants européens à la réunion du Forum de coopération Asie-Pacifique (APEC) à Singapour, et pour lequel le sommet de la capitale danoise ne doit pas être une finalité mais une étape préalable. Si ce dernier a récusé l’idée d’un accord partiel et est enclin à apporter un soutien financier conséquent aux pays pauvres pour qu’ils soient à même de lutter contre un réchauffement climatique dont ils sont de surcroît les moins responsables, il souhaiterait néanmoins remettre à plus tard la mise en place d’une législation contraignante en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

Comme si les engagements susceptibles d’être pris ne pourraient de toute façon pas être tenus et que le retard accumulé par son pays depuis la non-ratification du protocole de Kyoto n’était pas rattrapable dans l’immédiat.

Obama dans le viseur

Le locataire de la Maison Blanche ne peut décemment l’avouer sous peine de se discréditer sur la scène internationale et de se mettre à dos la partie de son électorat qui croit encore qu’il peut (tout) faire, mais il semble bel et bien prisonnier des carcans instaurés sous la présidence de son prédécesseur.

Tiraillé entre la satisfaction des intérêts des hydres multinationales et le nécessaire coup de pouce aux énergies vertes, au cœur d’une guerre de lobbies qui en l’état actuel des choses le dépasse probablement, pris au piège de l’image de réformateur qu’il s’est construite à compter de la campagne électorale de 2008, Barack Obama apparaît aujourd’hui aux yeux de pléthore de décideurs comme le principal obstacle à une entente mondiale à Copenhague. Une posture pour le moins inconfortable pour celui qui s’est en outre vu attribuer le dernier prix Nobel de la Paix et a à cet égard un certain nombre de devoirs moraux.

Il a du reste été désigné comme la brebis galeuse par Luiz Inacio Lula et Nicolas Sarkozy, qui ont officiellement scellé leur alliance durant le déplacement du président brésilien à Paris le 14 novembre dernier et ont également épinglé leur homologue chinois Hu Jintao, jugé coupable de négliger les intérêts des pays invités à la table des négociations. « Nous n’avons pas le droit de permettre que le président Obama et le président Hu Jintao puissent célébrer un accord en prenant pour base les seules réalités de leur pays », a ainsi déclaré M. Lula. Et le chef de l’État de corroborer cette admonestation en ces termes : « La première économie du monde doit être à la hauteur de ses reponsabilités [...] Nous n’accepterons pas de prendre des engagements et que d’autres disent : on verra demain ».

Le Brésil s’engage

Fragilisé par les imbroglios nés de l’instauration de la taxe carbone et des sondages en baisse, Nicolas Sarkozy a estimé qu’une remontée de sa cote de popularité devait passer par une position claire sur la question du changement climatique.

À condition bien sûr que le chef de l’exécutif américain, désormais confronté à des pressions de toutes parts, fasse effectivement les efforts demandés, ce message fort à l’adresse de Barack Obama devrait aussi faire taire au moins un temps ceux, nombreux, qui dénoncent une atlantisation de la politique extérieure française.

Favorable au plan « Justice-climat » de Jean-Louis Borloo qui prévoit des financements de 450 milliards d’euros sur vingt ans, le président de la République souhaite par ailleurs acculer les Etats-Unis et la Chine en mettant en place une triple entente constituée par les pays en développement (PED), ceux qui pâtissent le plus de la hausse des températures et les partenaires de l’UE, lesquels ont déjà chiffré leurs objectifs.

Une ambition partagée par le Brésil, qui a précisé vouloir réduire de 80 % la déforestation de l’Amazonie, favoriser l’agriculture biologique et davantage contrôler les effets de l’élevage. D’après Dilma Roussef, chef de la Maison civile, ces mesures ne constituent pas un frein à l’expansion économique du géant sud-américain et, surtout, devraient déboucher sur une réduction des émissions de GES de 36 à 39 % d’ici 2020.

L’échéance danoise approchant, les présidents français et brésilien espèrent le ralliement des pays qui hésitent encore sur la marche à suivre. « Avec le président Lula, on va faire le tour de la planète pour convaincre, parce que le monde est multipolaire », a d’ores et déjà prévenu Nicolas Sarkozy. Les deux hommes doivent se revoir fin novembre, lors de la visite du chef de l’État dans la patrie auriverde. D’ici là, son leader aura peut-être réussi à persuader les dix pays du bassin amazonien de prendre leurs distances avec le binôme sino-américain, qui serait davantage isolé et de ce fait sans doute contraint de revoir sa copie. Un scénario dont les dernières tractations montrent qu’ils sont de plus en plus nombreux à l’espérer.

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