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Siemens pourrait faire une croix sur l’énergie nucléaire

Siemens pourrait faire une croix sur l'énergie nucléaire
Conséquence directe de la décision de Berlin de sortir progressivement l'Allemagne de l'énergie nucléaire à partir de 2020, Siemens pourrait bientôt tourner le dos à l'atome et se focaliser sur les technologies propres

Pas folle la guêpe. La chancelière allemande Angela Merkel ayant décrété un abandon progressif de l’énergie nucléaire à compter de 2020, lâchant ainsi un lest significatif à ces Grünen portés politiquement par l’accident de Fukushima 1 (Japon) et qui bénéficient depuis plusieurs semaines du soutien actif d’une proportion grandissante de l’opinion publique, Siemens envisage très sérieusement de tourner le dos à l’atome. Cette décision « de principe » aurait même déjà été prise en interne, a indiqué une source proche de l’entreprise au quotidien allemand Handelsblatt. Ce faisant, le groupe anticipe peut-être aussi un effet domino, c’est-à-dire un renoncement piano d’autres pays comme la Suisse, théâtre de manifestations anti-nucléaires la semaine dernière et qui a décidé de suspendre ses nouveaux projets atomiques dans la foulée du drame nippon, et le Japon, lequel pourrait de son côté renoncer à son objectif de produire 50 % d’électricité d’origine nucléaire à l’horizon 2030 et fait les yeux doux au photovoltaïque.

Une thèse que tendent à confirmer les allégations d’un porte-parole de Siemens cité par nos confrères selon lequel « les évolutions de la société et de la politique » seront prises en considération dans les orientations futures du groupe d’outre-Rhin. La crise de confiance que traverse le secteur du nucléaire civil depuis la catastrophe de Fukushima 1, sans précédent depuis un quart de siècle, ne lui a donc pas échappé. Elle intervient en outre alors que Siemens, devenu l’un des leaders mondiaux de l’éolien, n’a pas souhaité signer une lettre ouverte du patronat allemand désapprouvant le choix gouvernemental et porte nettement l’accent depuis quelques mois sur les technologies propres.

Sous l’impulsion du PDG Peter Löscher, celles-ci pourraient donc se voir offrir un monopole énergétique lourd de symbole, à condition toutefois que le projet d’alliance nucléaire avec le russe Rosatom soit abandonné. L’hypothèse est devenue réaliste à la suite de l’interdiction faite à Siemens de concurrencer Areva. Saisi par le groupe français à la suite de la fin de leur collaboration dans le cadre de la société de réacteurs nucléaires Areva NP, un tribunal arbitral de Paris s’est par ailleurs prononcé pour le versement de quelque six cent quarante-huit millions d’euros d’indemnités à Areva. Une somme a priori assez élevée pour que Siemens ne jure bel et bien plus que par les sources renouvelables.

Crédit photo : Wikimedia Commons – Heinz-Josef Lücking
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