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Les prospections du groupe au large des côtes guyanaises ne posent pas de problème au gouvernement français. Il va en revanche devoir remettre ses velléités alaskiennes à plus tard.
Ecologistes et associations de protection de l’environnement sont inquiets, et on les comprend. L’exploitation des hydrocarbures dans le Grand Nord, laquelle semble inéluctable étant donné le réchauffement climatique, qui ouvre de nouvelles voies maritimes, et l’épuisement mondial des ressources pétrolières, suppose en effet des forages dans des profondeurs extrêmes et ceux-ci pourraient nuire gravement à une biodiversité déjà mal en point.
Greenpeace a multiplié les actions coup-de-poing ces dernières semaines, notamment contre Gazprom, pour alerter l’opinion, à défaut de persuader les décideurs de s’opposer aux desseins des grands groupes énergétiques. Le groupe Shell a quant à lui investi des sommes colossales pour exploiter l’or noir au large de l’Alaska (Etats-Unis) dès 2010. L’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique (Etats-Unis) a cependant entraîné une suspension des forages offshore pendant plusieurs mois et cette fois, c’est un problème sur le navire Arctic Challenger, « doté d’un système censé éviter tout risque de marée noire lors des forages », précise le site Internet du Nouvel Obs, qui l’a obligé à reporter son projet à l’année prochaine.
Ledit bateau a été « endommagé » au niveau du « dôme d’endiguement » lors d’un « test final » d’homologation, a rapporté l’entreprise anglo-néerlandaise avant-hier dans un communiqué. Ce ne sont donc pas les pressions des ONG qui l’ont amené à prendre cette décision lourde de conséquences financières, mais un souci technique qui ne pourra être résolu dans l’immédiat. En conséquence, et parce qu’il aspire à « poser des bases solides pour (ses) opérations » ultérieures, Shell a donc préféré jouer la prudence, ce qui ne fera pas non plus de mal à son image.
L’angoisse de la marée noire
Ses responsables ont par ailleurs affirmé que de leur point de vue, la sécurité devait prévaloir sur toutes les autres considérations : « Nous ne conduirons aucune opération avant d’être pleinement préparés à le faire dans la sécurité ». Des allégations qui ne devraient toutefois pas convaincre les associations et sont à relativiser, le groupe – selon lequel ce projet « reste très important pour les besoins en énergie de l’Amérique, pour l’économie et l’emploi en Alaska et pour (lui) » – n’ayant, en tout cas pour le moment, aucunement l’intention de jeter l’éponge.
Et pour cause : il a « dépensé la majeure partie de son programme de cinq milliards de dollars (environ trois millions huit cent trente mille euros) pour l’Arctique », comme le souligne Ben Ayliffe, membre de Greenpeace, cité par Le Nouvel Observateur. Il va aussi « commencer le forage du plus grand nombre possible de têtes de puits, lesquelles seront ensuite refermées avant la reprise des opérations l’année prochaine », et « devrait démarrer par ailleurs des forages uniquement “exploratoires” dans la mer de Beaufort », rapporte le site Internet de l’hebdomadaire.
Le combat ne fait assurément que commencer. Et il n’est pas mieux engagé que lorsque l’Artic Challenger était pleinement opérationnel…

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