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Seraient-ils prêts à entrer en guerre pour l’eau?

Seraient-ils prêts à entrer en guerre pour l'eau?
70% de la surface du globe est recouverte par les océans

Pour certains, les plus chanceux, l’eau coule de source. Pour  d’autres, elle vaut de l’or. Nous avons besoin d’elle pour vivre. Aujourd’hui, cette richesse inestimable qualifiée – à tort ? –  d’énergie renouvelable, parce que présente en abondance, est mise à mal par l’Homme lui-même. Il s’est installé au bord de l’eau pour jouir de toutes les ressources qu’elle procure, ce sans modération : agriculture, industrie, sphère domestique, tous les secteurs de l’activité humaine sont liés à l’eau, laquelle est intimement liée aux problématiques d’aménagement du territoire. Elle fait souvent office de frontière naturelle entre deux Etats, constitue une source d’énergie grâce à des installations hydroélectriques et peut aussi être un axe de transport important. Mais avec le réchauffement climatique, thématique plus que jamais placée sur le devant de la scène internationale, s’est posée la question de la pénurie d’eau : les inégalités d’accès à l’eau potable, aussi bien d’ordre géographique qu’économique, pourraient encore s’aggraver. Alors qu’elle génère déjà des migrations de populations importantes, l’eau est devenue, au même titre que le pétrole, une source de pression, de tensions et de conflits entre les nations. Des antagonismes qui aboutissent au mieux à la signature de traités, au pire à une intervention militaire. Les disparités régionales sont telles que les organisations internationales peinent à élaborer une base juridique viable.

Alors l’eau, tantôt arme tantôt cible militaire, peut-elle, à elle seule, pousser un Etat à entrer en guerre? Les conséquences de la raréfaction de « l’or bleu » et de l’accroissement des inégalités pourraient accroître les tensions existant entre les pays si aucun consensus juridique n’est trouvé à l’échelle internationale.

Un besoin vital face à des ressources inégales

70% de la surface du globe est recouverte par les océans. Plus de 97% de l’eau disponible est donc salée. 2% de l’eau est présente sous forme de glace. Cela ne laisse aux 6 milliards d’individus présents sur Terre qu’1% d’eau douce utilisable. Précipitations, rivières, lacs et enfin nappes souterraines forment le gros des réserves dont l’homme dispose, soit à peine 0,6% de la ressource totale en eau. Deux phénomènes entrent alors en ligne de compte : ces réserves d’eau sont réparties de façon inégale sur la planète et les pays privilégiés la consomment dans des quantités déraisonnables, participant du même coup à leur pollution. Ainsi, une dizaine de pays se partagent 60% du débit annuel mondial. L’Amazone participe à hauteur de 25% aux écoulements fluviaux dans les mers et les océans. Le fleuve Congo, lui, n’y contribue qu’à 4%.

Autre enjeu majeur, la croissance continue de la population mondiale qui, du fait du caractère de moins en moins renouvelable de l’eau, va encore diminuer la quantité d’eau disponible pour chaque individu. Janine et Samuel Assouline estiment cette part à environ 6 500m3 par personne et par an, en net recul par rapport à la situation des années 1950. De plus, à l’ouest de l’Europe par exemple, les habitants consomment en moyenne 30 800m3 d’eau par an, contre… 2 100m3 seulement en Europe Centrale. Les Nations Unies ont fixé le seuil de rareté réelle de l’eau à 1 000m3 par personne et par an. Or, il semblerait que dès 2050, nombre de pays auront franchi le seuil critique. La Somalie notamment devrait voir ce ratio passer de 684m3/personne/an en 2000 à 147m3 en 2050. L’indice de pauvreté en eau (IPE) a d’ailleurs été créé afin de rendre compte de ces inégalités : les ressources disponibles, leur accessibilité, l’utilisation qui en est faite, la capacité d’adaptation et de gestion de l’eau par un pays et enfin la sauvegarde de l’environnement sont les cinq critères qui permettent de hiérarchiser les Etats : en dessous de 48, l’indice traduit une situation critique. Au-delà de 68, l’indice est dit faible et la situation jugée bonne.

Plus un pays est industrialisé, plus il sera consommateur d’eau. Plus l’eau semble être présente en abondance, moins la population est sensible aux problématiques de l’eau et l’utilise avec parcimonie. Logiquement, c’est l’agriculture qui représente le secteur le plus gourmand en eau. Si en France le secteur primaire a connu un net déclin dans la seconde moitié du 20ème siècle, il n’en va pas de même dans d’autres régions du monde où il demeure la principale source d’alimentation et de revenus. Ainsi, 70% de l’eau disponible est destinée à l’irrigation des terres. L’accroissement de la population mondiale favorise l’élargissement des terres cultivées, avec pour corollaires la paupérisation des sols due à l’utilisation de produits chimiques fertilisants et une réduction du potentiel en eau exploitable.

La part d’eau consacrée à l’activité industrielle est certes plus faible, 22%, mais en constante augmentation. Dans les pays développés, cette part s’élève à 59%. Elle sert à refroidir, laver ou encore lubrifier les produits manufacturés dans le processus de fabrication. L’exemple d’une carte mémoire de six pouces est éloquent: son élaboration nécessite 8600 litres d’eau quand il faut ‘’seulement” 1 000 litres pour produire un kilo de blé. La croissance économique fulgurante de géants comme la Chine et l’intensification de l’urbanisation devraient largement participer à dessiner cette courbe exponentielle.

Idem pour la sphère domestique, qui représente 8% des besoins. La demande accrue en eau potable se traduit aujourd’hui par un recours non maîtrisé aux réserves locales d’eau. L’inégalité des pays devant les moyens à mettre en œuvre pour gérer, détourner, stocker ou encore traiter l’eau est à prendre en compte. Sans eau, c’est toute l’économie d’un pays qui peut se trouver paralysée. Enfin, les inégalités devant le réchauffement climatique vont elles aussi influer sur les populations : les scénarii les plus pessimistes prévoient une augmentation de dix degrés Celsius de la température moyenne du globe d’ici 2050. La sécheresse que ce phénomène va provoquer devrait être à l’origine d’importantes migrations de populations qui, à terme, impliqueront aussi un déplacement des zones agricoles (notamment dans le Nord et le Sud de l’Afrique, où les précipitations pourraient encore se raréfier). En participant au déséquilibre des écosystèmes, la déforestation, elle, vient maximiser les effets du réchauffement climatique.

Les catastrophes naturelles liées à une mauvaise gestion de l’eau sont nombreuses. Ainsi l’assèchement de la mer d’Aral, située entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan et qui irrigue le Turkménistan. Les dirigeants soviétiques, qui ont voulu faire de la région le berceau de l’agriculture cotonnière et ont vu leur entreprise de démolition prolongée malgré l’effondrement de l’URSS, lui ont fait perdre 90 % de sa surface entre 1960 et 2007. Quant au fleuve Colorado, aux Etats-Unis, il est jalonné de barrages et a vu ses eaux détournées vers la Californie et le Nouveau-Mexique. Le Mexique, avec lequel un traité avait été signé en 1944, a longtemps subi les méfaits d’une surexploitation des eaux du Colorado.  Particulièrement polluées, celles-ci ont même été estimées impropres à la consommation à l’embouchure mexicaine. Si une prise de conscience a permis une amélioration de la situation, l’eau est encore aujourd’hui un point sensible des relations entre les deux pays.

Quand la pression de l’eau devient source de conflits

Les potentiels foyers de conflits se situent souvent là où le manque d’eau peut s’avérer problématique, c’est-à-dire en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. L’eau peut devenir une arme : comme toute richesse, la détenir est synonyme de pouvoir. L’empereur romain Claude l’avait déjà compris. La politique de grands travaux qu’il a entrepris fut notamment marquée par la construction d’un aqueduc destiné à approvisionner Rome en eau. Cette décision a fait de lui un empereur populaire. La réalisation très controversée d’un lac artificiel de plus de 6 200 hectares en Egypte, elle, devait asseoir la popularité de la politique de Nasser. Des travaux pharaoniques ont été menés mais sans que les questions des migrations de populations, des déplacements d’infrastructures ou de l’érosion du delta du Nil soient posées. En Chine, le projet de détournement des eaux du fleuve Yang-Tsé Kiang pour alimenter la province de Shanxi doit s’achever en 2050. Il correspond à la volonté du gouvernement chinois de faire prospérer l’industrie de la région et de s’adapter aux disparités du pays quant à l’accès à l’eau potable. Cependant, ce grand détournement va aussi générer le déplacement de 250 000 personnes et certainement provoquer une baisse de niveau d’eau dans le sud du pays. Avant même d’être source de tensions entre nations, l’eau peut donc être à l’origine d’importantes tensions à l’intérieur même d’un pays. Derrière des aspirations nobles, son utilisation peut en effet aussi procéder d’une déstabilisation des sociétés. Si les conditions sanitaires se dégradent du fait de la raréfaction de l’eau, si en plus l’agriculture et donc l’alimentation sont menacées, la population s’appauvrit. D’où des mécontentements, une montée de l’insécurité et potentiellement de la violence.

Mais la question du partage des eaux peut rapidement devenir une cause de rupture entre les Etats. Rien n’empêche un pays de décider de détourner les eaux d’un fleuve lorsqu’il abrite sa source, de modifier son débit, en somme de paralyser les ressources en eau d’un voisin, à la fois riverain et rival. La convention de Genève interdit quiconque de s’attaquer aux ressources en eau dans un conflit mais il est facile de la contourner en s’attaquant aux infrastructures et notamment aux centrales hydroélectriques ou aux barrages. En 1991, lorsque Saddam Hussein a envahi le Koweït, il a ainsi pris pour cible les usines de dessalement d’eau du pays. Parfois même, ces migrations sont voulues par les gouvernements. C’est le cas en Turquie où la construction d’un barrage en territoire kurde a obligé la population, considérée comme subversive, à migrer dans des régions déterminées. La construction de barrages doit elle aussi permettre de réguler l’approvisionnement en eau en limitant les conséquences des périodes de sécheresse. L’eau n’est pas encore considérée comme un facteur déclencheur de conflits : elle fait davantage office de baromètre des relations entre les nations et peut se superposer à des tensions déjà existantes. Elle peut en revanche devenir une monnaie d’échange.

En 1967, la construction du barrage de Yarmouk sur le Jourdain, décidée conjointement par la Syrie et la Jordanie, a provoqué la colère d’Israël qui l’a bombardé aussitôt, craignant que le débit du fleuve ne diminue. La guerre des Six Jours est parfois considérée comme étant la première véritable guerre de l’eau. Depuis 1951, la question du partage des eaux du Jourdain complique nettement les relations entre Israël et la Syrie, au point que les deux pays commencent à mobiliser leurs forces militaires. L’émissaire américain Eric Johnston a été dépêché sur place en 1953 afin de proposer un plan de partage censé calmer les esprits pour un temps. Mais dès 1956, Nasser a durci le ton après qu’Israël ait entrepris les travaux de l’Aqueduc national et marqué ainsi sa volonté d’intensifier les ponctions dans les affluents du Jourdain. Le Sommet arabe convoqué en 1964 répondait à l’impératif pour le président égyptien d’adopter une stratégie arabe concernant la gestion de l’eau. Dévier les sources du fleuve et les rivières alimentant le lac de Tibériade vers le Yarmouk a été la solution privilégiée par la coalition arabe. L’année suivante, Israël a commencé à bombarder les chantiers syriens. En 1966, toutes les installations étaient détruites. Si la Syrie s’est résolue à lâcher prise, ce sont ensuite les velléités de la Jordanie qui ont mis le feu aux poudres. La construction d’un barrage sur le Yarmouk a conduit une fois de plus Israël à recourir aux frappes aériennes pour mettre un terme au chantier. Selon Frédéric Lasserre, si l’eau n’est évidement pas l’unique cause de la guerre, les divergences quant à son exploitation n’en ont pas moins largement contribué à générer des tensions entre Israël et ses voisins. Dans ses Mémoires, Ariel Sharon qui était alors chef d’état-major du Commandement Nord, écrit que la guerre des Six Jours « avait débuté deux ans et demi plus tôt, le jour où Israël avait décidé d’intervenir contre le détournement des eaux du Jourdain. A partir de là, une tension sourde et permanente s’installa le long de la frontière israélo-syrienne ». Tout porte en tout cas à croire que la prise du Golan, l’accaparement des nappes cisjordaniennes et des sources du Banias, affluent du Jourdain, étaient motivés par la volonté de l’Etat juif de sécuriser son approvisionnement hydraulique.

Des solutions viables?

La coopération au service de l’intérêt commun semble être le meilleur moyen pour les Etats de se prémunir contre le manque d’eau. Cette entente passe par une nécessaire consultation des experts et la prise en compte de la dimension technique dans le règlement des conflits. Se mettre d’accord sur la marche à suivre, c’est prendre conscience des besoins de son voisin, des perspectives économiques offertes par la mise en place d’infrastructures, des enjeux écologiques sous-jacents et des possibilités de valorisation des richesses. La régulation des tensions liées à l’eau par des instances adaptées est incontournable. Reste à savoir à quelle stratégie recourir pour parvenir à un consensus juridique international face à la pluralité des sources de conflits et aux disparités régionales. Concrètement, la réglementation internationale se base sur la signature de traités par les Etats concernés. Il reste des solutions ponctuelles qui ne font pas jurisprudence mais ont le mérite de mettre un terme à un conflit localement. Comme un flou juridique demeure, chacun tente de faire valoir ses propres intérêts. De fait des notions de souveraineté territoriale absolue aussi appelée doctrine Harmon – du nom d’un juge américain qui décida en 1895 de permettre une réduction du débit d’un fleuve coulant vers le Mexique – et d’intégrité territoriale absolue peuvent parfois s’opposer. Le pays abritant une source revendique le droit de gérer le cours d’eau tout entier, alors que la raison même voudrait que soit prise en compte l’intégralité des territoires bordant une rivière et qu’un pays « [doive] permettre aux cours d’eau de poursuivre leur cours », selon l’expression de Frédéric Lasserre.

L’argument du « premier arrivé, premier servi » remporte lui aussi un franc succès dès lors qu’il s’agit d’exploiter des ressources hydriques. Le Nil illustre bien cet état de fait : les deux fleuves qui l’alimentent prennent respectivement leur source au Burundi et en Ethiopie. En 1922, l’Angleterre, qui « contrôlait » alors l’Ethiopie et le Soudan, a promis à l’Egypte devenue indépendante qu’elle jouirait du monopole de la gestion des eaux du fleuve. Or, seul le Soudan bénéficie aujourd’hui d’un accord lui permettant de les exploiter de décembre à juillet. Ce traité fait mention des « droits historiques » de l’Egypte sur les eaux du Nil. L’Ethiopie, qui n’a pas été associée à cet accord, se trouve quant à elle dans une impasse. Conjuguées à la pression démographique, la sécheresse et la pauvreté devraient théoriquement l’autoriser à participer à l’aménagement du fleuve afin d’être approvisionnée en eau. Un projet commun de développement, présenté en 2001, a marqué la première étape d’une potentielle collaboration entre les trois Etats. D’autres pays revendiquent leur usage antérieur des ressources, ainsi la Syrie et l’Irak face à la Turquie, ou encore l’Inde face au Népal.

Le principe 21 de la Déclaration de Stockholm sur l’environnement de 1972 fait office de référence en matière d’exploitation des ressources hydriques dans la mesure où il prévoit que tout Etat peut jouir de ses ressources en eau comme il l’entend, dès lors que cela ne pénalise pas un Etat riverain. La Convention de New York de 1997, relative aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation, reprend le principe précédent dit de souveraineté territoriale réduite en obligeant cette fois les Etats à prévenir les dommages éventuellement causés par leur gestion de l’or bleu, tout en réaffirmant la nécessaire coopération entre les Etats. Mais en même temps qu’elle tente de dessiner les contours de la légalité, la Convention précise elle-même qu’elle peut voire doit faire l’objet de réinterprétations en fonction des situations. Par ailleurs, d’autres contre-sens viennent discréditer le texte, notamment au niveau du partage des informations sur les ressources hydriques, qui est à la fois encouragé dans un article et soumis au bon vouloir des pays dans un autre.

Les différentes tentatives de régulation ont tout de même abouti à définir les bases d’un cadre juridique : la notion d’ « usage et de répartition équitable » a émergé d’une succession de commissions à l’initiative des grandes instances de droit international (dont les Nations Unies). Elle a été reprise dans les Règles d’Helsinki. Editées par l’Association de droit international, elles sont elles aussi imparfaites dans la mesure où les besoins en consommation d’eau ne sont pas figés et où des changements économiques ou démographiques pourraient venir changer la donne. Préciser le cadre juridique c’est aussi mettre au point les outils qui permettent de mieux savoir de quoi on parle : le vocabulaire employé est important. En France, la notion de « bassin versant »  a vu le jour dans les années 1960. Elle a été à l’origine de l’établissement des Agences de l’eau, lesquelles sont chargées de la gestion des ressources hydriques. Un bassin versant correspond à un territoire drainé par les eaux qui alimentent un même cours d’eau. Cette délimitation semble particulièrement appropriée pour gérer les ressources hydriques dans des pays où elles sont abondantes comme en France, mais dans les pays où les sources d’eau sont plus rares un bassin versant peut représenter un territoire bien trop vaste pour faciliter la mise en place d’une politique efficace de gestion des eaux. Si des traités ont permis de régler nombre de litiges, ils représentent des solutions ponctuelles qui ne sont pas transposables à tous les conflits. Leur portée se limite à un accord bilatéral qui répond à des points de divergence précis. Quant aux sorties de crise qui prendraient en compte une gestion globale de l’eau, elles ne sont tout simplement pas envisagées.

Des organisations ont tout de même été créées et doivent constituer des interlocuteurs privilégiés entre les Etats. « Associé » à l’Union Européenne (UE), le WFD (Water Framework Direction) a prévu un plan de protection du Danube impliquant les 18 pays traversés par le fleuve dans un programme de construction de stations d’épuration. La pollution affectant considérablement la qualité de l’eau, nombreux sont les pays consommateurs pour qui son traitement constitue une absolue nécessité. Malgré la diversité des intérêts en jeu, cette initiative traduit le besoin de s’allier pour être performant face aux difficultés à venir. Le Programme mondial pour l’évaluation des ressources en eau développé par l’Unesco a répondu à ce besoin de conciliation autour de problématiques aussi bien politiques qu’économiques, scientifiques et culturelles. En même temps qu’elle lutte contre la pénurie d’eau elle entend aussi se battre contre la famine, la pauvreté, les épidémies, et en règle générale contre les inégalités, entre les sexes ou face à l’éducation.

La Banque mondiale et les Nations unies sont associées dans le Global Water Partership et l’ONG World Water Council. Les deux institutions tentent d’apporter des réponses viables en proposant des projets hydrauliques et en se posant comme agent de liaison entre les différents acteurs, experts, gouvernements, investisseurs et professionnels.

Si l’eau n’a encore jamais été la cause première d’un conflit armé, elle en a souvent été un élément déclencheur. L’incapacité des organisations internationales à établir un cadre juridique de référence pour réglementer la gestion des eaux entre les Etats prouve la complexité et la variété des problématiques liées à l’or bleu. Pourtant, une certaine prise de conscience semble être en marche. Ensuite, libre à chaque pays de s’adapter, de mettre en place des infrastructures efficaces pour maîtriser l’accès à l’eau. Transporter et stocker de l’eau, changer les techniques agricoles au profit du développement durable, tout dépend des concessions économiques et du même coup politiques qu’un gouvernement est prêt à faire.

Cependant, l’issue décevante du Sommet de Copenhague a apporté de l’eau au moulin des sceptiques. Elle a remis en cause la capacité de l’ONU à rassembler les dirigeants autour de valeurs communes, en l’occurrence la défense de l’environnement. Le fait que la Chine ait affirmé avoir à son tour le droit à l’expansion économique et que l’Arabie Saoudite se soit inquiétée des pertes colossales qu’aurait impliqué un objectif de réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre (GES) attestent que les gouvernements ne sont pas encore prêts à sacrifier leurs intérêts économiques sur l’autel de l’écologie. Or il semble évident que sans une volonté d’œuvrer en faveur de l’intérêt commun, l’eau continuera de manquer aux populations et de générer des tensions entre gouvernements.

Flickr - NASA Goddard Photo and Video
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