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Sécheresse record : le réchauffement climatique s’installe en Europe

Sécheresse record : le réchauffement climatique s'installe en Europe
Les températures estivales font le bonheur des vacanciers mais inquiètent vivement les agriculteur

Elle a beau se faire sentir inégalement selon les pays et être raillée par les « négateurs », la hausse des températures est une réalité avec laquelle le Vieux Continent devra composer dans les années à venir, a alerté hier Zbigniew Kundzewicz, membre du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) et spécialiste des ressources en eau.

« Les changements climatiques vont poser deux problèmes majeurs en Europe concernant l’eau : une augmentation du déficit en eau dans le sud de l’Europe et une augmentation des inondations dans d’autres endroits », a prédit le climatologue polonais, pour qui « les méthodes actuelles de gestion risquent de ne pas être adéquates pour réduire les impacts négatifs des changements climatiques ». Ces propos viennent corroborer les conclusions d’une étude du Centre national américain de recherche atmosphérique (NCAR) publiée en octobre dernier et selon laquelle de nombreuses régions du monde seront confrontées à une aridité rarement voire jamais atteinte à l’horizon 2100.

Pour ceux qui en doutaient encore, les petits États insulaires et les deux Pôles n’ont donc pas, très loin de là, l’apanage du dérèglement climatique, lequel devrait affecter davantage la partie méridionale de l’Europe, déjà régulièrement théâtre de périodes de sécheresse prolongées qui sont à l’origine d’importants déficits hydriques.

La France n’est pas épargnée, comme en témoignent les températures actuelles, anormalement élevées, et surtout l’extrême faiblesse des précipitations depuis le début de l’année, phénomène qui s’est notamment traduit par l’absence des traditionnelles giboulées de mars, un tarissement spectaculaire des cours d’eau dans plusieurs départements dont l’Aveyron, des mesures de restrictions d’irrigation en Poitou-Charentes, des appels de nombreux élus locaux aux économies d’eau et qui a fait suite à un épisode neigeux lui aussi suspicieux en décembre.

Déficits hydriques préoccupants sur la majeure partie de la France

Conscients des menaces qui pèsent sur leurs récoltes, les agriculteurs ne cachent plus leur inquiétude. « Une quinzaine de régions souffrent actuellement de la sécheresse. Toutes ces régions sont situées au nord d’un arc de cercle qui partirait du département de l’Aude, direction le Haut-Rhin. Au nord de cet arc de cercle, les sols sont beaucoup plus secs que la normale. Il n’a quasiment pas plu depuis le début de l’année de la Bretagne à la région Midi-Pyrénées et de la Normandie à l’Alsace [...] Cela fait six ans que les cultures n’ont pas autant souffert », a pour sa part précisé hier notre confrère Thierry Fréret sur le plateau d’i-Télé. Et d’ajouter : « dans cette grande moitié nord, le déficit en eau est compris entre 40 et 90 %. C’est considérable et exceptionnel ».

Alors que la moyenne nationale est en principe de deux cents millimètres, on n’a par ailleurs relevé que soixante-six millimètres de précipitations depuis le 1er janvier à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), soixante-dix à Strasbourg (Bas-Rhin), soixante dix-huit à Beauvais (Oise), quatre-vingt à Orléans (Loiret) et quatre-vingt-cinq à Poitiers (Vienne) ! L’idéal dans ces conditions serait maintenant qu’il pleuve chaque jour en mai, mois au cours duquel les plantes et les cultures sont en pleine croissance et ont donc le plus besoin d’eau.

Sur le long terme et à l’échelle continentale, l’augmentation du thermomètre devrait aussi engendrer une multiplication des épisodes pluvieux intenses, c’est-à-dire que le Vieux Continent pourrait connaître plus régulièrement des inondations soudaines et « supranationales » comparables à celles qui ont touché l’Europe de l’Est en août 2002. M. Kundzewicz redoute que des phénomènes extrêmes qui n’avaient auparavant lieu « qu’ »une fois par siècle reviennent tous les cinquante ans voire tous les vingt ans. Il table en outre sur une aggravation de la pollution des eaux et, à terme, sur une réduction de la production d’énergie hydro-électrique de 20 à 50 %.

La Russie sera très probablement elle aussi concernée au premier chef par ces évolutions dramatiques, elle qui a été frappée par une canicule historique l’an passé et pourrait de nouveau être en proie à un été très chaud. D’après Grigori Kouskine, membre de Greenpeace Russie, des feux de forêts se sont en effet déjà déclarés en Sibérie et dans d’autres régions du pays. Le Kremlin a-t-il pris les dispositions idoines pour éviter que l’histoire ne se répète ?

Le ministère russe des Situations d’urgence a concédé la semaine dernière des carences en matière de surveillance et le fait que les équipements et l’argent débloqués pour lutter contre les incendies de forêts sont encore insuffisants. Et d’imputer l’essentiel des  feux de l’an passé, qui ont ravagé plus d’un million d’hectares de surfaces boisées, à des comportements irresponsables de la population.

À défaut de pouvoir contrôler la météo, Moscou a tout de même les armes financières et logistiques pour s’épargner des dommages collatéraux aussi graves que ceux de l’été dernier. Il faudrait pour ce faire commencer par déblayer les arbres détruits par les sinistres, ce qui, neuf mois après, n’a toujours pas été fait… Dans ce domaine tout du moins, la pro-action n’est toujours pas d’actualité. Il faudrait que ça change.

Crédits photos : flickr – Houbazur / Wikimedia Commons - Babsy
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