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Sécheresse : la France continue de tirer la langue

Sécheresse : la France continue de tirer la langue
La pluie continue de se faire désirer et la situation est devenue inquiétante dans de nombreux départements de la France métropolitaine

Les températures élevées et surtout le déficit chronique de précipitations depuis le début de l’année préoccupent grandement le gouvernement et les agriculteurs.

Des semaines qu’ils scrutent la météo en attendant des ondées. En vain. La France n’est certes pas devenue le Sahara du jour au lendemain mais la sécheresse s’éternise, d’où dans certains départements d’ordinaire régulièrement « arrosés » des mesures de restrictions d’eau et des craintes ô combien légitimes quant à l’avenir des récoltes. Les régions les plus touchées ne sont pas forcément celles auxquelles le quidam aurait spontanément pensé, la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) par exemple ayant été beaucoup moins affectée jusque là que l’Alsace, la Bretagne et l’Auvergne.

Qu’à cela ne tienne : l’Hexagone dans sa globalité est à sec et la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a appelé un chat un chat hier au micro de RMC, se disant « vraiment inquiète » et redoutant, à l’instar sans doute de bien des climatologues, qu’« avec l’effet de serre » la France devienne coutumière des vagues de chaud précoces.

Déjà criant le mois dernier, le déficit pluviométrique s’est encore creusé pour atteindre un niveau record depuis un demi-siècle. Depuis vendredi, ce sont en outre dix-sept départements métropolitains qui sont appelés par leurs préfets respectifs à économiser l’eau. Dans le Val-de-Marne et la région Poitou-Charentes, les prélèvements sont même réduits cinq jours sur sept, rapportent nos confrères de l’AFP.

Interrogé par l’Agence, le climatologue Michel Schneider a observé que « dans de nombreuses régions, les sols superficiels sont exceptionnellement secs ». « Leur état est celui observé habituellement fin juin ou début juillet », a-t-il ajouté. À un hiver anormalement long et rigoureux a donc succédé un « printemps estival » tout à fait hors norme dans la mesure où le mois d’avril a été le deuxième plus chaud (après celui de 2007) depuis… 1900.

Secrétaire général de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), Dominique Barrau a pour sa part pointé une diminution du fourrage disponible comprise entre 30 et 50 % et demande « une politique de l’eau plus rationnelle ». « Avec 3 % de la pluie qui tombe, on gère aujourd’hui les besoins de l’industrie, de l’agriculture et les besoins d’eau potable. Si l’on en stocke à l’avenir 4 à 6 %, nous pourrons résoudre nos problèmes d’approvisionnement. C’est une infrastructure coûteuse à mettre en place mais c’est crucial », a-t-il expliqué, tout en rappelant que « les pires sécheresses sont celles du printemps, parce que ce sont celles où les plantes ont besoin de se développer » et en soulignant que le manque de pluie a fait qu’elles ont poussé « de manière insuffisante ».

Les bouchées quadruples sur les économies d’eau

Dans l’idéal il aurait fallu qu’il pleuve chaque jour du mois de mai pour « compenser » les fortes températures enregistrées sur l’ensemble du territoire national en avril, supérieures de quatre degrés celsius aux moyennes saisonnières et à l’origine d’une importante baisse du niveau des nappes [NDLR : d'après le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), 58 % d'entre elles affichaient déjà un niveau inférieur à la normale le mois dernier]. La chaleur s’est au contraire installée, légitimant la décision prise par le ministère il y a quelques jours de créer un « comité sécheresse » qui à défaut de pouvoir inverser la tendance se réunira « toutes les six semaines » pour « aider les usagers à anticiper la situation possible d’ici à l’été ».

Conformément à ce qui avait été annoncé fin novembre, un Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) sera aussi présenté courant juin. Ledit plan, qui arrive à point nommé, vise notamment à instaurer « une tarification graduelle plus incitative pour l’économie d’eau et la réduction des pressions sur les sources d’eau » dont les modalités doivent encore être définies et sera établi en fonction des scénarios élaborés par le vice-président du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) Jean Jouzel. « NKM », qui a d’ores et déjà mentionné la réduction des « fuites des réseaux d’eau potable », la « réutilisation d’eaux usées pour les communes » et la « récupération d’eau de pluie », a par ailleurs indiqué qu’il sera bâti autour d’un objectif de 20 % de la consommation d’eau à l’horizon 2020.

L’avenir à moyen terme nous dira s’il faut aller encore plus loin. Par exemple en sortant par la grande porte de la polémique sur l’exploitation des gaz de schiste, qui quelles que soient les méthodes d’extraction utilisées aujourd’hui consomme d’importantes quantités d’eau. Une eau promise à devenir de plus en plus précieuse dans les années à venir.

Crédits photos : flickr – Conanil / Wikimedia Commons - Babsy
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  • hyper ecolo

    Quand je pense que j’entends des gens ravis car ils peuvent enfin aller cloper en terrasse en sirotant leur jus d’ananas bruleur de graisse… Ça m’aigrit!

  • daniel d

    Et que dire des présentatrices TV qui font la gueule quand elles annoncent des averses locales après 3 mois de canicule !!!