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Le Japon a beau être confronté à sa plus grave crise depuis 1945, il n’a pas pour autant renoncé à remporter la guéguerre qui l’oppose aux troupes de Paul Watson. Euphoriques depuis le succès de leur campagne No Compromise, laquelle s’est soldée par un historique retour au pays des baleiniers nippons, ces dernières ont paraphé le mois dernier un accord de coopération avec le gouvernement de la République de Palau, petit archipel situé au nord de l’Indonésie qui s’est illustré en début d’année en proscrivant le shark finning de ses eaux territoriales, rien de moins que le plus grand sanctuaire mondial de requins.
Une décision spectaculaire après des décennies de massacres des squales et appréciée comme il se doit par l’ONG, qui ne s’est pas faite prier pour proposer ensuite aux autorités de leur prêter main forte. Rien n’étant de trop pour lui nuire, comme en a témoigné son lobbying appuyé auprès de Washington pour durcir la législation internationale et ainsi la faire basculer dans l’illégalité, Tokyo a riposté la semaine dernière en adressant une contre-proposition aux décideurs paluans.
Celle-ci, émanant vraisemblablement de services ministériels qui ont de nouveau égratigné les militants de l’association en les qualifiant de « terroristes » et auraient proposé de dépêcher sur place un patrouilleur, est d’autant plus étonnante que le Japon se situe au neuvième rang du classement mondial des pays pêcheurs de requins, en capturant chaque année vingt-cinq mille tonnes en moyenne. De même il n’a toujours pas envisagé un durcissement de sa réglementation nationale et, on le sait, contourne sans se poser de questions le moratoire commercial sur la pêche à la baleine, arguant de motifs scientifiques d’autant plus misérables qu’ils ne trompent plus personne depuis bien longtemps.
Le paradoxe – d’aucuns parleraient d’imposture grossière – n’a cependant pas ému outre mesure le gouvernement de Palau, qui a annoncé que l’offre nippone amenait une reconsidération de la concorde scellée avec Sea Shepherd, cette dernière devant de toute façon passer par le bureau de l’Attorney general (NDLR : l’équivalent du ministère de la Justice) avant d’entrer en vigueur.
Un attelage Japon-République de Palau pour mettre un terme définitif au massacre perpétré sur les requins indisposerait bien des défenseurs de l’environnement. Ils doivent cependant voir la vérité en face : la constitution de ce duo improbable est devenue l’hypothèse la plus vraisemblable. Les Japonais sont décidément des négociateurs hors pair. On aimerait bien connaître leur recette…

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