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Le Steve Irwin pourrait être saisi. Une catastrophe pour l’ONG…
Si les troupes de Paul Watson ne sont pas des enfants de choeur, n’hésitant pas à employer la manière forte et n’ayant pas leur pareil pour susciter la polémique – en témoigne notamment l’épisode de l’Ady Gil, trimaran dont on ignore si Peter Bethune l’a coulé de sa propre initiative, en pleine campagne contre les baleiniers japonais, ou s’il a agi sur ordre de la direction –, elles étaient jusqu’ici épargnées. Si les autorités nippones, qui voient en elle un aréopage d’« éco-terroristes », ont bien tenté de la placer dans l’illégalité, sollicitant pour ce faire l’aide des États-Unis, l’association Sea Shepherd (dont la dernière campagne dans les eaux de l’Antarctique, baptisée « No Compromise », a été un succès retentissant) n’avait encore jamais, officiellement du moins, franchi la ligne jaune. Paul Watson n’hésitait pas à le répéter à qui voulait l’entendre, notre rédaction y compris, mais sans doute devra-t-il dorénavant changer de disque.
Certes la justice peut encore disculper l’ONG mais cette dernière est en effet embarquée dans une sale affaire, un procès intenté par l’entreprise de pêche maltaise Fish & Fish (NDLR : l’une des leaders du marché européen de la pêche au thon rouge) qui, s’il était perdu, entraînerait la saisie et probablement la vente de son navire amiral Steve Irwin. Le destin dudit bateau, immobilisé depuis le 15 juillet dernier aux Shetlands (Écosse) par les autorités britanniques, est à présent suspendu au versement d’une caution de plus d’un million quatre cent mille dollars (neuf cent quatre-vingt mille euros).

Une question de survies
Une somme dont Sea Shepherd ne dispose pas, d’où un appel aux dons et un rappel des enjeux sur son site Internet : si le Steve Irwin devait être saisi, « non seulement cela causerait à (l’association) des difficultés financières mais l’empêcherait surtout d’atteindre les îles Féroé (NDLR : actuellement théâtre de l’une de ses campagnes, intitulée « Ferocious Isles »), en plus de menacer (sa) capacité à défendre les baleines dans le sanctuaire de l’Océan Austral contre la flotte baleinière japonaise en décembre prochain ».
« Votre don est extrêmement important car il nous permettra de sauver la vie de cétacés menacés de disparition […] Si nous ne récupérons pas rapidement notre navire amiral, des cétacés mourront d’une morte tragique faute pour nous d’avoir pu utiliser ce navire pour aller les protéger », a ajouté le capitaine Watson, qui place implicitement la justice face à ses responsabilités environnementales.
Le sexagénaire canadien, qui affirme détenir les preuves nécessaires pour défendre la cause de l’ONG, doit toutefois avoir du mal à trouver le sommeil : plus que celui de son vaisseau emblématique, c’est peut-être l’avenir de son association qui est en jeu.
Un malheur n’arrivant jamais seul, le voyage d’investigation de Sea Shepherd en Namibie, pays où les otaries sont massacrées par dizaines de milliers chaque année, s’est achevé prématurément. Le président Hifikepunye Pohamba est en effet monté au créneau et a déclaré que, plus qu’une intrusion, cette escapade constituait une menace pour la sécurité nationale (!)
Décidément « à l’ouest », il a ajouté que toutes les otaries devaient être exécutées pour les empêcher de dévorer tout le poisson présent dans les eaux territoriales namibiennes. Des propos d’autant plus insupportables que, dans le même temps, ceux qui veulent les secourir en sont empêchés.

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