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Sangliers morts : les soupçons sur les algues vertes se confirment

Sangliers morts : les soupçons sur les algues vertes se confirment
Trente-six sangliers ont été retrouvé morts sur les plages bretonnes cet été

Les algues vertes ont de nouveau investi les côtes bretonnes cet été. Deux ans après le décès suspect d’un chauffeur de camion et la mort d’un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor), les cadavres de trente-six sangliers découverts dans le département ont relancé la polémique sur leur dangerosité. Accusés par les experts d’être les principaux responsables de cette prolifération malheureuse, les agriculteurs ont une nouvelle fois été visés à travers deux rapports soutenant la thèse des algues « tueuses ».

Publié mardi, celui de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) a conclu que « les niveaux de concentration mesurés dans les poumons ou le sang des animaux morts et les symptômes observés concourent à retenir l’hypothèse d’une intoxication par le sulfure d’hydrogène (NDLR : gaz rejeté par les algues vertes) comme hautement probable ». L’ANSES (Agence de sécurité sanitaire de l’environnement) a renchéri hier, précisant toutefois ne pas pouvoir « affirmer qu’il s’agit du seul facteur contributif de la mortalité massive ».

De son côté, la Préfecture des Côtes-d’Armor, jusque là très prudente quant à la responsabilité des marées vertes, a estimé que les allégations des experts « confortent les dispositions d’ores et déjà prises, d’une part pour assurer la sécurité des usagers sur les plages avec le ramassage et l’évacuation des algues effectués chaque jour […], d’autre part avec la mise en œuvre du volet préventif du plan gouvernemental ».

Mis en oeuvre l’an passé, le plan gouvernemental anti-algues vertes prévoit de débloquer un total de 134 millions d’euros sur quatre ans pour le ramassage, le traitement mais aussi la prévention. Bien que jugé insuffisant par certains spécialistes et critiqué par certaines municipalités concernées, il a bel et bien été mis en place dans les Côtes-d’Armor.

Le département prévoit d’augmenter la surface herbagère des domaines agricoles et de doubler le nombre d’exploitations biologiques d’ici 2015, avec en toile de fond l’objectif de réduire les flux d’azote, élément chimique qui favorise la formation des algues vertes. La Préfecture a également annoncé que « des mesures de sécurisation complémentaires concernant les vasières allaient être étudiées ».

Des dispositions qui n’ont toutefois pas empêché les associations Sauvegarde du Trégor et Sauvegarde du Penthièvre d’annoncer un dépôt de plainte contre X pour « mise en danger de la vie des populations et du littoral breton ». Les analyses d’air effectuées par l’Ineris ont il est vrai révélé « d’importants dégagements de composés soufrés » dont les taux « pourraient conduire à un accident mortel dans un scénario extrême de chute et de perçage de la croûte de surface [des algues] ».

Scénario extrême mais qui semble réaliste dans la mesure où les algues vertes refont surface chaque année. A la fin du mois dernier, 53 000 mètres cubes avaient été ramassés sur les plages bretonnes depuis le début de l’été, soit une augmentation de 11% par rapport à l’année dernière. Il y a tout lieu de penser que le chapitre des algues vertes est loin d’être clos…

Crédits photos : geograph - Martyn Gorman / fotopedia - Laurent Cerveau
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  • gaga

    Il ne faut effectivement pas que nettoyer, il faut traiter le fond du problème.