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Sangliers morts : la responsabilité des algues vertes en passe d’être établie ?

Sangliers morts : la responsabilité des algues vertes en passe d’être établie ?
Les analyses des cadavres de cinq sangliers ont révélé des taux importants d’hydrogène sulfuré (H2S) qui pourraient être responsables de leur mort

Les municipalités des Côtes-d’Armor s’évertuent depuis près de deux semaines à débarrasser leurs plages des algues vertes. C’est que, si elles ne représentent a priori aucun danger dans la mer,  elles libèrent un gaz toxique lorsqu’elles se décomposent sur les plages et les rochers. Un gaz qui pourrait bien être responsable de la mort de quelque trente-six sangliers ces dernières semaines.

Les autopsies pratiquées sur les cinq premiers animaux retrouvés sans vie dans l’estuaire de Gouessant (Côtes-d’Armor) ont en effet confirmé la présence d’hydrogène sulfuré (H2S) dans leurs poumons, un gaz toxique issu de la putréfaction des algues. On a constaté chez deux d’entre eux des taux de 1,47 mg/kg (milligramme par kilogramme) et 1,72 mg/kg, soit des doses plus importantes que celles relevées il y a deux ans sur le cheval retrouvé mort sur la plage de Saint-Michel-en-Grève.


La préfecture des Côtes-d’Armor a toutefois jugé « excessif de conclure de manière radicale que c’est l’hydrogène sulfuré qui a provoqué leur mort puisque l’un de ces animaux n’en présentait pas ». « Le H2S a pu y contribuer dans des proportions que je ne suis pas en mesure de vous donner aujourd’hui », a ajouté Philippe de Gestas, secrétaire général de la préfecture. L’analyse du seul sanglier qui ne présentait aucune trace d’hydrogène sulfuré a cependant mis en avant la présence de chloralose, un produit utilisé pour empoisonner les rongeurs, mais dans des proportions insuffisantes pour justifier de la mort de l’animal.

Les enquêteurs n’ont donc écarté aucune piste. L’hécatombe pourrait certes être imputée aux algues vertes mais les hypothèses d’effets toxiques de cyanobactéries retrouvées dans une retenue d’eau en amont et d’un empoisonnement volontaire demeurent envisagées. Les associations de défense de l’environnement, elles, sont persuadées que les marées vertes ont tué les sangliers. Délégué général de l’association Eau et rivières de Bretagne, Gilles Huet réclame même la fermeture immédiate des plages où les algues ne sont pas ramassées quotidiennement. « On déploie toutes les énergies pour inventer un mensonge crédible », a de son côté estimé Yves-Marie Le Lay, président de Sauvegarde du Trégor.

Les sangliers auraient-ils payé les pots cassés de l’agriculture intensive, qui aux dires des experts serait responsable de ces marées vertes ? Même si le gouvernement a débloqué 134 millions d’euros dans le cadre d’un plan anti-algues au demeurant critiqué par les élus locaux et des experts, qui le jugent de concert insuffisant, aucune mesure n’a été prise pour contrecarrer ces pratiques agricoles. Or, il est clair que nettoyer les plages revient à poser du plâtre sur une jambe de bois.

Crédits photos : flickr – Peter Castelton / Eclectic Man
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