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Sanctuariser 4% des océans permettrait de protéger efficacement les mammifères marins

Sanctuariser 4% des océans permettrait de protéger efficacement les mammifères marins
84 % des mammifères marins, dont la plupart de ceux qui, au même titre que les ours polaires, sont aujourd'hui menacés de disparition, pourraient être sauvés si 4 % de la superficie totale des océans devenaient des zones protégées

L’Académie Nationale des Sciences américaine vient de publier une étude qui démontre par a+b que la grande majorité des mammifères marins peut encore être sauvée. À condition d’agir sans tarder…

Jacques Perrin leur a consacré un film éblouissant, de nombreux scientifiques les scrutent à la loupe mais nul besoin d’être cinéaste ou océanographe pour savoir que nos océans vont mal. Qu’il s’agisse de marées noires, de dégazages – une pratique abjecte mais malheureusement monnaie courante – ou encore de gigantesques « continents de déchets », qu’elles soient ponctuelles (encore que, même nettoyés en surface, les hydrocarbures font toujours de la résistance), sporadiques ou chroniques, les pollutions leur portent un coup très sérieux.

Il en est de même en ce qui concerne la surpêche, l’acidification, phénomène complexe mais dont on sait qu’il est une conséquence directe de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) et pourrait lui aussi avoir raison de nombreuses espèces marines, ou encore le révoltant shark finning, lequel provoque la mort de plusieurs dizaines de millions de requins chaque année et par conséquent chamboule la « pyramide alimentaire », aujourd’hui passablement décimée au sommet. Les méduses prolifèrent, la question de la survie des coraux se pose avec insistance et le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) lui-même est allé jusqu’à émettre l’hypothèse inimaginable il y a encore cinq ans d’océans sans poissons à l’horizon 2050.

Leur avenir est bien sûr tributaire de l’attitude des autorités impliquées, qui doivent ensemble et séparément adopter des législations courageuses pour lutter contre les pratiques dévastatrices et ainsi préserver l’inestimable patrimoine aquatique. La tâche paraît désormais infaisable tant la conjoncture est mauvaise. Elle ne le serait cependant pas de l’avis d’experts de la très sérieuse Académie nationale des Sciences américaine qui ont rédigé une étude aux conclusions plutôt rassurantes.

sanctuariser 4% des océans permettrait de sauver 84% des espèces de mammifères marins

Des pourcentages accessibles

D’après eux, il « suffirait » en effet de protéger seulement 4 % de la superficie totale des océans pour asseoir la pérennité de 84 % des cent vingt-neuf espèces de mammifères marins recensées sur Terre, étant entendu qu’un quart d’entre eux environ sont actuellement menacés de disparition – dont les ours polaires, véritables martyrs du dérèglement climatique. Les scientifiques ont superposé les cartes de localisation de chacune de ces espèces pour établir ces projections résolument optimistes et ont ensuite déterminé vingt sites-clef de conservation, en fonction notamment de leur implantation et du risque d’extinction. L’« encadrement » de neuf de ces sites, situés au large des côtes argentines, péruviennes, sud-africaines, à l’Est du Canada, dans le nord-ouest de l’Afrique mais aussi dans les eaux territoriales australiennes, japonaises, mexicaines et néo-zélandaises, largement impactés par l’Homme et qui mis bout à bout constituent un habitat pour cent-huit espèces de mammifères au total, permettrait de fait d’assurer la survie de la plupart d’entre eux. Les onze autres hébergeraient pour leur part des espèces dont on n’a pas encore trouvé la trace ailleurs.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, « c’est la première fois que la répartition mondiale des mammifères marins a été compilée et présentée sous forme de carte », ont souligné Sandra Pompa et Gerardo Ceballos, membre de l’Université Nationale Autonome du Mexique et co-auteurs de l’étude.

« Il est essentiel de protéger les mammifères marins pour maintenir le fonctionnement des écosystèmes océaniques. Nombre d’entre eux sont de grands prédateurs et ont des impacts sur toute la chaîne », a de son côté commenté Paul Ehrlich, chercheur à l’Institut de l’Environnement de Stanford (États-Unis) et qui a lui aussi participé aux travaux.

Il est parfois utile de rappeler certaines évidences. En particulier lorsque, comme dans le cas des océans, les choses vont de mal en pis.

Crédits photos : flickr – Stuart Seeger / Pavel
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