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Samsø, l’île au bilan carbone négatif

Samsø, l’île au bilan carbone négatif
Samsø est devenue en 2005 la première île d’un pays développé, le Danemark, à atteindre un bilan carbone négatif. Prochain objectif : l’indépendance énergétique totale pour les besoins en chauffage

Le Danemark est-il en passe de devenir un laboratoire en matière de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES) ? Alors que Copenhague veut devenir la première capitale mondiale à atteindre un bilan carbone neutre d’ici 2025, une autre île de l’archipel danois va encore plus loin dans la démarche.

Samsø, île de 114 kilomètres carrés et d’un peu plus de 4 000 habitants, est en effet devenue le premier lieu à atteindre un bilan carbone négatif dans un pays industrialisé. Il fut pourtant un temps où les Samsingers étaient tout aussi dépendants que leurs voisins aux énergies fossiles. Un résident de l’île émettait en effet onze tonnes de GES par an en 1998 (NDLR : La moyenne atteint dix-neuf tonnes aux Etats-Unis). Samsø a néanmoins décidé de tourner le dos aux sources d’énergie non renouvelables et de devenir une place forte d’expérimentation des initiatives durables.

« Ile de l’énergie renouvelable »

Nommée « première île de l’énergie renouvelable » au Danemark en 1997, avec l’ambition de devenir énergétiquement indépendante avant 2008, les autorités de Samsø se sont vues attribuer un total de 90 millions de dollars (73 millions d’euros) de subventions du gouvernement danois pour atteindre cet objectif. Les résultats dévoilés dès 2005 parlent d’eux-mêmes puisque Samsø subvient à 100% de ses besoins en électricité grâce à l’énergie éolienne et obtient même un bilan carbone négatif, produisant plus d’énergie qu’elle n’en consomme.

Les onze éoliennes terrestres de l’île fournissent l’intégralité de son électricité et les habitants sont directement impliqués dans cette réussite. Les foyers de Samsø sont en effet équipés d’éoliennes en petit format pour assurer leurs propres besoins et la plupart des turbines de l’île sont détenues sous forme coopérative, ce qui signifie que les Samsingers sont le plus souvent actionnaires de ces installations. C’est aussi le cas de 1 100 des quelque 50 000 touristes qui visitent l’île chaque année. Durant les jours sans vent Samsø se fournit avec le réseau électrique principal du Danemark, sinon elle exporte du courant vers les îles voisines. Au final les exportations d’électricité lui rapportent environ huit millions de dollars par an (6.5 millions d’euros).

La pédagogie est de mise

L’indépendance énergétique de Samsø est telle que l’île bénéficie de son propre Bureau de l’Energie, lequel supervise l’ensemble des initiatives prises en termes de développement des énergies « propres ». Ces dernières ne manquent d’ailleurs pas. Ainsi le chauffage urbain utilise la paille, l’énergie solaire et les copeaux de bois et les réservoirs des véhicules sont tous alimentés en biocarburant. Dernières idée issue de l’imagination débordante du Bureau de l’Energie : un projet d’utilisation de l’huile de colza ou de l’herbe à éléphant pour le chauffage, avec pour objectif d’atteindre là aussi les 100% des besoins en chauffage fournis par des sources renouvelables (NDLR : Elle n’en est pour l’heure « qu’à » 70%).

Samsø accueille également depuis 2006 une Académie de l’Energie ouverte au public et dotée d’une mission pédagogique. Elle est elle-même le symbole des actions qu’elle défend puisque son électricité et sa chaleur sont fournies par des panneaux solaires, tandis que les eaux usées et de pluie sont réutilisées pour le bâtiment.

Avec Copenhague qui veut avoir un bilan carbone neutre d’ici à 2025 et les îles de Bornholm et de Lolland qui aspirent également à l’indépendance énergétique à court terme, le Danemark offre une palette d’exemples qui prouvent que l’hégémonie des énergies fossiles n’est pas une fatalité. La Grande-Bretagne pourrait suivre le mouvement, reste aux autres pays à bénéficier de la même volonté politique. Car les habitants de ces îles danoises y croient : si c’est possible chez eux, ce doit être possible ailleurs.

Crédit photo : Flickr - Marcelomdrs
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