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Rififi autour d’une éventuelle suppression des terrasses chauffées au gaz à Paris

Rififi autour d'une éventuelle suppression des terrasses chauffées au gaz à Paris
Les terrasses chauffées au gaz pourraient être interdites à Paris d'ici 2013 mais pas celles alimentées par des appareils électriques. Un grave manquement aux yeux des écologistes

L’hiver officiellement derrière nous depuis neuf jours, elles n’auraient en théorie dû refaire parler d’elles qu’en fin d’année. Le Conseil de Paris vient d’en décider autrement. En conflit ouvert contre la surconsommation énergétique, il a en effet dévoilé hier un nouveau règlement interdisant d’ici deux ans les terrasses chauffées au gaz et des espaces bâchés par du plastique (ou « bâches cristal »).

Une mesure justifiée par le « boum » desdites terrasses depuis l’interdiction de fumer à l’intérieur des bars et des restaurants (NDLR : Paris compte actuellement huit mille six cents terrasses ouvertes et trois mille cinq cents terrasses fermées), officiellement en vigueur depuis le 1er janvier 2008, et qui ne fait bien sûr pas l’unanimité auprès des principaux concernés, les restaurateurs.

« Ces propositions ne sont pas admissibles [...] Nous sommes décidés à obtenir de la Mairie de Paris des conditions d’accueil satisfaisantes en terrasses pour nos clients, ce qui exige un minimum de moyens nous permettant tout simplement d’éclairer, de chauffer et de rendre conviviaux ces lieux », a ainsi écrit le 11 mars dernier sur son site Internet le puissant syndicat Synhorcat (NDLR : Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs), deuxième syndicat patronal du secteur. Et de réfuter les motivations écologiques et sécuritaires invoquées par la municipalité : « il n’y a pas un seul accident recensé qui ait été causé par un parasol chauffant au gaz [...] L’utilisation des chauffages de terrasse, elle, s’effectue dans la période pointe journalière de consommation d’énergie (entre dix-huit heures et minuit). Or, durant ces périodes, le surplus de demande est assuré par des centrales à énergie fossiles. La pollution émise sur le site de production est encore plus polluante pour l’environnement que la pollution émise par la combustion du gaz ». Et toc.

Le conseiller UMP de Paris Patrick Trémège, lui, s’est montré moins explicatif, résumant le nouveau règlement de la Mairie, fruit de huit mois de négociations intenses, à un « coup de fusil contre les restaurateurs », lesquels devront aussi (au même titre que les cafetiers) se conformer à l’obligation de proposer des cendriers à leurs clients.

« Le début de la fin des mégots »

Les opposants à ces mesures redoutent une défection massive des fumeurs. De son côté l’adjoint au Maire de Paris chargé de la propreté et du traitement des déchets François Dagnaud (PS) prophétise « le début de la fin des mégots qui jonchent les rues de la capitale », où quelque trois cent quinze tonnes de mégots sont jetées chaque année, « le plus souvent sur la voie publique ».

La prolongation de l’autorisation des chauffages électriques n’est quant à elle comprise ni par les écologistes ni par les restaurateurs. Synhorcat encore : « d’après l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), le chauffage électrique est deux fois plus polluant que le chauffage au gaz à raison de cinq cents à six cents grammes de CO2 par kilowattheure (KWh) pour le chauffage électrique et de seulement deux cent soixante-quatorze grammes pour le butane et même deux cent trente-quatre grammes pour le gaz naturel ». Les élus d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), eux, plaidaient pour une proscription de l’ensemble des équipements utilisant une électricité d’origine fossile, proposition certes difficile à mettre en oeuvre au regard du package énergétique français.

Un « groupe de travail » a néanmoins été constitué pour réfléchir à « des solutions alternatives de fourniture d’énergie moins polluantes permettant l’usage des terrasses tout au long de l’année ». Il devra rendre ses recommandations d’ici la fin de l’année. À une époque où les mécontents pourraient se faire davantage entendre.

Crédit photo : flickr – Jean-Louis Zimmermann / Gilles Klein
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  • vtourisme

    Un coup dur pour les restaurateurs et cafetiers…

  • pierre d

    Coup dur, coup dur, c’est vrai que c’était sympa mais à un moment il faut arrêter le délire. Ça pousse les jeunes à fumer, les adultes à rester fumeurs et les travailleurs actifs à glander donc bon…

  • dk

    Ca devient pénible à la longue toutes ces interdictions!!!