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Bien trop souvent abandonnés en pleine nature une fois usés, les filets de pêche pourraient bien se retrouver sous nos pieds.
La société Interface se lance dans le recyclage et dans l’éco-conception. Mené en partenariat avec la Zoolical Society of London (ZSL), son projet consiste à récupérer de vieux filets de pêche usagés aux Philippines pour les convertir en moquette. Le procédé est simple : les filets de pêche sont rachetés aux pêcheurs puis vendus à des transformateurs, lesquels se chargeront de la purification du nylon contenu afin qu’ils deviennent utilisables pour la production de moquette.
« Pour l’instant, nous sommes encore en phase de tests, mais d’ici six mois nos produits pourraient contenir des filets de pêche », a indiqué Claire Baillet, vice-présidente du marketing Europe chez Interface, interrogée par nos confrères de 20minutes. L’entreprise n’en est par ailleurs pas à son coup d’essai en matière de développement durable puisque sa gamme baptisée Biosfera était déjà issue à 100 % du recyclage.

Protéger la biodiversité
Une fois usagés, les filets en nylon finissent presque immanquablement au fond de l’eau ou échoués sur les plages, ce qui représente en danger considérable pour les espèces marines. Le corail est l’un des premiers concernés (notamment aux Philippines) par les filets Muroami, qui arborent des couleurs vives pour attirer les poissons et sont assortis de grosses pierres ou d’un bloc de ciment afin d’assommer ces derniers. Sur terre, le nylon met par ailleurs des décennies à se dégrader.
Le recyclage permet également de limiter l’utilisation de fibres vierges qui impliquent un traitement pétrochimique et sont à l’origine du polyester ou du nylon. Celui-ci a la mauvaise réputation d’être le matériau qui émet le plus de gaz carbonique lors de sa création, aussi la démarche initiée par Interface est-elle très respectable. Puisse le succès être au rendez-vous.

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