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Réchauffement climatique : les derniers seront les premiers

Réchauffement climatique : les derniers seront les premiers
En Afrique, des populations entières seront menacées si les pays développés devaient échouer à réduire significativement leurs émissions de GES

Les pays les moins pollueurs seront les premiers à pâtir des effets du réchauffement climatique. C’est ce qui ressort d’un rapport publié en septembre 2009 par Maplecroft, un cabinet britannique d’expertise des risques globaux.

« Toujours les mêmes qui trinquent et les autres qui arrosent », déplorait le groupe de rap Mad in Paris dans son oubliable single « Réveillez-vous », qui tira son épingle du jeu dans les bacs en 1996 mais dont nous sommes fort peu nombreux à nous souvenir aujourd’hui. Cette affirmation manichéenne et volontiers fataliste n’est cependant pas toujours à balayer d’un revers de main. Car il est effectivement des cas où l’injustice est criante, comme celui des conséquences de la mutation climatique, qui frappera d’abord le continent noir, c’est-à-dire celui qui émet le moins de gaz à effet de serre (GES).

Au Sud des menaces

Déjà confrontée aux fléaux de la pauvreté et de la désertification, pour ne citer qu’eux, l’Afrique va en plus devoir composer avec une hausse de la température qui, compte-tenu de la marge de manœuvre pour le moins étroite dont elle dispose, l’affectera bien plus que ses quatre pairs.

Ses dirigeants en ont bien conscience, eux qui se sont entendus sur une position commune lors du sommet de Copenhague, pour que les pays développés mettent la main à la pâte, d’aucuns diraient assument leur responsabilité de pourfendeurs de l’environnement, c’est-à-dire qu’ils consentent à un gros effort financier afin de rendre la pilule (un peu) moins indigeste et insufflent les indispensables changements de mentalité. L’Afrique nouveau glacis de l’environnement ? L’Afrique nouveau temple des énergies renouvelables ? C’est ce que souhaiteraient certaines voix très écoutées au sein de l’Union Européenne, mais d’un tel dessein à la réalité, il faut, au mieux, des années, et ce à la condition sine qua non que les chorales successives veuillent bien chanter dans le même registre. En attendant, d’après le cabinet Maplecroft, vingt-deux des vingt-huit pays exposés à un « risque extrême » sur cette question du réchauffement climatique sont situés en Afrique subsaharienne.

À moyen terme, d’ici à l’hypothétique élaboration d’un cahier des charges débouchant sur la révolution écologique réclamée ça et là, des populations entières pourraient payer un tribut parfois dramatique à des débordements pluri décennaux qui ne sont même pas le fait de leurs dirigeants. Les nuages continuent donc de s’amonceler sur le continent le plus pauvre de la planète, mais l’Asie n’est hélas pas en reste.

L’inquiétude unanime des experts

L’officialisation des conclusions de Maplecroft a en effet coïncidé avec celles, pas franchement plus réjouissantes, de la Banque asiatique de développement, qui courant 2009 avait diligenté une enquête sur la fonte des glaciers de l’Himalaya.

Il apparaît aujourd’hui que ce phénomène relativement méconnu à l’échelle mondiale, et en tous les cas bien moins médiatisé que la diminution des couches de glace dans l’océan Arctique, menacerait la sécurité alimentaire et la disponibilité en eau du milliard et demi d’habitants d’Asie du Sud. Si rien n’est fait pour diminuer significativement les émissions de GES dans ces contrées, des villages seront submergés, des centaines de rizières ne pourront plus être exploitées et la qualité de l’eau risque d’être gravement altérée. À ce rythme, « les dommages causés à l’économie des pays pauvres seront dix fois supérieurs à ceux enregistrés dans les pays développés », avertit Rob Vos, le directeur du département des affaires économiques et sociales de l’ONU.

D’après lui, il faudrait investir chaque année environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, soit la bagatelle de cinq cent milliards de dollars, pour atténuer les effets du changement climatique et que l’Homme puisse s’y adapter, en d’autres termes qu’il n’y ait nulle part où il ne puisse pas y survivre. Pas gagné, surtout quand on sait, entre autres exemples, le temps qu’ont mis les dirigeants de l’UE à chiffrer leurs objectifs en matière de diminution des émissions de GES dus à l’activité humaine et leur longue incapacité à s’entendre sur le montant de l’aide à verser aux pays africains.

Reste l’analyse des experts de l’ONU, selon lesquels – à moins d’une prise de conscience universelle des appareils dirigeants qui seront de surcroît dans l’obligation de ne jamais desserrer l’étreinte -, le changement climatique tant annoncé (avec une intensification notable du nombre de rapports alarmistes ces dernières années) pourrait provoquer des dégâts irréversibles sur les écosystèmes. De ce fait, les risques de catastrophes naturelles augmenteraient et leur impact serait accentué.

Peut-être qu’à force de recevoir des études aux messages équivoques sur leurs bureaux, ceux qui ont l’immense pouvoir d’empêcher cette situation seront plus nombreux à vouloir donner un grand coup de volant pour éviter le mur du désastre. À cette vitesse, la manœuvre est encore possible.

Crédit photo : Flickr - Gusjer
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