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Réchauffement climatique : et si l’homme n’y était pour rien ?

Pour la majorité des gens, le réchauffement de la planète ne fait aucun doute. Qui plus est, ce réchauffement est majoritairement attribué aux activités humaines : gaz d’échappement, activités polluantes des usines, agriculture intensive, etc. Mais plusieurs scientifiques rejettent ce constat. Pour eux le réchauffement climatique n’est pas du à l’homme. Certains vont même jusqu’à déclarer que la température descend. Voici quelques éléments d’explication nécessaires pour s’y retrouver.

Selon les philosophes des sciences – ou épistémologues – comme Gaston Bachelard ou Karl Popper, le propre d’une science est d’être toujours soumis à la réfutation. La somme des expériences menées pour vérifier une théorie ne fait que la corroborer, elle ne la valide jamais éternellement. En revanche, un seul résultat empirique contraire à l’hypothèse suffit à l’invalider pour toujours. Par exemple, les analyses de Nicolas Copernic ou de Galilée ont suffi à démontrer que la terre tournait autour du soleil, et non l’inverse comme l’a pensé l’ensemble de la communauté scientifique occidentale pendant une bonne dizaine de siècles avant eux. Si les pouvoirs ecclésiastiques ont fini par faire abjurer Galilée, la science est néanmoins entrée dans la modernité à partir de cette date. Le « droit à l’erreur » est communément admis et même souhaitable sur le long terme afin de démontrer de manière raisonnée la validité d’une théorie.

C’est pourquoi la querelle portant sur le réchauffement climatique est si troublante, surtout en vue du sommet de Copenhague de décembre 2009. En effet, quatre-vingt-dix pourcents des experts scientifiques sont d’accord pour dire que les émissions de CO2 causées par la combustion des énergies fossiles sont responsables des gaz à effet de serre, et donc du réchauffement de la planète. Mais quatre-vingt-dix pourcents, ce n’est pas cent pourcents.

Alors bien sûr les ayatollahs de l’écologie crient au scandale et vont jusqu’à employer le terme de « négationnisme », rattachant ce courant de pensée à ceux niant la Shoah, le virus du SIDA ou le 11Septembre. Le débat mérite donc d’être ouvert car comme l’histoire des sciences nous le précise, le consensus ne peut faire autorité à lui tout seul puisqu’une analyse déviante peut toujours tout remettre en cause. Ces indécisions dans le monde des experts ne sont en fin de compte pas très rassurantes pour prendre des résolutions à Copenhague.

Des catastrophes pourtant déjà visibles et à prévoir

Début novembre 2009, l’ORNEC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) remet un rapport à Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat de l’écologie et du développement durable. Les conclusions de cette étude menée par plus de deux cents scientifiques sont alarmantes. Selon eux, le problème majeur sera la « raréfaction des ressources en eau », puisque si la consommation reste identique, il y aura un déficit de deux milliards de mètres cubes à venir. Les agriculteurs seront ainsi les plus touchés par cette pénurie puisqu’ils en sont les plus gros utilisateurs (quarante-huit pourcents de la consommation totale), mais aussi les industries et les ménages. En revanche, le problème sera différent pour la mer, dont le niveau va monter. Cette augmentation met en péril certaines régions comme le Languedoc-Roussillon où des milliers de logements sont exposés à la montée des eaux. Coût probable du désastre : des dizaines de milliards d’euros d’ici 2100.

Il ne faut également pas oublier que la France est la principale destination touristique mondiale, et que les effets du réchauffement climatique pourraient à terme lui être fatals. En 2006, une étude de l’OCDE avait ainsi montré qu’actuellement  cent-quarante-trois domaines skiables jouissaient d’un enneigement suffisant mais qu’une augmentation d’un seul degré de la température ferait passer le nombre de ces domaines à cent-vingt-trois, et à seulement cinquante-cinq si le thermomètre montait de cinq degrés. Si l’on rajoute à cela les risques d’incendie et les sécheresses à répétition, l’activité touristique s’en trouverait chamboulée. Enfin, l’ORNEC précise que les dégâts des eaux pourraient coûter jusqu’à deux milliards d’euros de plus afin d’entretenir les infrastructures routières.

D’ores et déjà, les conséquences du réchauffement climatique sont visibles. Nous pouvons très bien constater que les glaciers alpins s’amenuisent de jour en jour et que la banquise se réduit comme peau de chagrin, causant d’innombrables dégâts pour la biodiversité et contribuant à faire monter les eaux. Pour les plus alarmistes, des milliers de « réfugiés climatiques » se mettraient ainsi à sillonner le monde, dépossédés qu’ils sont de leur territoire englouti par les eaux.

Ce bref exposé n’entendait pas rendre compte de manière exhaustive de toutes les conséquences du réchauffement climatique mais il avait pour but d’en montrer les manifestations visibles qui ne laissent a priori pas l’ombre d’un doute face à l’urgence environnementale. Et si en fin de compte ces catastrophes à venir n’étaient pas causées par l’activité humaine ? C’est en tout cas la théorie soutenue par plusieurs experts.

Claude Allègre et Vincent Courtillot : deux rebelles avec causes

Simple lubie égocentrique pour faire parler d’eux ? Banale provocation pour titiller les certitudes de l’establishment ? Tentatives de coup médiatique pour faire la une des actualités ? Toutes ces questions que l’on est en droit de se poser à lire les déclarations fracassantes de Claude Allègre ou de Vincent Courtillot ne semblent pas tenir debout à la simple lecture de leur Curriculum vitae.

En vertu de sa carrière politique Claude Allègre est évidemment le plus connu des deux. Il s’agit en effet d’un géochimiste de renommée mondiale récompensé par plusieurs distinctions comme le Prix Crafoord (la plus haute distinction en géologie, équivalente à un prix Nobel) en 1986 ou la médaille d’or du Centre national de la recherche scientifique (la plus haute distinction française dans le domaine des sciences). Docteur ès sciences physiques et expert en géochimie terrestre (ses travaux sur la croûte et le manteau terrestre ont permis des avancées exceptionnelles), Claude Allègre est membre de l’Académie des sciences française et de la National Academy of Sciences. Il est également davantage familier du grand public pour ses fonctions ministérielles pour avoir occupé le poste de ministre de l’éducation nationale de la recherche et de la technologie sous le gouvernement de Lionel Jospin entre 1997 et 2000.

Vincent Courtillot ne jouit quant à lui pas de la même popularité, mais ses travaux ont au moins le même prestige que celui d’Allègre. Actuellement directeur de l’Institut de physique du globe, Vincent Courtillot a également une renommée mondiale. Il a en effet enseigné à l’université Denis-Diderot, à Stanford, à Santa Barbara et au CalTech. Anciennement directeur de la recherche et des études doctorales, président de l’European Union of Geosciences, conseiller spécial du ministre de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie, il préside depuis 2002 le conseil scientifique de la Ville de Paris.

Cette déclaration du professeur Courtillot pourrait également s’appliquer à son compère : « Un mot d’abord : je suis géophysicien, spécialiste des sciences de la Terre et de sa dynamique, et non climatologue. Toutefois, mes travaux m’ont conduit à la frontière de plusieurs disciplines. En découlent quelques constatations : s’il est vrai qu’il existe un réchauffement documenté du climat depuis cent cinquante ans, nous sommes face à trop peu de données statistiques pour avoir des certitudes absolues sur son origine et ses conséquences éventuelles ». S’ils ne sont pas de véritables experts en climatologie, ils ne sont pas pour autant des illuminés dénués de toute crédibilité, et leurs recherches les ont conduits à adopter une posture qui tranche considérablement avec celle communément admise.

Selon eux, la lutte contre le réchauffement climatique est une vaste escroquerie car l’homme n’y serait pour rien. Et à cause de cette « fumisterie », les vrais problèmes liés aux ressources ne sont pas traités comme le manque d’eau potable, de nourriture ou encore la gestion des déchets. Ils n’ont aucun doute quant à la validité de leur thèse qui sera vérifiée selon eux d’ici une dizaine d’années.

L’Homme, ce présumé innocent

S’ils ne remettent pas formellement en cause une sorte de réchauffement climatique, ils ne montrent pas moins que cette dernière n’est d’une part pas due à l’homme et d’autre pas loin d’être nouvelle. Le réchauffement serait ainsi irrégulier depuis cent cinquante ans comme il l’a été durant ces deux milles dernières années. La terre se serait en effet fortement réchauffée entre l’an Mil et le quatorzième siècle (ce qui expliquerait la stabilisation des frontières et la forte démographie occidentale), avant de faire place à un « petit âge glaciaire » entre le seizième et le dix-neuvième siècle. De la même manière, ils ne nient pas la corrélation entre l’augmentation de la teneur en atmosphère en dioxyde de carbone (CO2) et l’élévation de la température, mais ce serait le réchauffement de l’océan, riche en CO2, qui dégagerait ces substances dans les airs.

Ces deux scientifiques turbulents mais néanmoins brillants ne contestent donc pas la montée de températures, mais c’est pour eux un phénomène cyclique qui obéit à des lois atmosphériques et notamment à l’activité solaire. Citons une nouvelle fois les propos de Courtillot qui résume l’état actuel de ce courant de pensée : « Bien des phénomènes pourraient l’expliquer en partie. Je pense ainsi au rôle du soleil et de ses rayonnements, aux rayons cosmiques, à la physique des nuages… Il y a encore d’innombrables découvertes à faire. Attribuer une seule cause à un processus aussi complexe est une affirmation risquée. De plus, les prédictions actuelles reposent sur des modèles qui peuvent encore évoluer. Tous nos travaux montrent depuis deux ans l’impact déterminant du Soleil sur le climat. Donnons-nous encore du temps avant de prononcer des affirmations définitives. On sait qu’en l’an 1000, il faisait bien plus chaud qu’aujourd’hui. Et à l’époque, l’homme ne produisait pas autant de CO2… »

Tous ces scientifiques entrent donc dans une logique de déculpabilisation de l’Homme qu’ils jugent accablé injustement de tous les maux afin que les pouvoirs publics ne regrettent pas d’avoir versé des milliards de dollars aux instituts de recherche chargées de prouver le réchauffement.

Quand la science souffle le chaud et le froid

A en croire les mouvements écologistes et la majorité des experts, c’est la provocation de trop. Mais environ dix pourcents des scientifiques persistent et signent : la terre refroidirait. Claude Allègre résume ainsi cette « imposture climatique » : « Je ne remets pas en cause le changement climatique actuel et je ne nie pas que la banquise fonde ou que les glaciers de montagne diminuent. Mais je ne crois pas à la thèse du réchauffement climatique qui n’est pas prouvée scientifiquement et ne repose que sur des prédictions infondées. Les faits me donnent d’ailleurs raison, puisque la planète s’est légèrement refroidie depuis dix ans ». Toujours selon lui, le GIEC a une part de responsabilité dans cette aporie : « Certains (scientifique du GIEC ndlr) estiment que nous sommes en train de traverser une période de refroidissement qui pourrait durer vingt ou trente ans. Et si vous lisez en détail les milles pages du dernier rapport du GIEC, vous constatez que les experts sont plutôt prudents. Mais à la fin, leurs conclusions sont toujours alarmistes et sans nuances. Et pour cause ! Ils ont reçu des milliards pour faire leur recherche. C’est un lobby de spécialistes météo du monde entier qui travaille dans un intérêt financier. (…) On mélange tout pour faire peur. »

Alors si la température globale baissait depuis environ 1998 après avoir augmenté tout au long des années 90, qui croire alors que nous avons tous les jours des preuves du thermomètre qui s’affole ? Dans la prochaine décennie, la terre se réchauffera-t-elle ou se refroidira-t-elle ?  En vertu des préceptes philosophiques que nous avons énoncés au début de notre analyse, le doute commence à gagner du terrain, au Japon, aux Etats-Unis et en Europe. Certains diagnostics sont toutefois unanimement partagés comme la nécessité de lutter contre la pollution des sols ou des eaux, mais le cœur du problème demeure.

A l’approche de cette rencontre internationale dans la cité danoise si déterminante pour les décennies futures, ce clivage persistant entre une minorité méprisée et une majorité d’experts trop sûrs d’eux n’est pas rassurante. Parce qu’à force de souffler le chaud et le froid, la communauté scientifique pourrait conduire les gouvernants à adopter des mesures bien tièdes.

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