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Réchauffement climatique : dernière ligne droite avant Cancun

Réchauffement climatique : dernière ligne droite avant Cancun
Antre de béton et symbole de cette Chine devenue reine du carbone, Tianjin accueille jusqu'à samedi trois mille délégués internationaux pour le dernier sommet climatique avant le grand rendez-vous de Cancun. A moins de deux mois de l'échéance mexicaine, la tension devrait monter de plusieurs crans

Coup d’envoi aujourd’hui de la dernière semaine de négociations avant le grand rendez-vous mexicain, qui se déroulera du 29 novembre au 10 décembre prochain. Les problèmes restent entiers.

Le triste souvenir de Copenhague est encore trop présent. Parce que trop récent, parce que trop révélateur de divergences d’opinions qui paraissent elles-mêmes trop difficiles à  toutes surmonter dans l’immédiat.

On l’a évoqué à de nombreuses reprises dans ces colonnes, l’échec de la conférence danoise a été si cinglant que la majorité des observateurs et des experts, dont l’ancien « Monsieur climat » de l’ONU Yvo de Boer et l’actuelle Secrétaire exécutive de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique Christiana Figueres, n’ont depuis cessé de marteler qu’il n’y aurait pas grand-chose à espérer de la rencontre internationale de Cancun. Mécanismes de financement de la lutte contre la hausse des températures dans les pays du Sud, transfert des technologies « vertes » dans ces mêmes États, organisation d’un front mondial de lutte contre le déboisement, le tout en tenant compte d’au moins quelques-unes des réclamations fermement émises par les pays en développement (PED) à Cochabamba (Bolivie) : les noeuds sont il est vrai à la fois nombreux et hautement complexes à démêler, et l’échec des rencontres de Bonn n’a fait que confirmer leurs doutes.

Un lieu symbolique

Leur tempérance contraste avec le vent d’optimisme qui avait soufflé sur la planète l’an passé à la même époque, quand l’opinion publique internationale croyait dur comme fer à la signature d’un accord digne de ce nom – c’est-à-dire contraignant – au Danemark. L’heure est aujourd’hui aux espoirs modérés et pudiques, à une forme de lucidité froide devant les prochaines échéances, au cours desquels il semble clair que l’ensemble des partis concernés devront s’asseoir sur quelques-unes de leurs exigences. « Beaucoup de gens se demandent comment les gouvernements vont surmonter leurs divergences et obtenir des progrès en 2020 », avalise Jennifer Morgan, membre du groupe écologiste World Resources Institute

Mettre de l’eau dans son vin pour aboutir à un texte « présentable » et doté d’une valeur juridique, en somme dépasser le bientôt obsolète – il expirera fin 2012 – protocole de Kyoto : c’est le défi considérable que va devoir relever la communauté internationale. S’il serait donc bien imprudent de croire que Cancun sera au réchauffement climatique ce que Montréal a été à la protection de la couche d’ozone, il y a toutefois quelque raison de croire que ce sommet aussi attendu que redouté débouchera sur des avancées et sur l’émergence d’un nouvel état d’esprit. S’il est par ailleurs une chose qu’il faut laisser aux décideurs, c’est bien la multiplication des rendez-vous pour optimiser les chances de succès, fut-il relatif.

Pour l’avant-dernière fois de l’année, ils abordent à compter d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de la semaine la bouillante question climatique. L’ultime répétition générale avant la conférence mexicaine se tient à Tianjin, en Chine, où vont se réunir quelque trois mille délégués du monde entier (gouvernements, centres de recherches, groupe industriels et ONG). La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre (GES) de la planète, qui n’avait encore jamais accueilli pareille manifestation. Même  si elle ne fixera pas l’ordre du jour le symbole est fort et fera de l’Empire du Milieu l’une des grandes attractions de cette « climate week » qui, contrairement à la réunion des ministres de l’Environnement à Genève début septembre, figure sur le calendrier de l’ONU.

« Créer une atmosphère de confiance »

Le terrain a beau être jonché de mines, certains spécialistes ne désespèrent pas  qu’elle définisse les contours d’une concorde internationale. « Nous espérons que Tianjin permettra de jeter les bases pour Cancun, de créer une atmosphère de confiance », corroborait la semaine dernière Jake Schmidt, membre du National ressources Defense Council (NRDC).

Les tractations de ces derniers mois ont néanmoins traduit la méfiance des pays du Sud, qui ne cessent de montrer les crocs sur toutes les questions environnementales sensibles, comme en a récemment témoigné le report sine die de la création du « GIEC de la biodiversité », alors même que tout paraissait réglé. Sur le plan climatique les États méridionaux estiment que leurs intérêts ont jusque là été négligés et n’ont pas fait mystère de leur intention de vendre chèrement leur peau.

Quitte à faire capoter tout le processus ? De l’autre côté de l’Équateur les pays riches sont-ils disposés à lâcher du lest, en particulier les États-Unis, littéralement tétanisés à Copenhague et qui n’ont semblé avoir pris conscience de l’importance des enjeux qu’il y a quelques mois à peine ? Premier pollueur de la planète la Chine continuera-t-elle d’indexer la réduction de ses rejets carbone sur sa faramineuse croissance ?

Le rassemblement de Tianjin n’apportera aucune réponse définitive à ces interrogations capitales mais pourrait être un bon révélateur de l’état d’esprit de tous ceux qui ont le poids diplomatique suffisant pour faire pencher la balance. « Vous pouvez rester au point mort ou avancer. Le temps du choix est venu », a du reste déclaré Mme Figueres, pour qui « un résultat concret et nécessaire est urgent ».

Il faudra sans doute se montrer conciliant avec Pékin, qui a fait montre de toute sa puissance l’an passé et réclame des pays occidentaux des engagements plus ambitieux en matière d’aide économique, logistique et technologique aux PED et une réduction plus importante de leurs émissions. Des revendications élevées et qui pour être satisfaites devront sans doute aussi passer par des objectifs chiffrés plus ambitieux. À moins que la Chine ne trouve en une Inde toujours récalcitrante et en des États-Unis qui le redeviendraient – signalons en outre que le Parlement n’a toujours pas validé les objectifs de réduction des rejets de CO2 définis par la Maison Blanche – deux alliés à même de l’aider à s’en tirer à meilleur compte.

Une chose est sûre : l’Union Européenne (UE), de loin la plus déterminée jusque là, devra non seulement accorder ses violons mais aussi compter sur la dissipation des réticences de ce trio pour voir ses vues triompher. Quoique la vérité d’un jour n’est pas forcément celle du lendemain la semaine qui débute devrait lui permettre de se faire une idée plus précise de ses intentions. Et d’en savoir davantage sur la volonté de chacun de « faire preuve de flexibilité et d’un esprit de compromis » appelée de ses voeux par Mme Figueres.

Crédit photo : Flickr - Kilroy238
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  • hyper ecolo

    En effet, c’est un premier pas de la Chine… Il lui reste encore, comme les États-Unis, l’Inde et dans une moindre mesure la France, d’énormes efforts à fournir. Disons qu’elle n’est plus la pire élève…

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