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Quand les pneus usagés bénéficient d’un traitement de faveur

Quand les pneus usagés bénéficient d'un traitement de faveur
Lorsqu'ils sont brûlés, les pneus dégagent des émanations toxiques qui sont notamment liées aux additifs censés rendre le caoutchouc plus rigide

En ce dernier trimestre 2010, les constructeurs automobiles ont décidé de donner un coup de pouce à la collecte des pneus usagés. Un premier accord scellé en mai dernier entre le ministère de l’Ecologie et Aliapur, éco-organisme spécialisé dans la valorisation des pneus usagés, avait déjà prévu de mettre en place un dispositif d’urgence pour fin août. Le point d’étape effectué en septembre a mis en évidence la nécessité d’intensifier l’effort de collecte.

Fin août, 11 000 tonnes de pneumatiques usagés – le quota avait été fixé à 10 000 tonnes –  avaient déjà été prises en charge, soit l’équivalent de 19 millions de pneus. Aliapur, qui n’est pas le seul organisme habilité à traiter les pneus usagés, a alors mis son holà, las de ramasser les pots cassés. « L’avance sur la collecte 2011 de 10.000 tonnes représente pour l’entreprise un effort financier de plus de 2 millions d’euros », a tenu à rappeler l’organisme. Et d’ajouter : « Aliapur n’a pas la capacité financière ni même vocation à collecter et à recycler gratuitement tous les pneus usagés, notamment les pneus excédentaires. Quel garage accepterait de réparer un véhicule sans être payé ? ».

Comme l’a rappelé l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), les pneus sont composés de mélanges de caoutchoucs, d’acier et de textiles divers. S’ils ne sont pas à proprement parler dangereux ils constituent toutefois un danger pour l’environnement et la santé en cas d’incendie sur le site de stockage ou le dépôt sauvage. Le code de l’environnement précise que « les producteurs sont tenus de collecter ou de faire collecter, chaque année, à leurs frais, dans la limite des tonnages qu’ils ont eux-mêmes mis sur le marché national l’année précédente, les pneumatiques usagés ». Or la demande de prise en charge de 42 000 tonnes de pneus dont le recyclage n’a pas été préalablement financé par l’éco-contribution a été à l’origine d’une crise de la collecte.

Tous les acteurs de la filière se mobilisent

Les constructeurs ont donc décidé de mettre la main à la patte et se sont engagés à ramasser 20 000 tonnes de pneus par tranches successives de 5 000 tonnes d’ici la fin de l’année. La première étape de ce nouveau plan d’urgence sera lancée ce dimanche. Les constructeurs lanceront alors un appel d’offre auprès d’opérateurs agréés pour ramasser et valoriser les 5 000 premières tonnes.

Aliapur n’est pas en reste puisque l’entreprise a proposé de consentir à un effort de collecte de 5 000 tonnes en octobre, en anticipation du tonnage prévu pour les deux derniers mois de l’année.

Dans le cadre de la loi « Grenelle 2 », le gouvernement a quant à lui mis en place des mesures destinées à sanctionner les détenteurs de pneus qui ne respecteraient pas la réglementation ou qui s’approvisionneraient soit chez des importateurs, soit auprès de stations de montage qui ne contribuent pas à la filière. La loi ENE (Engagement National pour l’Environnement) prévoit l’instauration d’une TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) à compter du 1er janvier 2011 pour les producteurs ne respectant pas leurs obligations. Il est en outre prévu de revoir le décret datant de décembre 2002 qui définit les dispositions d’élimination des pneus usagés.

La collecte des pneus en France passe donc par une mise en commun des moyens des différents acteurs de la filière et du gouvernement. Il est clair qu’une telle prise de conscience dans d’autres secteurs pourrait faciliter considérablement la valorisation de quantité d’autres déchets.

Crédit photo : flickR - blmurch
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