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Présidentielles 2012 : porte-parole d’Eva Joly, l’eurodéputé EELV Yannick Jadot claque la porte

Présidentielles 2012 : porte-parole d'Eva Joly, l'eurodéputé EELV Yannick Jadot claque la porte
En désaccord avec la nouvelle ligne politique de la candidate EELV, l'eurodéputé Yannick Jadot a démissionné ce matin de son poste de porte-parole d'Eva Joly

Le coup a été rude mais, conformément aux allégations de son entourage, et bien que Corinne Lepage ait jugé sa position « intenable », Eva Joly a indiqué hier qu’elle continuera l’aventure présidentielle. Il est cependant avéré que sa stratégie ne fait pas l’unanimité dans son propre camp…

Très offensive à l’égard de François Hollande avant la signature de l’accord PS-EELV le 15 novembre dernier, intraitable sur les questions de l’EPR (European Pressurized Reactor) de Flamanville (Manche) et du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), l’ancienne juge d’instruction s’est néanmoins heurtée à un mur rose. Rappelons en effet, nonobstant l’étrange « affaire » du combustible MOX qui a alimenté la chronique et les spéculations tout au long de la semaine passée, que le texte validé par le Bureau national du Parti socialiste et par le Conseil fédéral d’EELV exclut ces deux projets.

« Sur le nucléaire, (les écologistes) ont tout perdu », nous a confié Mme Lepage avant-hier. Le différend qui oppose les deux partis sur le plan énergétique est il est vrai profond, alors même que les responsables d’EELV insistent depuis de longs mois sur la sortie du nucléaire, jugée indispensable au regard des enjeux et des risques environnementaux. Las ! Aussi fermes étaient-elles dans le discours, les troupes de la Secrétaire nationale Cécile Duflot n’ont finalement obtenu « qu’ »une réduction, certes importante, de la part de l’atome dans la production nationale, constatant à leurs dépens la toute-puissance du lobby nucléaire, un coup de fil de la direction d’Areva ayant suffi à faire plier les socialistes.

Dans une situation financière précaire, le parti écologiste a cependant besoin de circonscriptions pour assurer sa survie et n’avait de fait pas les moyens de dicter sa conduite au PS. Au grand dam de l’ex-magistrate, laquelle n’a pas pris part au vote du Conseil fédéral et s’est astreinte à un silence médiatique qui a fait douter certains analystes politiques de sa participation au prochain scrutin présidentiel.

« Je ne me tairai pas »

Elle en est sortie hier, accordant une interview à nos confrères du Monde et étant l’invitée hier du JT de 20 heures de France 2. Toujours autour de 5 % d’intentions de votes dans les sondages, la dame aux lunettes rouges n’a entre-temps rien perdu de sa pugnacité, qualifiant d’« archaïques » les positions des « amis de M. Hollande », accusés dans les colonnes du quotidien d’être les « marionnettes » de la filière nucléaire, et reconnaissant que l’accord précité – auquel elle dit ne pas être associée mais dont elle ne peut toutefois s’affranchir dans la mesure où elle tient sa légitimité du parti - « ne (la) fait pas rêver ». « Face à ces blocages, mon travail sera plus que jamais de convaincre les Français », a-t-elle estimé. Et d’ajouter : « (je suis) plus décidée que jamais à porter le mandat que j’ai reçu lors des primaires de mon parti. Je veux réussir le rendez-vous entre la France et l’écologie ». L’intervention d’Areva au sujet de la production du combustible MOX, elle, a scandalisé Mme Joly, pour qui « faire connaître un point de vue est une chose et s’immiscer dans la vie démocratique pour réécrire un paragraphe d’un accord est une autre ». « Ainsi donc, une entreprise puissante obtenait en l’espace de quelques heures ce qu’elle voulait […] ? Toute ma vie a été construite contre ça, j’ai passé ma vie à lutter contre l’influence des lobbies, quels qu’ils soient […] Que les commentateurs n’aient pas davantage été choqués en dit long sur l’accoutumance à ces moeurs délétères », a-t-elle asséné. La dame aux lunettes rouges n’est aucunement disposée à abjurer ses convictions et a enfin prévenu : « je vais parler de sortie du nucléaire et je crois que nous gagnerons cette bataille dans les urnes […] Je ne me tairai pas car je ne me suis pas une femme sous influence ».

À la pugnacité s’ajoutent donc une intransigeance et une volonté de mener campagne contre les socialistes – quand bien même elle a précisé ce matin qu’elle voterait M. Hollande au second tour - sur la question du nucléaire qui commencent néanmoins à faire des dégâts au sein de sa formation. Eurodéputé EELV et porte-parole de Mme Joly, qu’il a soutenu contre vents et marées jusqu’ici, Yannick Jadot vient en effet d’annoncer qu’il quittait son poste, se disant « en désaccord avec (cette) nouvelle ligne politique ». « Cela faisait plusieurs jours que la question se posait sur la ligne développée autour de la distance par rapport à l’accord avec le PS et le rapport avec les socialistes […] Je ne me sens pas à l’aise dans cette fonction et je voulais clarifier mon statut » en démissionnant, a-t-il confié au Figaro. « Qu’elle veuille marquer la différence entre les écologistes et le PS, c’est normal mais il faut faire la différence entre concurrents […] et adversaires. Mme Joly ne peut pas faire du Mélenchon, du sous-Mélenchon ou du super-Mélenchon », a-t-il poursuivi, dénonçant en filigranes son incapacité à (ou son refus de) se poser en rassembleuse des forces de gauche dans l’optique de battre Nicolas Sarkozy en 2012.

Le début d’une série de défections mortelles pour sa candidature ?

Crédits photos : flickr – greens_climate / EvaJoly2012
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  • Yohan

    Coup dur .

  • Laure B.

    Le prix à payer pour son engagement, le prix à payer pour son dogmatisme et son intransigeance aussi… Le vrai courage face à cet accord avec le PS qui ressemble plutôt à une reddition en rase campagne, serait pour Eva Joly de se retirer de la course à la présidentielle.
    Toute cette affaire montre une fois de plus les incohérences des écolos, incapables de choisir entre des convictions respectables, la nécessité de survivre en tant que parti politique indépendant et certaines ambitions de ses cadres…
    Cela étant, on sait que les Verts ne sont pas à une incohérence ni à un reniement près, il suffit de se rappeler le jeu des chaises musicales entre Mamère et Lipietz à une précédente élection présidentielle…

  • daniel d

    Je peux comprendre la décision de Y.Jadot, mais il convient tout de même de dire que “battre Nicolas Sarkozy en 2012″ constitue un programme politique que même les plus  ardents adversaires du Président de la République pourront trouver un peu léger…

  • Hippone

    Ce qui est surprenant, en france, pour moi qui voie ca de loin c’est que le débat semble cantonné à un nain de jardin qui se prend pour Napoléon et un éléphant !

    Mme Joly a du recevoir la garantie d’un poste pour qu’elle la mette en veilleuse sur certains points ! Les français n’ont pas encore compris qu’il n’y a pas de solutions avec un politique issu du sérail !

    Tous dehors comme en Islande ou vote blanc, reprenez possession de votre futur et de votre avenir ! Ne laissez pas des nabots, issus du sytème du “baronnat” décider pour vous, car eux en contre pari de leurs élections doivent continuer la ligne du parti-”pris” sous l’emprise du, des lobbiyngs…