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Présidentielles 2012 : Nicolas Hulot briguera l’Elysée

Présidentielles 2012 : Nicolas Hulot briguera l'Elysée
Nicolas Hulot a mis un terme à plusieurs mois de spéculations tout à l'heure en se déclarant candidat aux élections présidentielles de 2012. Sans toutefois aborder la question des élections primaires d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV)

Il n’y avait plus vraiment de suspense depuis plusieurs semaines et conformément à ce qui avait été annoncé le père du Pacte écologique s’est officiellement déclaré candidat aux élections présidentielles de 2012 tout à l’heure. Sans évoquer les élections primaires d’Europe Écologie-Les Verts (EELV)…

L’annonce faite à Sevran (Seine-Saint-Denis) marque un tournant dans l’existence de l’animateur, qui va devoir lâcher pour plusieurs mois au moins les rênes de sa Fondation (NDLR : rebaptisée « Fondation pour la Nature et l’Homme »), lesquels pourraient être transmis vendredi à son vieil ami Jean-Paul Besset, et son émission Ushuaïa. Déjà fortement pressenti pour briguer la magistrature suprême en 2007, il avait renoncé in extremis, faisant confiance aux politiques pour qu’ils respectent leurs engagements écologiques. La tournure des opérations post-Grenelle et en particulier le report sine die de la contribution carbone en mars 2010, assimilé à un camouflet qu’il n’a manifestement pas digéré, ont néanmoins fait resurgir les velléités politiques de « Sain Nicolas », dont Jacques Chirac avait souhaité dans la foulée de sa réélection qu’il devienne son ministre de l’Écologie.

Longtemps catalogué homme de droite, bien qu’il ait toujours mis un point d’honneur à ne pas afficher ses préférences, le présentateur avait assisté à la naissance officielle à Lyon (Rhône) en novembre dernier d’EELV, coalition vert-orange qui s’est plutôt bien comportée lors du dernier scrutin cantonal et dans laquelle il a obtenu de nombreux soutiens. L’écolo préféré des Français ne fait cependant pas, très loin s’en faut, l’unanimité auprès des militants, dont certains lui reprochent d’avoir tardivement pris clairement position contre Nicolas Sarkozy et ne lui ont pas pardonné ses tergiversations quand a contrario Eva Joly , qui l’a enjoint à plusieurs reprises à presser le pas, ne faisait aucun mystère de ses intentions.

Il s’est aussi trouvé un nouveau détracteur en la personne de Stéphane Lhomme, président de l’Observatoire du nucléaire qui a annoncé vouloir se présenter aux élections primaires d’EELV dans le seul but de nuire à celui qu’il a surnommé le « candidat des multinationales ».

« Il a du potentiel »

Car les connivences de monsieur Hulot avec certaines grandes entreprises critiquées par un nombre non négligeable d’environnementalistes pour le caractère polluant de leurs activités en indisposent plus d’un à gauche de l’échiquier politique, tout comme le manque de lisibilité de son positionnement sur bien des sujets de société essentiels et sa propension pour le coup incontestable à faire monter les enchères. Du coup une question à laquelle il a pris soin de ne pas répondre dans ce « 9-3 » si riche en symboles, fidèle à sa réputation d’éternel indécis, revient avec insistance depuis quelques jours : très contrarié par la décision du Conseil fédéral d’organiser les primaires en juin , « Nico » se mesurera-t-il à Eva Joly, qu’il l’a qualifié de « machine médiatique comparé à (elle) » et sachant que d’après le très influent numéro deux d’EELV (par ailleurs partisan déclaré de l’ex-magistrate) « les cadres du parti sont plutôt du côté (de cette dernière) en ce moment » ?

« EELV n’a aucun intérêt à partir avec Nicolas Hulot, qui est uniquement une icône télévisuelle, au même titre que Mimie Mathy ou Johnny Halliday [...] Le parti risque de se discréditer pour finalement pas grand-chose à l’arrivée », estime pour sa part un M. Lhomme décidément remonté comme une pendule. Tout aussi circonspect, l’eurodéputé d’EELV Yannick Jadot considère de son côté que « pour lui tout est à démontrer ». « L’écologie politique, ce n’est pas l’écologie associative : on est obligés de couvrir tous les champs de la société, et tant qu’il n’aura pas fait un certain nombre de clarifications, il aura une image un peu brouillée », a par ailleurs déclaré le parlementaire à nos confrères de Terra Eco.

D’une manière générale, la capacité d’adaptation de l’animateur fait s’interroger bien des responsables politiques et le moins que l’on puisse écrire est que sa décision n’est pas du goût de tout le monde. Reste que tous ou presque s’accordent à dire que Nicolas Hulot part avec un capital sympathie important et donc avec une force de nuisance a priori non négligeable. « Il est incontestablement écolo et il dispose d’une notoriété très importante, bien supérieure à la mienne ou à celle d’Eva Joly. Il a donc du potentiel », a renchéri le député EELV de Paris Yves Cochet, qui s’était très tôt dit prêt à renoncer à ses objectifs personnels en cas de candidature de l’animateur.

À gauche ou au centre ?

Un sacrifice qu’il ne sera pas obligé de faire si ce dernier décide finalement de se présenter sous une autre étiquette ou en candidat libre, hypothèse déjà évoquée dans ces colonnes et d’autant plus plausible que Nicolas Hulot ne l’a toujours pas formellement écartée. La participation probable du désormais ex-UMP Jean-Louis Borloo à la course présidentielle pourrait néanmoins absorber une partie du souffle qu’il pourrait vouloir trouver au centre. Interrogé sur sa position au sujet du nucléaire par Terra Eco il y a quelques jours, le père du Pacte écologique a jugé « incontournable » la sortie de l’énergie atomique, sans toutefois fixer d’échéance : « c’est quelque chose qui se modélise et ça ne se fait pas n’importe quand ». « Il y a beaucoup plus de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous éloignent », a également déclaré celui qui pense pouvoir « participer à la transition écologique » quant à sa participation toujours incertaine aux primaires d’EELV. En quête de soutiens auprès de cette formation aujourd’hui loin de faire bloc derrière lui, il plaide pour un dépassement du « clanisme idéologique », c’est-à-dire pour un scrutin ouvert. « Il est le bienvenu », a répété tout à l’heure M. Placé, qui attend tout de même de lui qu’il « éclaircisse son projet », condition vraisemblablement sine qua non pour que le parti le déclare persona grata.

L’un paraît pressé, comme en a témoigné sa volonté de désigner son poulain ou sa poulaine avant les cousins socialistes, n’en déplaise à cet aventurier du bout du monde qui prônait une campagne courte et veut mettre « le capital de confiance qu’il a essayé de construire au seul service du changement », quand l’autre a eu maintes fois l’occasion de montrer qu’il aime prendre son temps. Peut-être pas en retard mais indéniablement pas en avance sur le plan politique, « Sain Nicolas » a explicitement épinglé la politique de la majorité mais pourrait in fine ne pas s’entendre avec EELV pour cause d’approche temporelle trop différente. Nous n’en sommes certes pas là et pour l’heure rien n’indique qu’ils ne soient pas en mesure de s’apprivoiser.

Si toutefois l’entente s’avérait impossible, il ne fait guère de doute qu’une candidature isolée de Nicolas Hulot ferait perdre des voix précieuses à l’opposition écologiste. De fait, il serait peut-être plus judicieux de lui ouvrir ses portes. Quitte ensuite à lui préférer une Eva Joly autrement plus réactive et explicite sur son projet…

Crédits photos : Wikimedia Commons – Olivier Tétard / N4Thaniel / Alvaro
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  • dk

    Je n’ai rien contre Nicolas Hulot qui a beaucoup oeuvré pour l’écologie par le biais de sa fondation et de son émission Ushuaia. Mais je doute fort qu’il ait le charisme d’un président de la république. Qu’en est-il de l’économie et des finances, des relations internationales, de la défense, j’en passe et des meilleures ?

  • daniel d

    Nicolas Hulot sait parfaitement qu’il n’a aucune chance réelle d’être élu. Sa candidature est davantage une candidature de témoignage qu’autre chose.

  • dk

    @ daniel d. Certes. Mais je ne suis pas sûre que ce soit bien ancré dans l’esprit des français.

  • daniel d

    Pas au point que plus de 50% d’entre eux votent pour lui, du moins si on en croit leurs intentions de vote (8%)