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Présidentielles 2012 : Eva Joly « prend de la hauteur » à l’issue de négociations houleuses avec le PS

Présidentielles 2012 : Eva Joly « prend de la hauteur » à l'issue de négociations houleuses avec le PS
Pour le moins discrète ces derniers jours, Eva Joly a annoncé un recul médiatique. Pas question toutefois d’abandonner la course à l’Elysée, assure Jean-Vincent Placé

La polémique sur l’accord entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) aura été telle que la candidate écologiste Eva Joly a décidé de prendre de la hauteur. Un recul qui en a surpris plus d’un alors que la dame aux lunettes rouges n’a pas obtenu des socialistes toutes les concessions espérées. Le différend sur le combustible MOX, lui, a été aplani par un communiqué commun hier après-midi.

« Je comprends que Mme Joly soit troublée et s’interroge. Elle a raison de prendre du champ pour se donner un délai de réflexion ». Lui-même candidat au scrutin présidentiel de 2002, le député-maire de Bègles Noël Mamère est bien placé pour savoir ce que traverse l’ancienne magistrate. Très discrète ces jours-ci, laissant entre autres l’eurodéputée Michèle Rivasi et le porte-parole du parti Pascal Durand monter au front, elle a même annulé le débat prévu jeudi soir avec Jean-François Copé (UMP) lors de l’émission Des paroles et des actes sur France 2.

De là à renoncer à la magistrature suprême, il y a un grand pas qu’elle n’aurait cependant pas franchi aux dires de Cécile Duflot et de Jean-Vincent Placé, qui ont tous deux passés le plus clair de la semaine à tenter de dissiper les troubles. « Elle est plus déterminée que jamais, elle ira jusqu’au bout », a ainsi assuré le sénateur écologiste ce matin sur le plateau d’I-Télé. « Elle recommencera à être sur le terrain dès le début de la semaine prochaine », a de son côté indiqué la Secrétaire nationale au micro de France Info. Et son directeur de campagne Sergio Coronado d’éclairer : « elle a décidé de prendre un peu de hauteur », ayant été « très choquée et troublée par le côté vaudevillesque des négociations » avec le PS.

La candidate humiliée ?

Le communiqué commun diffusé hier après-midi avait pourtant proclamé le consensus sur l’avenir de la filière MOX. Malgré les divergences de vue insurmontables sur les projets du réacteur EPR (European Pressurized Reactor) de Flamanville (Manche) et de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), le PS et EELV étaient auparavant parvenus non sans mal à un accord qui, depuis jeudi, a pris une bien curieuse tournure. La suppression d’un paragraphe sur l’arrêt du combustible MOX à la suite d’une intervention téléphonique d’Areva a d’abord suscité l’ire des écologistes, pour qui il s’agit d’une priorité. C’est finalement sur « un plan de reconversion » que les deux partis se sont entendus, celui-ci devant permettre de « maintenir le nombre d’emplois par la mise en œuvre d’un centre d’excellence du traitement des déchets et du démantèlement ». Le communiqué précise en outre que « les activités dans les filières concernées de retraitement et de production de combustible avec les emplois afférents seront maintenus dans les deux sites de production de La Hague (Manche) et Marcoule (Gard) ».

Ledit « plan de reconversion » s’appliquera progressivement, ce qui n’exclut pas l’abandon total de la filière dans les prochaines décennies, mais il est indéniable que sur ce dossier-là aussi EELV n’a pas été entièrement entendu. « Ca remet en cause la filière quand même », a néanmoins tempéré Jean-Pierre Bachmann, syndicaliste à la CFDT d’Areva. Un avis que ne partage pas Manuel Valls, nouveau directeur de la communication de François Hollande, qui pour la deuxième fois de la semaine a déclaré que le PS ne souhaite pas abandonner la filière MOX.

L’accord PS-EELV demeure donc plus que jamais incomplet, et dans ce contexte une candidature de Mme Joly « se justifie plus que jamais », estime M. Mamère. A condition bien sûr que l’ex-juge d’instruction fasse l’unanimité au sein du parti, ce qui ne serait pas le cas d’après notre confrère du Point Hervé Gattegno. Elle a « de quoi se sentir humiliée » au vu du résultat de l’ultimatum lancé à M. Hollande sur la sortie du nucléaire et doit selon lui faire « un coup d’Etat » au sein d’EELV. Pas sûr qu’elle suive le conseil…

Crédits photos : flickr – EvaJoly2012 / Wikimedia Commons – EvaJoly2012
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  • Laurebarrot

    Quelle bande de Tartuffe