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Présidentielles 2012 : Borloo jette l’éponge

Présidentielles 2012 : Borloo jette l'éponge
Fortement pressenti pour se mesurer à Nicolas Sarkozy et consorts, Jean-Louis Borloo a finalement renoncé à participer à la course à l'Elysée. Une bonne nouvelle pour le président sortant...

Insaisissable Jean-Louis Borloo qui, près d’un an après avoir claqué la porte de la majorité, dans le sillage de la reconduction de François Fillon à Matignon, a in fine officiellement tiré un trait hier sur ses ambitions élyséennes.

C’est l’histoire d’un ancien ministre de l’Écologie qui rêvait de devenir le chef du gouvernement. Accessible, affable, fédérateur, « social », il estimait avoir les qualités requises pour succéder à M. Fillon, dont il est de notoriété publique qu’il a eu maille à partir avec lui à de nombreuses reprises. Il en rêvait, Nicolas Sarkozy ne l’a pas fait, préférant au bout du compte poursuivre l’aventure avec ce Premier ministre qu’il a un jour publiquement assimilé à un simple « collaborateur ».

Le remaniement ministériel s’est traduit par une « RPRisation » des troupes dont l’avenir nous dira si le chef de l’État, donné perdant dans tous les sondages face au représentant du Parti socialiste, la paiera au prix fort. Après la pathétique descente aux Enfers de « DSK », le renoncement de M. Borloo est en tout cas une deuxième (très) bonne nouvelle en moins de cinq mois pour l’Élysée, qui redoutait énormément les velléités présidentielles du co-fondateur de l’obscure ARES (Alliance républicaine, écologiste et sociale), lequel risquait au même titre que l’ancien président du FMI de « mordre » sur la gauche de l’électorat sarkozyste.

Le prédécesseur de Nathalie Kosciusko-Morizet à l’Hôtel de Roquelaure n’avait jusque là eu de cesse de prendre ses distances avec l’action gouvernementale, quitte à admonester ses anciens collègues par voie de presse, et de se dire heureux d’avoir recouvré sa liberté. L’hypothèse d’une participation au prochain scrutin présidentiel apparaissait de facto fort sérieuse, d’autant qu’indépendamment de la volte-face de l’ancien maire de Valenciennes (Nord) les candidatures d’Hervé Morin et de François Bayrou, tout en traduisant un morcellement des centres historique, ne sont toujours pas acquises. Elle ne faisait cependant pas l’unanimité dans son camp et les études d’opinion n’accordaient à M. Borloo « que » de 6 à 7 % des suffrages. Insuffisant pour revendiquer l’officieux statut de troisième homme.

« Les temps sont suffisamment troublés pour ne pas ajouter à la confusion », a justifié l’ex-ministre de l’Écologie hier soir sur TF1 – alors même qu’il confiait il y a quelques jours à peine avoir déjà les parrainages et disposer des locaux ainsi que des fonds nécessaires en vue d’une participation à la prochaine course à l’Élysée. Craignant un « 21 avril à l’envers », en d’autres termes que la dégradation de la conjoncture économique et la multiplication des affaires ne fassent le jeu des extrêmes, il a par ailleurs estimé qu’« à cette heure-ci, la dynamique des centres n’est pas suffisante pour porter une candidature, non pas de témoignage mais pour être présent au second tour de la présidentielle ».

« Sur le fond, rien ne change»

Une analyse dont on ignore si Rama Yade, qui a rappelé que « le Parti radical s’était prononcé en avril lors d’un congrès pour une candidature à la présidentielle » et avait récemment indiqué sur le plateau du Grand Journal de Canal + que M. Borloo aspirait à aller au bout, y souscrit. Se disant « triste » mais « compréhensive », l’ex-secrétaire d’État aux Sports a également considéré que, « sur le fond, rien ne change » : « le combat continue pour l’émergence d’une force progressiste qui porte un projet différent de celui de l’UMP ».

Ce renoncement à un projet sur lequel M. Borloo a confessé avoir travaillé depuis neuf mois fait-il suite à des tractations avec M. Sarkozy ? Désireux de rassurer ses amis, l’intéressé a juré n’avoir « rien demandé, rien négocié et surtout rien abandonné de (ses) convictions ». Il ne sera quoi qu’il en soit pas dit que celui qui a porté le Grenelle de l’environnement pendant deux ans et demi, parfois à bout de bras, aura été l’un des artisans de l’éventuelle défaite du président sortant.

Reste maintenant à savoir quel parti il va soutenir. De même, on ignore encore ce que feront M. Morin, qui malgré des sondages en berne n’a quant à lui pas (encore ?) lâché prise, et Nicolas Hulot, battu par Eva Joly lors du second tour des élections primaires d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) et dont il n’était pas incongru de penser que, vu la tournure des événements avec le parti vert-orange, il pouvait finalement être tenté d’intégrer le giron du centriste. Le père du Pacte écologique prendra-t-il le contrepied des observateurs en rejoignant l’organigramme de la dame aux lunettes rouges ? Se présentera-t-il en candidat libre ?

C’est peu de dire que, de son côté, M. Borloo a tout fait pour rassembler les différents courants du centre. Malgré un contexte politique a priori favorable à l’intronisation d’un candidat du « milieu », entre basculement du Sénat, impopularité chronique du chef de l’État et mutisme de Dominique de Villepin (NDLR : l’ancien Premier ministre a indiqué il y a quelques jours qu’il se prononcera sur sa candidature aux élections présidentielles début 2012), les inimitiés – notoires – au sein de cette famille dénucléarisée ont cependant anéanti ses efforts.

Les éco-citoyens de droite et autres déçus du sarkozysme pourraient désormais se raccrocher à une éventuelle candidature de Corinne Lepage. Si elle entretient le doute sur ses intentions, le fait est que l’eurodéputée et présidente de Cap21 n’a jamais disposé d’autant d’espace. M. Borloo, lui, a assuré qu’il allait « continuer à (se) battre pour accélérer la recomposition du paysage politique français ».

Il n’est pas inutile de préciser que cette ambition, dans son esprit, n’est pas forcément incompatible avec Matignon.

Crédits photos : Wikimedia Commons - Peter17 / flickr – BuzzParadise
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  • gaga

    C’est bien triste…

  • polo

    Au moins, il sera toujours autant voir plus impliqué dans le développement durable