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Pourquoi Nicolas Hulot peut être candidat en 2012

Pourquoi Nicolas Hulot peut être candidat en 2012

L’animateur a le vent en poupe et pourrait in fine se persuader de porter en personne la cause qu’il défend.

Nicolas Hulot continue certes de faire durer le suspense mais il n’a jamais autant été question de sa participation au prochain scrutin présidentiel. Son entrée fracassante dans le « who’s who » politique de Paris Match, directement à la première place avec 82 % d’avis favorables, soit cinq points de plus que le préjugé indétrônable Dominique Strauss-Kahn, en ferait cogiter plus d’un. Le présentateur d’Ushuaïa, qui a construit sa popularité loin des carcans idéologiques et n’a donc jamais affiché son hypothétique préférence pour l’un ou l’autre camp, est à cet égard un homme à peu près comme les autres : son statut de chouchou « vert » de nos concitoyens a un impact sur sa réflexion politique.

Pour l’heure, il en est encore à peser le pour et le contre, ainsi qu’il l’a reconnu jeudi matin lors d’une interview accordée à nos confrères d’Europe 1. « Avant de répondre, on regarde, on écoute, on dialogue, on rencontre. Et en temps utiles, mais sûrement pas dans les jours qui viennent, on prendra une décision [...] Ça n’est pas une décision qu’on prend comme ça », a déclaré le père du Pacte écologique, charte qu’il pourrait estimer piétinée par la majorité, ainsi qu’en a témoigné en mars dernier son départ temporaire mais fracassant des négociations du Grenelle à la suite de l’ajournement de la contribution carbone.

Fort de ce constat douloureux, est-il en train de se dire qu’entre ce crève-coeur-ci, les autres reculs de la majorité – notamment sur l’éco-étiquette et l’éco-taxe sur les poids lourds, sans parler du coup de rabot sur les niches fiscales vertes, de la perte d’attrait du bonus-malus écologique et des coups de frein à l’essor de l’énergie photovoltaïqueet la rétrogradation du ministère de l’Écologie dans la hiérarchie il serait plus judicieux qu’il aille au charbon ? Auquel cas que deviendrait la Fondation, dont le fonctionnement est incompatible avec le financement d’une campagne politique ? Confierait-il les commandes à un fidèle ? S’arrangerait-il pour jouer sur deux tableaux ? L’incertitude demeure sur ce point. En revanche on vient peut-être d’en savoir un peu plus – enfin ! – au sujet de sa position sur l’échiquier politique.

Rencontre avec Eva Joly

Sa présence le mois dernier à Lyon (Rhône) au mariage d’Europe Écologie et des Verts en a pris beaucoup de court. Quand bien même il avait effectué le déplacement dans la capitale des Gaules en tant que témoin, au sens premier du terme, il y a deux interprétations possibles : s’est-il agi d’un aveu de préférence ou Nicolas Hulot demeure-t-il, envers et contre tout un alterdogmatique convaincu qui ne fait qu’apprécier tout ce qui ressemble de près ou de loin à une percée des thématiques environnementales dans la sphère politique ?

On pencherait aujourd’hui pour la première proposition, même si son ami Jean-Paul Besset, pressenti pour co-diriger le nouveau parti avec Cécile Duflot, a fait sensation en claquant la porte du nouveau parti. « Règlements de compte, délices du déchirement, obsessions purificatrices et procès en sorcellerie saturent à nouveau l’espace, au point de rendre l’air interne irrespirable et le travail politique secondaire », a-t-il notamment asséné dans une lettre aux militants. Des allégations corroborées par Daniel Cohn-Bendit, lequel avait dans le sillage de la démission de M. Besset déclaré que « (ses mots) reflètent la réalité au sein du mouvement » et que « le congrès de Lyon n’était qu’un écran de fumée ». Le témoignage de « Dany » fait s’interroger sur les aptitudes réelles de l’opposition écologiste française à surmonter les querelles d’égos, en plus d’avoir un caractère pour le moins dissuasif. Manifestement délétère, l’ambiance pourrait néanmoins évoluer si une personnalité consensuelle pilote le vaisseau. Eva Joly tient actuellement la corde mais sa cote de popularité est sans commune mesure avec celle de Nicolas Hulot. Tous deux ont partagé un dîner ce week-end. Reste à savoir ce qu’ils se sont dits.

« Sain Nicolas » rejoindra-t-il prochainement l’armada verte ? Auquel cas l’ancienne magistrate serait-elle disposée à lui céder la place, en d’autres termes à renoncer à ses ambitions personnelles pour ce qu’elle penserait être l’intérêt du parti ?

« On a participé à créer les conditions psychologiques pour débuter la mutation de notre société. L’écologie est sortie de son ghetto », a estimé jeudi l’animateur. Elle pourrait toutefois ne pas avoir à ses yeux l’importance qu’elle mérite dans la réflexion des décideurs. Dès lors, quoi de plus efficace pour bouger les consciences tout juste éveillées que de franchir le Rubicon ?

« Le Grenelle de l’environnement se vide de sa substance. Sarkozy a déçu Hulot. Le grand ministère de l’Écologie a fondu avec le retour du RPR et l’abandon de la taxe carbone a constitué une cassure », a commenté ce matin notre confrère de France Inter Thomas Legrand dans son édito politique. Et de citer l’opposition frontale de Ségolène Royal à ladite taxe, qui l’aurait « achevé de convaincre qu’en politique il (faut) mieux faire les choses soi-même ».

Nonobstant l’issue des discussions avec Mme Joly, Nicolas Hulot ne se présentera aux élections présidentielles de 2012 « que » si Jean-Louis Borloo, qu’il apprécie et qui est lui aussi à même de fédérer, renonce à briguer l’Élysée, ce qui est tout sauf acquis. Surtout il lui faudra changer de vie, aller contre-nature, tenter le grand saut dans un univers impitoyable qu’il ne connaît pas et ne lui ressemble sans doute pas. « Ça le taraude », a confirmé M. Besset vendredi, mais effectivement ça ne se décide pas comme ça…

Crédits photos : Wikimedia Commons – Olivier Tétard / Marie-Lan Nguyen
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  • vaness

    Nicolas, Président !
    Oui mais lequel?! Hahaha

  • louis03

    On n’a jamais eu autant de candidats “écolo”…