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Portables usagers, ces rejetés qu’on ne recycle pas

Portables usagers, ces rejetés qu'on ne recycle pas
Toujours plus petits, à la pointe de la technologie les téléphones portables ne sont pas pour autant nombreux à être recyclés. Un impair que les opérateurs s'emploient toutefois à gommer

« J’en ai vu un mieux ». Chaque jour, des milliers de Français de tout âge et de tout milieu social achètent un nouveau téléphone portable, plus sophistiqué, quitte à racler leurs fonds de poches et sans forcément avoir perdu ou s’être fait voler le précédent. Mais parmi eux, combien s’émeuvent du sort de leur « ex » ?

Nombreux sont ceux qui choisissent de le confier à un proche dans le besoin – ce qui est tout à leur honneur – ou de le laisser dépérir chez eux, tout en envisageant la possibilité, pour l’une ou l’autre raison, de devoir à nouveau le solliciter. Il en est aussi, plus ingrats, qui oublient de lui rendre l’hommage pourtant mérité pour service rendu à l’usager et le jette sans état d’âme à la poubelle.

« Soixante millions de combinés appartenant à des utilisateurs français dorment dans les tiroirs »

D’après les Echos, « quelque soixante millions de combinés dorment (toutefois) dans nos tiroirs, et ce stock ne cesse de grossir sous le flux des vingt-deux millions d’achats annuels ». Des chiffres d’autant plus impressionnants que lesdits appareils sont très majoritairement en état de fonctionnement. Reste que leurs propriétaires n’entendent plus les utiliser, et que certains seraient bien contents de faire leur acquisition. C’est pourquoi des associations et depuis peu les opérateurs s’évertuent à convaincre nos concitoyens de laisser une chance aux néo-parias. Il était temps : en Grande-Bretagne en effet, « le marché de l’occasion a atteint sa maturité depuis trois ans » (NDLR : Le groupe Regenersis a notamment recyclé dix huit millions de portables (!) depuis sa création en 2002), dixit Ambroise de Sainte Foy, fondateur de Mobilorama.com, un site web aux possibilités d’expansion certaines et qui pourrait faire des émules.

Des centaines de modèles sont rachetés moyennant une somme comprise entre une dizaine et deux cents euros avant d’être proposés à l’internaute. La démarche peut parfois revêtir une dimension humanitaire – Fonebak propose ainsi de reverser les sommes collectées à des associations caritatives – mais elle est d’abord écologique et pourrait enfin, si d’aventure le marché devait véritablement décoller, amener ces brebis égarées que sont les téléphones portables sur le pré du recyclage.

Maigre butin

C’est que le décret de 2005 relatif aux DEEE (Déchets d’équipement électriques et électroniques), qui les avait pourtant identifiés comme des acteurs essentiels de la filière, n’a pas, en tout cas pas encore, eu les effets escomptés. « Le flux des petits appareils pâtit encore de taux de collecte [...] faibles et c’est encore pire pour les portables, qui stagnent à 5 % », a ainsi confirmé Dominique Mignon, directrice du développement d’Eco-systèmes, l’une des quatre entreprises agréée par la loi pour la collecte des DEEE.

La grande majorité des terminaux expirent donc dans les flammes des incinérateurs, alors même qu’une proportion importante sont soit réparables soit utilisables. Cette situation insane, l’association Surfrider Foundation entend bien contribuer à y mettre fin, elle qui a ajouté une corde à son arc en acceptant de faire partie des prestataires de Bouygues Telecom qui, fin janvier, a procédé à une collecte de vieux téléphones.

Valorisation

L’opérateur n’en est pas à son coup d’essai. Il faut dire que la machine est bien huilée : une fois le tri effectué et les substances toxiques écartés, seule une petite fraction des appareils hors d’usage ou trop archaïques rejoint les décharges. Les polymères sont incinérés pour produire de l’énergie, tandis que les métaux et les matières premières, eux, sont réutilisés.

Quant aux téléphones jugés aptes, ils voient leur mémoire vidée de toutes les données personnelles – un incontournable du processus qui rassurera ceux qui s’inquiéteraient d’une tournure bigbrotheresque des événements – et leur batterie remplacée si la perte de capacité excède les 70 %. Les « valorisateurs » peuvent aussi, parfois, décider de changer la coque du combiné.

Orange s’y met aussi

Orange ne pouvait décemment pas rester en reste et a lui aussi pris des mesures, certaines incitatives, par exemple en proposant des portables d’occasion issus de ses services après-vente à des prix attractifs (entre vingt-cinq et quatre-vingt quinze euros). L’entreprise de télécommunications s’est en outre attaquée à la fâcheuse tendance des consommateurs à renouveler leur appareil à intervalles trop rapprochés. Elle offre ainsi aux clients détenteurs de plus de deux cents points de fidélité la possibilité de renoncer à les exercer en échange de quarante euros. Quarante mille abonnés ont déjà souscris à ce « deal », et chacun y trouve son compte « puisque nous évitons la subvention d’un appareil neuf », décrypte Jean-Marie Culpin, directeur marketing.

Associé aux Ateliers du Bocage, le concurrent va enfin organiser une vaste opération de reprise des terminaux délaissés qui se tiendra les 22, 23 et 24 avril. Détail appréciable : elle concernera aussi les propriétaires de téléphones qui ont opté pour un autre opérateur.

Crédit photo : Flickr - Weelakeo
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