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Pollution : les grands débleuisseurs des mers

Pollution : les grands débleuisseurs des mers
Une des, très, nombreuses victimes animales des marées noires...

1999, lErika : Le naufrage de ce pétrolier battant pavillon maltais a récemment fait l’objet d’un procès en appel et reste dans toutes les mémoires. Construit en 1975 et affrété par Total-Fina-Elf malgré son mauvais état, il a sombré le 12 décembre au large de la Bretagne, alors qu’il transportait 37 000 tonnes de fuel lourd. Parti de Dunkerque, le tanker (qui a changé huit fois de nom depuis sa mise en service) devait rallier Livourne (Italie) lorsque le commandant signale une première avarie, le 11 décembre à quatorze heures. À quinze heures, il annonce que celle-ci est réglée. Dans la soirée, le commandant fait état de fissures sur le pont. Le lendemain, à huit heures du matin, le bâtiment se casse en deux et libère 10 000 tonnes de fioul. Quelques heures plus tard, sa partie arrière est remorquée pour être écartée de Belle-Île-en-Mer. Le plan Polmar, lui, est déclenché en fin d’après-midi. Le 13 décembre, à 16 heures, la partie arrière de l’Erika coule. Deux jours plus tard, trois nappes sont identifiées en surface. Le pompage est compromis par les mauvaises conditions météorologiques, qui s’aggravent avec la fameuse tempête du 26 décembre.

Désireuse de rassurer la population, la Ministre de l’Environnement de l’époque, Dominique Voynet, se refuse à parler de catastrophe écologique. Les faits ne tardent pas à lui donner tort : les côtes françaises, du Finistère à la Charente-Maritime, sont bientôt souillées sur 400 kilomètres. Quant au nombre d’oiseaux morts, il est estimé entre 150 000 et 300 000, soit de quinze à trente fois plus qu’après le naufrage de l’Amoco Cadiz.

La nature de la cargaison, elle, fait encore l’objet de doutes : d’après une analyse demandée par l’Association des Bénévoles d’Erika, il s’agirait non de barils fiouls lourd mais soit de boues de forage, soit de déchets de raffinerie classés parmi les déchets industriels spéciaux (DIS) dont le transport par voie maritime est illégal.

Contrôlé sept fois dans les ports d’escales depuis 1996, mais sans aucun contrôle des structures, l’Erika s’était néanmoins vu attribuer la note d’un sur cinq par la firme américaine McKenzie quelques semaines avant un naufrage dont le coût a été évalué à un milliard d’euros. Compte-tenu du fait que de nombreuses demandes d’organisations et d’associations ont été jugées irrecevables, il a sans doute été encore plus élevé.

Condamné à verser 192 millions d’euros de dommages et intérêts par le Tribunal correctionnel de Paris le 16 janvier 2008, le groupe Total s’est engagé à verser la somme exigée mais a fait appel de sa condamnation. Un second procès s’est ouvert le 5 octobre. Les débats se poursuivront jusqu’au 18 novembre.

2002, le Prestige : Moins de trois ans après le naufrage de l’Erika, les côtes françaises sont de nouveau confrontées à une catastrophe écologique majeure quand, le 19 novembre, le Prestige, un pétrolier battant pavillon bahamiens en transit entre la Lettonie et Gibraltar qui transporte 77 000 tonnes de fioul lourd, se brise en deux à 270 kilomètres des côtes de Galice. Six jours plus tôt, alors qu’il se trouvait au large du Cap Finisterre et que la tempête faisait rage, il avait lancé un premier appel de détresse avant de signaler une brèche de 50 mètres dans son flanc droit.

Les tentatives de remorquage exigées par le gouvernement espagnol n’ont pu aboutir et ont provoqué la propagation d’une partie importante de la cargaison (de 5 000 à 10 000 tonnes). La côte galicienne a été gravement touchée, et le fioul s’est répandu jusqu’au Portugal au sud et à la Bretagne au nord. La Vendée et l’Aquitaine ont aussi été touchées par cet accident, dont le coût a été estimé à un milliard d’euros par les autorités ibériques. Dans le cas du Prestige comme dans celui de l’Erika, les tankers transportaient un fioul lourd moins toxique à court terme que l’essence ou le gasoil, mais dangereux à long terme par la diffusion lente de ses composés, toxiques et cancérigènes, dans l’eau et les sédiments.

La gestion de l’après-accident par le gouvernement Aznar a, elle, fait l’objet d’une vive polémique. Le 1er décembre 2002, plus de 200 000 manifestants se sont réunis à Saint-Jacques de Compostelle pour dénoncer son choix d’éloigner le plus possible le bâtiment des côtes espagnoles plutôt que de le remorquer dans une zone abritée afin de permettre le transfert de sa cargaison.

Crédit photo : Flickr - marinephotobank

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