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Vives réactions après l’autorisation par Bruxelles de la culture d’une pomme de terre génétiquement modifiée

Vives réactions après l'autorisation par Bruxelles de la culture d'une pomme de terre génétiquement modifiée
L'avis favorable de l'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA) - soupçonnée d'être pro-OGM par les adversaires des denrées transgéniques - sur lequel s'est basée la Commission européenne pour autoriser la culture de la pomme de terre Amflora est à l'origine d'un véritable tollé

C’est une décision historique et surprenante qu’a pris la Commission européenne hier. Historique parce que l’autorisation de cultiver un organisme génétiquement modifié (OGM) sur le Vieux Continent est une première depuis… douze ans. Surprenante parce qu’elle intervient à un moment où l’hypothèse d’une unanimité scientifique sur la transgénétique a rarement paru aussi peu plausible.

L’Italie et l’Autriche, pays où les OGM sont persona non grata, n’ont pas tardé à faire part de leur incompréhension. Catégoriquement opposées au principe même d’une intervention humaine dans la génétique, les associations écologistes Greenpeace, Friends of the Earth et France Nature Environnement (FNE) sont également montées au créneau. Elles déplorent entre autres que les sous-produits d’Amflora, la pomme de terre génétiquement modifiée désormais approuvée, puissent comme l’a évoqué John Dalli être « utilisés pour l’alimentation animale » (NDLR : Le commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs a en outre été dans l’incapacité de garantir qu’Amflora ne se retrouve pas un jour dans la chaîne alimentaire).

Même son de cloche du côté des députés Verts européens, qui ont pointé « l’incapacité des commissaires à prendre en compte les points de vue clairement exprimés par un nombre important des États membres  [...] ainsi que par une large majorité des citoyens européens », du MoDem, du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et du Parti socialiste, lequel a demandé au gouvernement d’ « étendre le moratoire français sur le maïs MON810 aux autres OGM ». En attendant peut-être de souscrire aux desiderata de l’opposition, le Ministère français de l’Écologie a en tout cas indiqué qu’il allait saisir le Haut Conseil des biotechnologies (HCB).

Europabio, l’organisation des industriels des biotechnologies agricoles, s’est en revanche dite « encouragée par cette approche fondée sur la réglementation ». Mais l’assentiment de l’Union Européenne (UE) est surtout une excellente nouvelle pour BASF, qui l’attendait depuis plus de treize ans (!) C’est en effet une filiale du géant allemand de la chimie qui a développé le tubercule, lequel contient un gène marqueur de résistance aux antibiotiques kanamycine et néomycine. Or, comme l’ont rappelé nos confrères du Monde Hervé Kempf et Philippe Ricard, « la directive européenne sur les OGM 2001-18 prévoyait [...] « l’élimination » de tels marqueurs, pour éviter l’éventuelle émergence de bactéries résistantes ».

Se pose donc la question de la recevabilité scientifique de cette décision qui devrait aussi, toutefois, donner du baume au cœur des Américains de Monsanto, dont le maïs MON 810 a reçu l’agrément européen en 1998 mais qui attendent toujours son renouvellement (NDLR : la France mais aussi l’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, la Hongrie, le Luxembourg et la Pologne ayant interdit sa culture en raison des risques de contamination pour les cultures traditionnelles et biologiques).

Pas moins de dix-sept OGM sont actuellement en cours de procédure d’autorisation, et il ne fait guère de doute que d’éventuels nouveaux avals de l’UE susciteraient des controverses analogues.

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