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Sommet de Cancun : l’Inde se démène pour sortir de l’impasse

Sommet de Cancun : l'Inde se démène pour sortir de l'impasse
Intransigeante l'an passé à Copenhague, l'Inde a depuis lâché du lest et multiplie les efforts en vue d'une sortie de crise par la grande porte

Le « copenhaguisme » zélé du Japon s’oppose au « kyotoïsme » forcené du reste de la communauté internationale, assombrissant les perspectives de ce sommet de Cancun (Mexique) in fine bien lancé pour être ce « Copenhague bis » auquel, l’échéance approchant, les experts et l’opinion publique internationale ne croyaient plus. En l’état actuel des pourparlers les négociateurs brillent surtout par leur intransigeance, à l’exception notable des Indiens.

Il y a un an elles ne voulaient rien savoir. Arguant de la responsabilité historique des pays riches, elles refusaient d’être astreintes à la même « diète » qu’eux. Ils leur disaient, ainsi qu’à toutes celles des pays émergents, de consentir elles aussi de gros efforts pour réduire leurs rejets carbone et plus largement de réfléchir à un autre mode de développement, le leur s’étant fait au mépris du respect de l’environnement. Pas si simple à admettre pour une nation dont le PIB par habitant est encore très éloigné de celui des grandes puissances occidentales.

L’aveu de perfectibilité du capitalisme n’a d’abord pas convaincu, mais du temps est passé depuis et les autorités indiennes, après s’être résolues à signer le texte élaboré sur le fil du rasoir dans la capitale danoise, ont incontestablement pris du plomb vert dans la tête. Emmené sur la côte caribéenne par Jairam Ramesh, ministre de l’Environnement déterminé à ne pas suivre la mauvaise pente américaine et à instiller le développement durable dans chaque strate de la société, plus prosaïquement à le faire opter pour la « croissance verte », le deuxième pays le plus peuplé du monde n’endossera pas, quelle que soit l’issue du sommet de Cancun, la responsabilité d’un éventuel échec.

Des propositions pragmatiques

Il aura même tout fait pour obtenir un dénouement honorable. À croire qu’il fait partie des rares à avoir pris la mesure de la gravité des conclusions du dernier rapport annuel de l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) sur les perspectives énergétiques, selon laquelle le retard pris par la communauté internationale à Copenhague lui coûtera mille cent milliards de dollars (environ huit cents milliards d’euros) supplémentaires. Il ne fait en tout cas aucun doute que l’Inde ne veut pas – ou plus – occire la coopération internationale contre le changement climatique, comme en témoignent les portes de sortie qu’elle suggère depuis dix jours. Ce combat M. Ramesh et consorts souhaitent à présent qu’il soit désidéologisé,  ce que ni la Chine ni les États-Unis, opposants chroniques, n’arrivent pas encore à concevoir.

New Delhi s’est en effet prononcée, avant même que les délégations ne convergent vers la station balnéaire mexicaine, pour un nouveau cadre dans lequel les pays contribuant à 1 % ou plus des rejets mondiaux indiqueraient eux-mêmes, tous les trois ans et en toute indépendance, leurs résultats et leurs objectifs en matière de diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) à la CCNUCC (Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique). Celle-ci serait cantonnée à un examen et à une évaluation desdites données et n’aurait donc pas le pouvoir de sanctionner les pays situés en queue de peloton. Une alternative que d’aucuns trouveraient pusillanime mais qui, eu égard à la tournure que prend les débats, a le mérite du réalisme.

On l’a évoqué la semaine dernière, les autorités indiennes ont aussi des idées pour limiter les affres de la montée du thermomètre dans les pays pauvres et ont suggéré des projets concrets, ainsi la mise au point de nouveaux systèmes d’irrigation, la construction de digues dans l’optique d’une prémunition contre la montée des eaux ou encore le déplacement des récoltes menacées sinon déjà affectées par la sécheresse.

Des pistes pour l’heure éclipsées par l’antagonisme sino-américain et le différend qui oppose le Japon (rejoint par le Canada et la Russie) au reste de la communauté internationale, lesquels menacent de faire achopper les tractations pour la deuxième fois en un an, mais qui pourraient intéresser les décideurs d’ici vendredi, jour de clôture du sommet.

Washington et New Delhi main dans la main ?

M. Ramesh est en outre convaincu que l’Oncle Sam sera réceptif à la préconisation indienne d’un nouveau cadre d’autant plus attrayant qu’il « ne pénaliserait pas les pays pauvres s’ils ne respectaient pas leurs promesses ». Et le ministre d’ajouter que « cette proposition est faite pour mettre fin au blocage et a pour but de rallier les États-Unis au mouvement, parce que sans progrès fait en transparence (ils) ne monteront pas à bord ». L’ambassadeur américain chargé du climat Jonathan Pershing a quant à lui déclaré avant-hier à nos confrères que les deux pays ont vocation à s’accorder sur cette question capitale de la mesure, du rapport et de la vérification des émissions.

Un ticket indo-américain serait aux dires de M. Ramesh susceptible d’entraîner un effet domino, comprenez une entente globale sur la protection des forêts – hypothèse devenue beaucoup plus envisageable cette année – et sur le soutien financier aux pays pauvres. En plus d’isoler la Chine, qui aurait alors l’obligation morale de lâcher du lest pour montrer à son tour son attachement à la cause climatique.

Il faut cependant aussi composer avec le contexte politique outre-Atlantique, marqué par la défaite des démocrates lors des élections de mi-mandat du mois dernier et le rejet par le Parlement du projet de loi énergie-climat, laquelle prévoyait la mise en place d’un marché carbone « à l’européenne » qui aurait pu contribuer substantiellement à l’aide américaine aux pays du Sud.

A priori capables de s’entendre sur le fond, l’Inde et les États-Unis pourraient néanmoins manquer de temps pour sceller une entente « raz-de-marée » d’ici la fin des discussions à Cancun. Reste que l’un comme l’autre ont montré ces derniers jours qu’ils ont désormais une autre façon d’appréhender la question du réchauffement climatique, plus constructive, moins intraitable et qui pourrait ouvrir de nouveaux horizons.

Assurément trop timorée au regard des prédictions des scientifiques et de la progression des émissions mondiales de CO2 observée cette année, l’approche indienne est cependant caractérisée par une prudence capable de faire l’unanimité. Elle est aussi basée sur cette réalité largement éprouvée depuis l’année dernière : pour progresser sûrement dans la mise en place d’une stratégie mondiale de lutte contre l’augmentation des températures il faut y aller lentement.

Crédits photos : flickr – joiseyshowaa / McKay Savage - Wikimedia Commons – US State Department
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  • daniel d

    On n’en attendait pas moins de la patrie de Gandhi..

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