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Pour Jairam Ramesh, détruire la planète n’est pas une fatalité

Pour Jairam Ramesh, détruire la planète n'est pas une fatalité
Jairam Pradesh ne mâche pas ses mots. Il n'a pas hésité à fustiger le modèle américain, largement responsable selon lui de la situation environnementale actuelle

Le ministre de l’Environnement indien n’a pas la langue dans sa poche. Une langue qui n’est pas non plus de bois dès lors qu’il s’agit de parler d’écologie, un domaine qu’il n’entend pas laisser sacrifier sur l’autel du développement économique de son pays. M. Ramesh a ainsi mis en garde contre toute tentative d’adopter le modèle américain comme générateur de croissance.

Une américanisation en profondeur de la société indienne pourrait selon lui avoir des conséquences dramatiques sur l’avenir du pays. M. Ramesh considère en effet le mode de vie américain comme étant « le moins respectueux de l’environnement à l’heure actuelle ». Au risque de fâcher l’administration Obama, le ministre a affirmé que la planète payait aujourd’hui le prix d’un mode de développement irresponsable que la Chine et l’Inde sont par ailleurs en train d’adopter. M. Ramesh l’a martelé dans une interview accordée à nos confrères du Guardian : il ne veut pas d’un tel modèle pour son pays.

« C’est à nous de montrer le chemin…et de ne pas nous contenter de payer le prix de nos erreurs », a notamment déclaré celui qui est reconnu comme étant l’un des ministres de l’Environnement les plus virulents que l’Inde ait jamais connu. Un des plus actifs aussi. Il n’hésite par exemple pas à contrarier les plans de grands groupes industriels s’il juge qu’ils auront un impact négatif sur l’environnement. De même M. Ramesh s’est déjà distingué par des dénonciations répétées des mauvaises habitudes prises par la couche supérieure de la classe moyenne, laquelle n’a cessé de s’enrichir et serait selon ses dires pervertie par le modèle occidental. Dans un pays où le système de castes régit l’ordre public, posséder un SUV revêt une importance toute particulière. Un acte qualifié de « criminel » par M. Ramesh.

Un ministre trop entreprenant ?

Preuve que le ministre n’est toutefois pas hostile à toutes les formes de développement, il vient de donner son accord à la construction d’un deuxième aéroport à Mumbai, capitale économique du pays. En réalité, M. Ramesh se bat contre les partisans du laisser-faire, ceux pour qui la croissance règne en maîtresse au mépris de toute considération environnementale.

Sa vision des choses dérange donc ceux qui aimeraient que l’économie l’emporte sur l’écologie, et ses décisions soulèvent fréquemment la polémique au sein du gouvernement. Face aux critiques le ministre se pose en visionnaire et semble convaincu de la possibilité d’allier croissance et respect de l’environnement. Ses prises de position ne s’arrêtent par ailleurs pas à des déclarations provocantes. Elles se traduisent aussi dans les actes. Pas question par exemple de raser un pan entier de la forêt himalayenne pour y construire une centrale hydroélectrique qui alimenterait les vastes demeures énergivores situées en banlieue de New Delhi. Pas question non plus d’autoriser l’entreprise minière Vedanta ressources d’étendre sa raffinerie d’aluminium dans l’Etat d’Orissa. En outre, dans un pays où la religion est omniprésente, la société s’est également vue refuser le droit d’exploiter les collines sacrées de Niyamgiri.

Celui qui est aussi gouverneur de l’Etat de l’Andhra Pradesh pense qu’une grande partie de la population indienne est désormais sensible aux enjeux écologiques et qu’ils sont de plus en plus nombreux à être préoccupés par les enjeux de santé publique qui leur sont liés.

Sur la scène internationale, le ministre peut parfois être perçu comme un personnage encombrant. Il n’attend en effet rien d’un sommet comme celui de Cancún (Mexique), où il sera selon lui davantage question de tractations politiques que d’environnement. Pour autant, M. Ramesh ne prend pas systématiquement le contre-pied de toute décision prise à l’échelle internationale. Il justifie simplement son action par son intention de protéger au mieux les intérêts de son pays, en combinant croissance économique, respect des traditions et protection de l’environnement. Il ne faudrait cependant pas non plus que l’Inde se la joue trop « perso », alors même qu’elle vient de détrôner la Russie à la deuxième place du classement des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre (GES).

Crédit photo : wikimedia commons – domaine public / flickr - babasteve
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