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OGM : La France hostile au compromis de Bruxelles

OGM : La France hostile au compromis de Bruxelles
Bruxelles et la France continuent de s'opposer sur l'épineuse question des OGM

Visiblement lassée par les polémiques que suscitent chaque autorisation de cultures génétiquement modifiées depuis près de quinze ans la Commission européenne a tenté aujourd’hui un coup  sévèrement critiqué par les écologistes et une partie des États membres. Sordide marchandage à leurs yeux, la proposition de Bruxelles consiste à offrir aux Vingt-Sept la possibilité d’interdire les cultures d’organismes génétiquement modifiés (OGM) sans faire jouer la « clause de sauvegarde » (même si elles sont tolérées au niveau européen) en échange d’un arrêt du blocage des autorisations de mises en culture des multinationales.

C’est donc un gage inédit que la Commission se propose de donner aux Monsanto, BASF et consorts qui depuis des années ne peuvent prétendre à diffuser leurs denrées transgéniques sans déclencher une levée de boucliers des écologistes et des décideurs de certains États membres de l’Union Européenne (UE), dont la France. De l’avis du Commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs John Dalli il peut étant donné sa contrepartie permettre le déblocage d’une situation devenue intenable. À l’heure actuelle le maïs Monsanto 810 [qui ne fait toujours pas pour autant l'unanimité, est autorisé dans cinq pays européens mais interdit dans six autres depuis l'an dernier] et la pomme de terre Amflora (NDLR : Cette dernière a quant à elle été approuvée sans étude avérée sur son innocuité) sont en effet les deux seuls OGM persona grata sur le Vieux Continent, lequel ne cultivait l’an passé que quatre-vingt quatorze mille hectares de plantes transgéniques contre cent trente-quatre millions dans le reste du monde.

« Il s’agit de savoir où l’Europe a besoin de se situer dans l’avenir, tandis que l’innovation se montre partout autour de nous. La science doit nous montrer la voie à suivre », a-t-il confié à nos confrères du Monde, Bruxelles souhaitant pour sa part que ce compromis « conduise (les États réfractaires) à changer leur approche lors de l’examen des demandes d’autorisation de culture et de commercialisation ».

« Une offre vide et dangereuse »

Un voeu balayé… mi-juin par les propos très fermes de Jean-Louis Borloo, qui lors du Conseil de l’environnement qui s’était tenu au Luxembourg avait réclamé des demandes d’autorisations « musclées ». « On voit bien le piège de la proposition qui consiste à détendre tout le monde en laissant chacun faire ce qui lui plaît », avait-il ajouté. « Nous souhaitons que les décisions continuent d’être prises au niveau communautaire. Nous ne voulons pas d’une renationalisation de ces décisions [...] Tout ce qui va dans le sens de la renationalisation sur les questions agricoles va dans le mauvais sens. Tout ce qui va dans le sens de plus de solidarité, de plus de travail en commun, d’imagination, d’innovation et d’audace va dans le bon sens», vient de renchéri son homologue de l’Agriculture Bruno Le Maire, qui n’avait pas jusque là fait montre d’une telle intransigeance vis-à-vis des cultures transgéniques en donnant son accord fin mai la poursuite d’une étude sur l’implantation de vignes génétiquement modifiées dans le vignoble colmarien (Alsace).

Même désapprobation formelle du côté de l’association Les Amis de la Terre, défavorable par principe au recours à la génétique dans l’alimentation et qui a évoqué une offre « vide et dangereuse » susceptible de mettre « les gouvernements à la merci d’actions en justice. Paris a donc officiellement rallié une dizaine de ses partenaires, tous opposés au compromis de la Commission, ce qui laisse augurer d’un débat tué dans l’oeuf.

L’eurodéputé MoDem Jean-Luc Benhamias a pour sa part estimé que la Commission était « influencée par le lobbying de l’agro-industrie et des pays producteurs d’OGM nord ou sud-américains ».

Le débat sur les OGM suscite décidément bien des positions tranchées, tout du moins en Europe. Le moins que l’on puisse écrire est que le deal proposé par Bruxelles a quel que soit son futur d’ores et déjà échoué à faire retomber le soufflé. C’est même plutôt le contraire.

Crédit photo : Flickr – Zanastardust
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