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Nicolas Hulot plaide pour une sortie progressive de l’énergie nucléaire

Nicolas Hulot plaide pour une sortie progressive de l'énergie nucléaire
Nicolas Hulot a officiellement joint sa voix hier à celle des militants anti-nucléaires qui appellent entre autres à une fermeture de la centrale haut-rhinoise de Fessenheim

En déplacement hier à Strasbourg (Bas-Rhin), l’initiateur du Pacte écologique a montré qu’il a déjà revêtu son costume de candidat à la présidentielle.

Très tarissable sur les questions atomiques jusqu’à ces derniers jours, ce que le président de l’Observatoire du nucléaire Stéphane Lhomme n’a pas manqué de regretter dans sa diatribe contre ce « candidat des multinationales » dont il estime qu’il n’a « rien d’un écologiste », Nicolas Hulot a toutefois pris fait et cause hier contre l’énergie nucléaire. Il était en effet aux côtés des sept cents manifestants français et allemands (selon la police) qui se sont retrouvés à la mi-journée sur le pont de l’Europe, ouvrage qui relie la capitale alsacienne et Kehl (Allemagne). Là où le nuage de Tchernobyl s’est arrêté aux dires des autorités françaises de l’époque, a souligné « Sain Nicolas » non sans malice.

Officiellement candidat au prochain scrutin présidentiel depuis une dizaine de jours, le désormais ex-animateur d’Ushuaïa ne s’est pas exprimé publiquement et sa présence en Alsace n’a pas fait l’unanimité, ainsi qu’en ont témoigné les sifflets de certains adversaires du nucléaire. Il pourrait néanmoins avoir marqué des points auprès de certains militants d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), parti écologiste dont il est toujours question qu’il porte ses couleurs, bien que la décision de son Conseil fédéral d’organiser les primaires en juin prochain ait été interprétée par l’intéressé comme une manière de lui montrer qu’il n’est pas le bienvenu.

« Cessons de nous dire que l’on ne peut pas faire autrement »

La sortie progressive du nucléaire est devenue un « objectif prioritaire » aux yeux de Nicolas Hulot, pour qui l’accident de Fukushima a fait office de déclic. Il le reconnaît en ces termes : « je pense qu’avec Fukushima est tombé définitivement le mythe que le nucléaire est une énergie sans risque ». « Je faisais partie de ceux qui accordaient une certaine confiance aux arguments des ingénieurs pro-nucléaires. Leurs arguments s’émoussent aujourd’hui à l’épreuve des faits », a-t-il également indiqué dans un entretien accordé à nos confrères des Dernières Nouvelles d’Alsace. Et l’écolo préféré des Français de se dire à la fois « horrifié par ce qui se passe à Fukushima », « horrifié par le désarroi immense des acteurs politiques et scientifiques » et « convaincu que le nucléaire n’est pas une solution aux besoins énergétiques de la planète ». Au même titre que les Yves Cochet, Noël Mamère et autres Cécile Duflot, il prône donc la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), sur laquelle les tirs français, allemands et suisses se sont nettement intensifiés ces dernières semaines.

« Il y a d’autres scénarios possibles », estime Nicolas Hulot, qui appelle à un changement de mentalités, à « faire jaillir un mix énergétique digne de ce nom », à « orienter les investissements en termes de recherche et de développement des énergies renouvelables », à « favoriser l’efficacité énergétique » et à « (cesser de se dire) que l’on ne peut pas faire autrement ». Une manière d’égratigner l’intransigeance de Nicolas Sarkozy, lequel refuse d’entendre parler d’un affranchissement même progressif de la tutelle atomique et a manifesté à plusieurs reprises son hostilité au référendum sur les questions nucléaires que défendent les tauliers d’EELV.

« J’ai fait partie de ceux qui pensaient que dans un pays stable politiquement et économiquement le risque nucléaire n’était pas forcément un risque majeur. Eh bien je me suis trompé, parce qu’on m’a trompé », a enfin précisé le tout nouveau candidat au micro d’i-Télé, qui jure ne pas affûter ses convictions « à l’aune de ce que les militants écologistes ont envie d’entendre ». Un mea culpa clair et net mais sans doute trop tardif pour Eva Joly et ses partisans, qui se sont engagés depuis plus longtemps contre l’énergie atomique.

La majorité des militants pourrait toutefois ne pas lui tenir rigueur de son manque de réactivité. Et se dire que, tous comptes faits, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Alvaro / Olivier Tétard
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  • hyper ecolo

    Il a objectivement raison. Se précipiter n’est pas la solution, ne pas arrêter est criminel. Verdict : l’arrêt progressif est la seule solutioN…