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Europe Écologie – Les Verts : L’opposition écologiste unifiée

Europe Écologie – Les Verts : L'opposition écologiste unifiée
Daniel Cohn-Bendit sera, avec entre autres Cécile Duflot, José Bové et Eva Joly, l’un des ténors du nouveau parti « Europe Ecologie – Les Verts »

L’acte de naissance du nouveau mouvement Europe Écologie – Les Verts a officiellement été signé ce week-end à Lyon (Rhône). Il est fort probable, eu égard aux scores obtenus lors des derniers scrutins européen et régional, qu’il soit assez puissant pour directement influer sur les élections présidentielles de 2012.

À Paris ce samedi, les tauliers de la majorité, François Fillon en tête, franchissent les grilles de l’Élysée pour des discussions dont le contenu sera divulgué au compte-goutte. L’actuel Premier ministre, dont la cote de popularité est relativement stable – ce qui a des airs de tour de force étant donné la défiance que suscite la majorité dans son ensemble auprès de millions de nos concitoyens – s’attend sans doute déjà à être reconduit dans ses fonctions, ce qu’il sera officiellement, en deux temps, dans les heures qui viennent. Bientôt, les ambitions matignoniennes de Jean-Louis Borloo seront officiellement remises à plus tard. Son rêve calciné pour un temps indéterminé, l’ambitieux ministre de l’Écologie quittera-t-il le gouvernement ? Restera-t-il le pilote de cet avion « Grenelle » qui, de l’avis des associations et de la majorité de l’opinion publique, a perdu beaucoup d’altitude ces derniers mois ?

Pendant que les journalistes, qui glanent les informations petit à petit, se perdent en conjectures, à Lyon l’heure est à une opposition soudée. Non, Martine Aubry et Ségolène Royal ne nous refont pas le coup de l’union trop soudaine et trop sacrée pour être complètement honnête contre les jugées dérives sarkoziennes.

En revanche, c’est désormais officiel et au moins provisoirement définitif, les partis écologistes français forment à présent une entité globale.

Un attelage hétéroclite

« Un moment d’incantation politique », commente une Cécile Duflot lyrique au micro de nos confrères d’I-Télé.

Cécile Duflot, José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly. La fringante et impertinente secrétaire nationale de feu les Verts, le « rouge » devenu « écolo » qui espère « rassembler au-delà de la gauche », l’altermondialiste le plus médiatisé de France et la juge d’instruction la plus célèbre du pays : la nouvelle task force n’a dogmatiquement rien d’une évidence mais à compter de ce samedi 13 novembre, promis, juré, elle tirera dans le même sens.

Le nom du parti unifié, que l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage considère par ailleurs trop à gauche pour la séduire, a été approuvé par 57 % des militants. Il faudra maintenant parler de mouvement Europe Écologie – Les Verts. Pour ne froisser personne ? Même si Mme Duflot paraît tenir la corde on ignore encore qui sera aux manettes de ce vaisseau flambant neuf, fruit de la fusion entre deux tendances de la gauche qui avaient tout de même vocation à converger. En attendant de lui trouver un visage et de s’accorder sur une feuille de route capable de lui faire jouer le traditionnel rôle de « troisième force » voire peut-être davantage, ils ont tous le sourire aux lèvres.

Un sourire teinté de soulagement, le rassemblement n’ayant jamais rien eu d’une sinécure en politique. À Paris le feuilleton politique de l’hiver est en passe de toucher à sa fin – enfin, aux dires d’une opposition d’accord sur l’importance toute relative d’un remaniement ministériel en situation d’hyperprésidence – et à Lyon l’écologie se mue en machine de guerre politique. Reste à savoir si les très difficilement évitables querelles d’égos seront durablement contenues et que vaudra le nouvel aréopage dans le coeur des Français.

« Chapeau et bravo ! »

Un an et demi avant le verdict, tous semblent optimistes. Nicolas Hulot a tenu à faire le déplacement dans la capitale des Gaules et apprécie le spectacle. Pour un peu l’écologiste préféré des Français afficherait presque lui aussi le sourire du vainqueur. Il est également impressionné et ne s’en cache pas : « ce qui compte à mes yeux, c’est le chemin parcouru [...] Chapeau et bravo ! », s’exclame-t-il devant l’assemblée. Et de réitérer sa mise en garde préventive contre le gouvernement en plaidant pour un renforcement du périmètre du ministère de l’Écologie.

« On ne va pas crier avant d’avoir mal mais il est normal qu’on soit exigeants », justifie l’animateur qui, s’il a beau être insensible aux sirènes d’un pouvoir d’agir qui lui tend les bras, n’a pas encore dit non à Europe Écologie – Les Verts. Son apolitisme indéfectible et assumé ne l’a quoi qu’il en soit pas empêché d’assister à ce mariage de coeur, de raison ou, plus probable, des deux. Est-ce à dire qu’il mordra à l’hameçon et sera de cette bataille ?

Pour l’heure monsieur Hulot n’est pas en vacances, il continue de travailler, c’est-à-dire – outre la distribution des bons et des mauvais points – de militer, spécialement pour que la majorité ne profite pas du grand chambardement gouvernemental pour « rétrograder » les considérations écologiques.

En cette fin de journée, à Lyon, ils se congratulent et s’embrassent, et à Paris les intéressés savent maintenant qui va quitter le bateau, qui va monter à bord et qui en sera le capitaine. Les têtes d’affiche de l’actualité politique exceptionnellement dense de ce week-end, regroupés d’une part, promus, maintenus, transférés ou débarqués d’autre part, se mesureront directement ou non en 2012.

« (Nous devons) être dans la société française comme un poisson dans l’eau, sinon nous n’existerons pas », a martelé « Dany » devant une salle debout, en présence des « historiques » Antoine Waechter et Dominique Voynet ainsi que du président du WWF Serge Orru.

L’armada nouvellement constituée devra, c’est une évidence, élaborer une stratégie environnementale crédible, désidéologisée, bref aboutie. Cette obligation vaut néanmoins aussi pour le gouvernement, lequel a pour ainsi dire le devoir de redonner sa couleur originelle à ce « Grenelle » que nos compatriotes trouvent vert pâle, parce qu’il s’agit sans doute là d’une des nombreuses conditions à la réélection de Nicolas Sarkozy.

De l’autre côté de l’échiquier politique M. Cohn-Bendit a assuré vendredi que lui-même, Eva Joly, José Bové et consorts sont « d’accord pour surmonter tous (leurs) problèmes ». Face à une opinion aujourd’hui très sensibilisée aux thématiques « vertes », indépendamment de ses affinités politiques, il faut espérer, pour qu’elles continuent de progresser sur le terrain politique, qu’ils y parviendront sur la distance. Et que dans le même temps la majorité se fixera des exigences environnementales plus élevées et dignes des enjeux, même si le remaniement a fait perdre de sa superbe au ministère de l’Ecologie…

Crédit photo : Wikimedia Commons - N4thaniel / Xavier Cantat / N4thaniel
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