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Les deux tiers des Français pensent que le dérèglement climatique est déjà perceptible

Les deux tiers des Français pensent que le dérèglement climatique est déjà perceptible

Un sondage IFOP pour Le Monde et France Inter consacré à la perception des Français du climato-scepticisme a révélé que nos compatriotes sont une majorité à se sentir menacés par le réchauffement climatique. Un « état des lieux » intéressant à dix jours du sommet de Cancun (Mexique).

Toutes générations confondues, 66% des Français déclarent que le réchauffement climatique se fait déjà ressentir. Même si le lien entre multiplication des catastrophes naturelles et hausse des températures n’est toujours pas formellement établi par les experts, les conséquences du réchauffement sont de l’avis des sondés l’augmentation du nombre de phénomènes météorologiques comme les ouragans, les cyclones, la sécheresse ou encore les canicules.

Les thèses des négateurs pourraient néanmoins avoir gagné du terrain au sein de l’opinion publique 2008. Il y a deux ans, nos compatriotes étaient ainsi 53% à déclarer « préoccupants » les risques liés au changement climatiques, soit tout de même douze points de plus que dans cette étude. La crise économique, le terrorisme ou encore la baisse du pouvoir d’achat sont passés par là… « L’échec du sommet de Copenhague a créé la déception », ajoute Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion et stratégie d’entreprise de l’IFOP. Reste que la question du climat figure encore parmi les premières inquiétudes des Français, et que d’une façon générale ils sont davantage sensibilisés aux enjeux environnementaux.

Fossé générationnel

34% des personnes interrogées se sont par exemple dites préoccupées par la pollution des eaux, 31 % par l’épuisement des ressources naturelles et 18% pour la pollution atmosphérique en ville. 56 % des Français considèrent en outre que la hausse du thermomètre mondial constitue « une menace sérieuse » pour leur mode de vie, et ils sont 74 % à souscrire à la thèse du GIEC selon laquelle le phénomène est très majoritairement imputable aux activités humaines.

Le fossé entre les générations est cependant bien là et il apparaît que les jeunes sont plus sensibles que leurs aînés aux thématiques climatiques. « Les plus anciens ont beaucoup consommé, sans s’interroger sur l’avenir du monde, et sont donc un peu gênés aux entournures quand on leur présente la facture pour la planète », décrypte M. Fourquet. 39 % des soixante-cinq ans et plus pensent notamment que le changement climatique est susceptible d’attenter à leurs habitudes comportementales, soit vingt-huit points de moins que les moins de trente-cinq ans.

A noter également que 62% des sympathisants de gauche qui se disent concernés par les questions climatiques, contre 48% de sympathisants de droite. Est-ce à dire que les UMPistes sont plus réceptifs aux allégations de la paire Claude Allègre-Vincent Courtillot ? Le curicullum vitae des sondés n’a en tout cas aucune incidence sur leur perception du réchauffement climatique. « D’abord, tous les diplômés n’ont pas de connaissance scientifique. Ensuite, les conséquences du réchauffement donnent parfois des images assez spectaculaires comme l’absence de neige sur les cimes du Kilimandjaro ou la fonte de la banquise arctique. Et frappent donc les esprits, quels qu’ils soient », analyse M. Fourquet.

Les Français plus sensibles et sensibilisés que les Américains

Last but not least, nos compatriotes sont nettement plus préoccupés que les Américains, qui ne sont que 50 % à estimer que les effets du dérèglement climatique sont déjà palpables et à peine 32 % à penser qu’il aura un impact sur leur mode de vie. Un décalage qui selon M. Fourquet s’expliquerait par « le culte voué au modèle consumériste américain mais aussi par le lobbying actif des industries du pétrole et du charbon ». Reste à savoir si le désastre environnemental provoqué par l’explosion de Deepwater Horizon en avril dernier fera durablement progresser ces chiffres ou si a contrario les neveux de l’Oncle Sam continueront de consommer déraisonnablement.

Plus solidement implanté outre-Atlantique, le climato-scepticisme n’est cependant pas complètement marginalisé dans nos frontières dans la mesure où 28 % des Français disent soutenir les climato-sceptiques. 69 % des personnes interrogées ont aussi déjà entendu parler de Claude Allègre et consorts. Une proportion qui culmine à 91 % chez les soixante-cinq ans et plus.

Ces chiffres démontrent si besoin était que Nathalie Kosciusko-Morizet aura fort à faire pour infléchir la tendance de l’électorat de droite, paradoxalement peut-être moins sensible que son pendant de gauche à l’existence d’un Grenelle de l’environnement. Ce grand chantier « vert » la nouvelle ministre de l’Ecologie va devoir le soutenir et sans doute renforcer sa dimension pédagogique. Pas une mince affaire…

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