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Voilà qui devrait faire plaisir aux faucheurs, le fussent-ils par la pensée. Le Haut conseil des biotechnologies (HCB), cette instance indépendante créée l’an dernier dans le cadre du Grenelle de l’environnement, a émis fin décembre de fortes réserves sur la culture à l’air libre du maïs MON 810.
Par quatorze voix contre onze, le HCB a en effet estimé qu’elle présentait plus d’inconvénients que d’avantages. Un nouveau coup dur pour le semencier américain Monsanto, déjà très loin de faire l’unanimité au sein de la population française.
Saisi en septembre dernier par le gouvernement himself, le Haut conseil a jugé que les atouts d’une telle culture ne valaient qu’en cas de forte infestation. Surtout, si à l’instar de l’Agence française de sécurité des aliments (AFSSA) il a considéré que le MON 810 ne présentait pas de danger pour la santé des consommateurs, il a aussi indiqué que les risques de dissémination ne pouvaient être formellement écartés et qu’il subsistait des incertitudes quant à ses effets sur les abeilles et les animaux d’élevage.
Le comité scientifique du HCB a néanmoins nuancé les conclusions de son homologue éthique et social puisqu’il n’a constaté aucun élément « de risques biologiques que l’on puisse qualifier de majeur et qui (nécessiterait) une nouvelle série de questions ou de mise au point par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) », laquelle a émis un avis favorable sur la culture du MON 810. Interdit en Allemagne, en Autriche, en Grèce, en Hongrie et au Luxembourg, source d’avis divergents dans l’Hexagone, le maïs transgénique de Monsanto pourrait paradoxalement bientôt être autorisé par la Commission européenne. Gageons que son éventuelle commercialisation à l’échelle continentale échoue cependant à décourager ceux, nombreux, qui ne veulent pas en entendre parler. Au point, parfois, de faire valoir leur mécontentement en dépassant les frontières de la légalité.

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