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Plus de candidatures, plus d’experts, plus de femmes : le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) continue de séduire la communauté scientifique et a mis le paquet pour faire taire critiques et suspicions d’incompétence.
Publié il y a près de trois ans, le dernier rapport a imputé à l’homme 90 % de la responsabilité de l’augmentation des températures et sert de base aux difficiles négociations climatiques . Sobrement intitulé « Climate Change 2007 », il prône une réduction drastique et générale des émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de maintenir la hausse du thermomètre mondiale dans des proportions acceptables pour les espèces – l’espèce humaine y compris – et table notamment sur une montée des eaux à l’horizon 2100 comprise entre dix-huit et cinquante-neuf centimètres.
Tissu d’inepties pour les climatosceptiques, le quatrième rapport d’évaluation du GIEC demeure toutefois LA référence politique et les controverses qui ont fait s’interroger certains sur la crédibilité des conclusions de l’organisme onusien , prix Nobel de la Paix en 2007 , n’ont tout compte fait pas débouché sur la révolution réclamée par les négateurs. Nul doute donc que ces derniers réserveront le même accueil glacial au cinquième opus, même si quelque huit cent trente et un scientifiques (sur environ trois mille postulants, mille de plus que pour le précédent) répartis en trois sections – observations climatiques, impact du dérèglement climatique et stratégies pour y répondre – participeront à la rédaction de ces travaux-ci, soit presque deux fois plus que pour l’étude de 2007.
Plus de scientifiques des pays du Sud
« 69 % des personnes sélectionnées sont nouvelles au GIEC [...] C’est le signe d’un intérêt grandissant des gouvernements et des scientifiques sur les questions climatiques », analyse Isabel Garcia-Gil, membre du service de presse de l’institution climatique.
Alors que 30 % des spécialistes sont originaires de pays en développement (PED), 27 % des chercheurs désignés pour la rédaction de ce cinquième acte sont des femmes. Pas encore la parité donc mais des progrès en la matière. Progrès aussi en ce qui concerne le contingent de scientifiques travaillant dans l’Hexagone puisqu’ils seront cette fois trente-quatre, soit douze de plus que pour le quatrième acte, dont trente de nationalité française. Parmi eux l’océanographe Jean-Pierre Gatusso, nouveau venu, mais aussi Hervé Le Treut et Jean Jouzel, deux climatologues qui font partie des quatorze à rempiler et avaient peu goûté les diatribes de Claude Allègre.
« Les critiques ne doivent pas remettre en cause le diagnostic principal sur le réchauffement climatique en cours »
« Les critiques ne doivent pas remettre en cause le diagnostic principal du GIEC sur le réchauffement climatique en cours, et surtout les dangers de celui, beaucoup plus important, qui surviendra si nous continuons à émettre de plus en plus de GES », a commenté M. Jouzel, visiblement convaincu et déterminé à remettre les pendules à l’heure.
La publication de ce cinquième rapport qui associe climatologues, glaciologues, météorologues, océanographes ou encore statisticiens (NDLR : et qui selon le GIEC accorde une « attention particulière » à l’expertise « afin de s’assurer que les équipes se composent des principaux experts dans les domaines respectifs avec différents points de vue scientifiques sur le changement climatique ») est prévue pour 2013 ou 2014.
Il fait actuellement l’objet d’un audit indépendant qui réunit quarante citoyens bénévoles à travers le monde et a passé au peigne fin les cinq mille six cents sources du précédent rapport. Un filtre lui aussi destiné à s’épargner une nouvelle zone de turbulences.

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