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La Terre vit largement au-dessus de ses moyens

La Terre vit largement au-dessus de ses moyens
Antre de l'or noir et de la démesure, les Emirats Arabes Unis sont le pays dont l'empreinte écologique par individu est la plus élevée au monde. Selon le rapport « Planète vivante 2010 », la situation environnementale de la planète est suffisamment grave pour que ses habitants changent au plus vite leurs habitudes de consommation. Cet appel à des modes de vie plus « verts » s'applique en fait à l'ensemble des pays du Nord, qui « pompent » les ressources de leurs homologues du Sud dans des proportions dramatiques

Déjà évoqué dans nos colonnes à la fin de l’été, l’inquiétant constat selon lequel les Hommes engloutissent trop de ressources naturelles pour subvenir à leurs besoins a été confirmé dans un rapport du WWF publié hier.

Intitulée « Planète vivante 2010 » et rédigée tous les deux ans en collaboration avec la Société Zoologique de Londres et l’ONG Global Footprint, cette étude téléchargeable sur la Toile dresse un état des lieux complet de la situation environnementale de la planète, et le fait est que le bilan 2010 n’est pas réjouissant.

« (L’empreinte écologique et l’empreinte eau) montrent à l’évidence que la course sans précédent à la richesse et au bien-être de ces quarante dernières années met la Terre à trop rude épreuve », écrit notamment James P. Leape, directeur général du WWF International. Et d’enjoindre les pays riches à « trouver des manières de vivre sur Terre beaucoup plus légères, c’est-à-dire réduire fortement leur empreinte écologique et en particulier leur dépendance aux combustibles fossiles » - ce qui étant donné la levée prématurée du moratoire américain sur les forages en eaux profondes et l’impossibilité pour Bruxelles (voir aussi ) d’imposer pareille diète aux pays concernés, pour ne citer que ça, est loin d’être acquis.

Peurs sur l’eau et la biodiversité

Les auteurs de cette étude divisée en trois chapitres soulignent également que l’humanité utilise aujourd’hui une fois et demie plus de ressources que ce que la planète est en mesure de lui fournir à long terme et que  « soixante et onze pays font face à un stress sur leurs ressources en eau ». L’eau, l’un des sinon le grand enjeu écologique de ce début de siècle marqué par un gaspillage des ressources naturelles sans précédent, et dont on redoute depuis déjà plusieurs décennies qu’elle finisse par faire l’objet d’affrontements armés. Les deux tiers de la population mondiale en 2025, soit cinq milliards cinq cents millions de personnes, pourraient en effet avoir des difficultés à se procurer de l’eau potable (sachant aussi qu’à peine 1 % de toute l’eau douce de la planète est accessible à l’Homme).

La biodiversité, dont la sauvegarde a été intronisée priorité de l’année par les Nations Unies, est quant à elle toujours en déclin, en dépit de quelques bonnes nouvelles ça et là qui ne suffisent pas à infléchir la tendance générale à la diminution voire à l’épuisement des stocks. Elle aurait ainsi accusé une baisse générale de 30 % en quatre décennies et serait dans une posture particulièrement délicate dans les zones tropicales et les habitats d’eau douce, où les cinq menaces majeures diagnostiquées puis décortiquées par l’association – « la disparition, la fragmentation ou la transformation des habitats, la surexploitation des populations d’espèces sauvages, la pollution, le changement climatique et les espèces invasives » - auraient d’ores et déjà des conséquences dévastatrices.

Les pays riches montrés du doigt

Les pays développés, eux, vivraient « dans un paradis factice, alimenté par une consommation excessive et des émissions de carbone élevées », analyse M. Leape. Les États membres de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) auraient par ailleurs représenté « 37 % de l’empreinte écologique (NDLR : c’est-à-dire la surface de terre et le volume d’eau requis pour produire les ressources renouvelables utilisés par la population mondiale sur une année) de l’humanité » en 2007. Un pourcentage bien trop élevé pour ne pas traduire des disparités profondes et dont on peut redouter qu’il soit devenu impossible d’y remédier. Si les habitudes de consommation devaient rester en l’état d’ici à 2030, l’humanité aura en tout cas besoin de « deux planètes par an » (!) pour assouvir ses besoins en perpétuelle croissance, soulignent les experts, lesquels mettent aussi en avant le fait que « la surconsommation du Nord se fait au crédit des ressources du Sud ».

La quantité de ressources et d’énergie consommées est en outre très différente selon les pays. Les auteurs ont ainsi calculé que « si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des États-Unis ou des Émirats Arabes Unis, il faudrait une biocapacité (NDLR : indicateur déterminé par deux facteurs, à savoir « les surfaces de terres cultivées, de pâturages, de pêche et de forêts situées à l’intérieur des frontières d’un pays et la productivité de ces étendues de terre ou d’eau ») équivalente à plus de quatre planètes et demi pour répondre à la consommation de l’humanité et absorber les émissions de CO2 ». Les deux pays font donc partie des mauvais élèves, au même titre que, dans l’ordre alphabétique, l’Australie, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Estonie, l’Islande, le Qatar et le Koweït, qui complètent le triste top 10 des États présentant l’empreinte écologique par habitant la plus forte de la planète.

« Le taux de croissance plus élevé de l’empreinte écologique par personne des pays BRIC (NDLR : Brésil, Russie, Inde et Chine) est tel que ces quatre pays ont le potentiel de dépasser la consommation totale des trente et un pays de l’OCDE » (!), notent également le WWF et ses deux partenaires, aussi la hiérarchie pourrait-elle incessamment changer.

Abolir les pratiques de pêche non-durables, favoriser la gestion éco-responsable des forêts et les énergies renouvelables, partager les ressources naturelles limitées, augmenter la proportion des aires protégées ou encore valoriser la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes sont quelques-unes des mesures préconisées par les auteurs du rapport. Elles doivent impérativement être appuyées par les gouvernants sous peine de courir à la catastrophe.

L’avenir de l’humanité est tout simplement entre leurs mains. Les citoyens des pays riches doivent de leur côté repenser en profondeur leurs modes de vie et leurs habitudes de consommation.

Cette fois encore l’effort doit être collectif et considérable. Il est aussi indispensable.

Crédit photo : Wikimedia Commons – Imre Solt
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  • daniel d

    Tout cela est assez désespérant !

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