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En refusant toute compromission concernant le dossier des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), le gouvernement français a enterré l’espoir de l’Union Européenne (UE) de mettre un terme à une polémique qui semble interminable.
A l’occasion du Conseil sur l’Environnement qui s’est déroulé vendredi à Luxembourg, le ministre français de l’Ecologie Jean-Louis Borloo a refusé la proposition de la Commission européenne qui constituait pour l’UE une issue au blocage de l’épineux dossier OGM. « Pas question de troquer la subsidiarité (NDLR : principe communautaire qui offre davantage de pouvoir de décisions aux Etats membres) contre l’absolue exigence d’un rehaussement des expertises », a-t-il déclaré à l’issue de cette réunion. « On voit bien le piège de cette proposition qui consiste à détendre tout le monde en laissant chacun faire ce qui lui plaît pour faire oublier la décision de 2008 », a également estimé M. Borloo.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso doit présenter son texte final le 13 juillet prochain et souhaite laisser la liberté aux Etats membres d’autoriser ou non l’implantation d’OGM sur leur territoire. La décision serait donc prise individuellement par les pouvoirs nationaux et non plus au niveau communautaire comme c’est actuellement le cas. En contrepartie Bruxelles jouirait d’une plus grande facilité pour valider les mises en culture.
Les détracteurs de ce projet considèrent qu’il permettra aux semenciers, dont Monsanto et Pioneer, de s’implanter définitivement sur le territoire européen dans des pays moins regardants ou soumis à des pressions économiques. Ils redoutent également une dissémination des semences OGM qui risquerait de polluer les cultures traditionnelles.
Tous ensemble contre les OGM
Jean-Louis Borloo a pour sa part exigé des institutions communautaires qu’elles se penchent sur une demande « faite à l’unanimité » par les 27 pays de l’UE « de revoir complètement les méthodes d’évaluation des OGM ». Cette réclamation qui date en fait de 2008 compliquerait la culture et la commercialisation des cultures transgéniques à travers toute l’Europe. « Nous voulons que les conditions d’autorisation soient musclées […] Nous considérons qu’en l’état actuel, le système n’est pas suffisamment rassurant », a résumé le ministre, qui prône des analyses plus approfondies avant toute nouvelle culture. Cette exigence française a reçu le soutien de nombreux partenaires européens qui réclament eux aussi la révision de Bruxelles. « Tout renforcement est le bienvenu. Il faut améliorer le processus et le faire rapidement », a ainsi déclaré Elena Espinoza, ministre espagnole de l’Environnement et de l’Agriculture.
Il semble néanmoins peu probable que l’UE suive les recommandations de Paris. Le projet de proposition rédigé par le Commissaire européen à la Santé John Dalli n’intègre en effet aucune disposition relative à un durcissement des expertises.
Reste que la France, si elle a récemment autorisé la plantation d’une vigne génétiquement modifiée en Alsace, a montré qu’elle n’était pas disposée à se transformer en terre d’accueil pour tous les OGM.

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