La Commission européenne autorise la vente de six nouveaux maïs transgéniques

Monsanto, Pioneer et Syngenta peuvent se frotter les mains : la Commission européenne a finalement donné son feu vert à la commercialisation de six de leurs maïs génétiquement modifiés. Il n'est cependant pas encore question d'autoriser leur mise en culture

Une situation désespérément bloquée est à l’origine de ces approbations en série qui ont été officialisées avant-hier et ne devraient pas manquer de mettre le feu aux poudres – les Verts ont du reste déjà dénoncé un « passage en force ».

Rappelons en effet, outre les levées de boucliers que déclenche chaque mise au point d’organisme génétiquement modifié (OGM), que la proposition de compromis formulée par Bruxelles le 13 juillet dernier a été massivement rejetée. Elle consistait à accorder aux États membres la possibilité d’interdire la culture des plants transgéniques  sans passer par « la clause de sauvegarde » – quand bien même ils auraient préalablement été autorisés au niveau européen – moyennant un arrêt du blocage des autorisations de mises en culture des multinationales. La France en particulier, par la voix du ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo et de son pendant de l’Agriculture Bruno Le Maire, avait manifesté sa détermination à ce que les décisions continuent d’être prises au niveau communautaire.

Rappelant les règles en vigueur au sein de l’Union Européenne (UE) un porte-parole de la Commission a expliqué que « la Commission (a) fait une proposition pour autoriser la commercialisation ». « Les États doivent (ensuite) se prononcer à la majorité qualifiée et s’ils ne parviennent pas à s’entendre elle est dans l’obligation de les autoriser », a-t-il ajouté.

« Pour sortir de l’impasse »

Justifié par la nécessité de « sortir de l’impasse », ce feu vert à la commercialisation fait suite à un avis scientifique favorable et est valable sur une durée de dix ans. Il porte à environ quarante le nombre de plantes transgéniques désormais persona grata sur le Vieux Continent et s’applique donc à six maïs génétiquement modifiés qui sont essentiellement destinés à nourrir le bétail (NDLR : Trois d’entre eux sont en fait des maïs hybrides qui ont été élaborés par le groupe américain Pioneer, deux sont des maïs transgéniques mis au point par Monsanto et le dernier a été conçu par la multinationale suisse Syngenta, leader mondial de l’agrochimie).

Cette décision controversée n’est cependant pas assortie, et c’est un point capital qui ne peut que soulager les écologistes, d’un aval à la culture. Aux dires de la Commission elle devrait néanmoins permettre d’éviter le blocage des cargaisons de maïs naturels à destination du marché continental sous prétexte qu’ils seraient contaminés par des OGM. « La règle de la tolérance zéro prévoit l’interdiction de débarquer dans l’UE toute marchandise dans lesquelles des traces de produits OGM non autorisés ont été détectées », rappelle en effet l’AFP.

Bruxelles devrait en outre prochainement proposer de tolérer la présence de faibles quantités d’OGM non autorisés dans les importations de nourriture destinée aux animaux. Une concession de plus aux multinationales de l’agrochimie qui, tout comme le constat d’innocuité que vient de formuler le Haut Conseil aux Biotechnologies (HCB) au sujet de la pomme de terre transgénique Amflora, fait déjà grincer des dents. À force d’oppositions aussi fermes les Monsanto et consorts auraient déjà pu céder à une forme de découragement et réétudier leur ambition de conquérir le marché européen. Jusqu’ici, et c’est bien ce qui désole les anti-OGM, ils ont toutefois montré que leur patience n’a pas de limite. La multiplication ces dernières semaines des autorisations de commercialisation semble leur donner raison.

Flickr – Robert Brook
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