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L’Europe diminue efficacement ses émissions de gaz à effet de serre

L’Europe diminue efficacement ses émissions de gaz à effet de serre
Le président de la Commission Européenne Jose Manuel Barroso reste sceptique quant aux possibilités de l’Union de réduire de 30% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Cet objectif paraît pourtant de plus en plus atteignable…

L’Union Européenne peut-elle réduire d’une manière plus importante que prévu ses émissions de gaz à effet de serre (GES) ? Jusque là arrêtée sur un objectif de 20% d’ici à 2020 par rapport à ses niveaux de 1990, elle pourrait bien revoir à la hausse ses ambitions…

Cette question à l’ordre du jour du Conseil européen de l’environnement tombe à pic alors que d’un côté, les municipalités viennent de s’engager dans une accélération de leur réduction des émissions de GES et que de l’autre, la Commission Européenne a annoncé mardi dernier des performances meilleures qu’escomptées dans le plan « 20-20-20 » (NDLR : L’Europe des 15 pays de l’Union à avoir signé le protocole de Kyoto s’est engagée à réduire de 20% ses émissions de GES d’ici à 2020 et de diminuer de 20% l’utilisation des sources primaires pour produire son énergie, au bénéfice des énergies renouvelables qui doivent en représenter 20% pour cette même année).

« Les engagements que nous prenons, nous les tenons » s’est réjouie la commissaire au climat danoise Connie Hedegaard. Pour l’heure, la réduction effective des émissions de GES s’élève à 10,4% pour ces quinze pays. D’autres moyens permettent d’améliorer encore cette performance d’ensemble : les achats de droits à polluer devraient à eux seuls améliorer ce taux de 2,8 points et les activités de boisement pour capter le dioxyde de carbone de l’atmosphère d’un point, ce qui au final pourrait amener la baisse effective des émissions de GES à 14.2% pour ces quinze pays.

Les pays nouvellement entrés dans l’Union font également preuve de bonne volonté et même s’ils n’ont pas été inclus dans les prémisses de cette démarche, ils ont tout de même souscrit à des engagements de réduction de l’ordre de 6 à 8% par rapport à leurs niveaux de 1990. Le seul véritable point noir de cette annonce de la Commission concerne les transports, puisque les émissions de CO2 générées par ces derniers ont encore augmenté de 23.6% en 2008.

De 20 à 30% ?

L’Europe semble donc en avance sur ses objectifs, mais est-elle capable d’aller encore plus loin ? Le président de la Commission Européenne préfère sur la défensive : « l’offre de l’UE de réduire de 30% ses émissions (en 2020) reste sur la table comme une offre conditionnelle » a déclaré hier Jose Manuel Barroso. Une position qui n’est pas partagée par tout le monde, et notamment dans le monde économique. 29 entreprises, parmi lesquelles Vodafone, Nike, BNP Paribas ou encore Google, ont en effet publié une déclaration commune sous l’égide du think tank du Cambridge Programme for Sustainability Leadership. Le dépassement du « 20-20-20 » y est clairement prôné : « passer à une réduction de 30% des émissions de GES est un jeu gagnant-gagnant pour l’Europe ».

Ces bénéfices ne sont pas qu’une affaire de chiffres selon cette note de trois pages : « en plus des nombreux bénéfices économiques et sociaux de la réduction des émissions de GES, cela va stimuler l’innovation et l’investissement en créant des millions de nouveaux emplois dans des secteurs verts ». Ce texte met toutefois en avant un autre chiffre pour asseoir ses propos : 3 400 milliards d’euros, telle serait la valeur totale estimée du marché des biens et services « low-carbon », un secteur voué à se « développer rapidement » dans les prochaines années.

On pourrait ajouter l’argument santé puisque, comme récemment prouvé, la réduction des émissions de GES permettrait de notoirement améliorer la santé des Européens. Ce taux de 20% ou 30% est en réalité au cœur d’une bataille entre partisans et opposants de cette mesure. Alors que la Grande-Bretagne, la France, le Danemark et l’Allemagne y sont favorables, les pays du sud de l’Europe craignent qu’il n’impacte l’état de leurs économies, durement fragilisées par la crise de 2008. Des dissensions qui rappellent les interminables négociations qui avaient abouti au final à l’abandon de la taxe carbone européenne.

Par la même occasion, M. Barroso a admis être plus que sceptique sur la possibilité d’un quelconque accord international lors du prochain sommet de Cancun : « Nous devons être conscients que les conditions d’un accord international légalement contraignant ne sont pas remplies pour Cancun et nous devons nous concentrer sur ce qu’il est réaliste d’obtenir ». Il se place ainsi dans une opinion d’ensemble qui présage d’un futur échec annoncé du sommet mexicain. A moins qu’il ne faille interpréter ces propos comme un appel du pied à la Chine et aux Etats-Unis, les deux pays au cœur du sommet à venir et qui détiennent probablement les clés de sa réussite… ou de son échec.

Crédit photo: Flickr – World Economic Forum
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