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L’Europe affiche un bilan écologique vert pâle

L’Europe affiche un bilan écologique vert pâle
Le bilan écologique de l’Union Européenne s’avère beaucoup moins brillant que les dirigeants nationaux l’auraient escompté. Un des points sur lesquels d’importants efforts sont à fournir : la réduction des déchets

Le constat est à la fois rude et implacable : les pays de l’Union Européenne sont bien loin d’être exemplaires en matière d’environnement.

C’est un exercice de synthèse à la fois fastidieux et exhaustif réalisé par la direction de l’environnement de la Commission Européenne qui « offre » aux 27 pays de l’Union Européenne ce triste constat. L’Environment Policy Review, compilation annuelle des données nationales et des statistiques de l’institut européen Eurostat permet au commissaire européen à l’environnement, le slovène Janez Potocnik, de dresser pour 2009 une conclusion sibylline : « Les 27 Etats membres ont adopté et appliqué une variété de mesures de politique environnementale en 2009, (…) néanmoins, certaines tendances demeurent préoccupantes ».

Premier point où les pays de l’Union brillent par leur hétérogénéité : le secteur des énergies renouvelables (ENR) où le fossé entre la Suède – 43% d’ENR – et Malte (1% d’ENR) devient de plus en plus abyssal. La Grande-Bretagne, même si elle prône depuis quelques semaines d’ambitieux objectifs environnementaux, est encore très loin du compte avec seulement 2% d’ENR, tandis que la France ne progresse guère avec 11%, toujours aux alentours de la moyenne communautaire qui est de 10.3%. Cela peut toutefois réconforter l’Union dans son engagement de produire 20% de son énergie grâce aux énergies renouvelables, adopté en avril 2009 dans le cadre du paquet énergie-climat. Pour la production d’électricité à partir de sources renouvelables, l’objectif de 21% pour 2010 sera par contre beaucoup plus difficile à tenir puisque cette proportion n’atteignait que 16.7% en 2008.

Autre point noir où, ce coup-ci, l’ensemble de l’Union semble fautive : la préservation de la nature. « L’Union Européenne ne parviendra pas à enrayer la perte de la biodiversité pour 2010 » doit admettre M. Potocnik. Seulement 17% des espèces et milieux protégés par la directive « habitats » présentent un bon état de conservation, selon la première étude réalisée à grande échelle sur la biodiversité européenne l’année dernière. Ce n’est pas mieux pour la directive « oiseaux » puisque leur nombre a diminué de 10% depuis 1990. Les sites protégés Natura 2000 ont de leur côté légèrement progressé puisque leur surface totale représente 17.6% du territoire de l’Union en 2009. La Commission juge que ces zones « sont désormais l’un des systèmes de protection de la nature les plus avancés, les plus étendus et les plus flexibles au monde ». La France fait plutôt pâle figure sur ce dernier point avec seulement 12.5% du territoire terrestre rentrant dans ce statut, une part qui stagne déjà depuis plusieurs années.

La France ni pire ni meilleure

La Commission s’inquiète également de la qualité de l’air dans les villes européennes, qu’elle juge « généralement mauvaise ». L’exposition des citoyens européens à l’ozone s’est ainsi accrue depuis 2000, et ce n’est guère mieux concernant l’oxyde d’azote ou le dioxyde de soufre. La principale raison de cette dégradation est peut-être à observer du côté des transports, puisque le fret et le transport fluvial régressent vis-à-vis de la route – 74% pour le transport routier, 17% pour le ferroviaire, 6% pour le fluvial. La France, qui a longtemps fait bonne figure pour le fret ferroviaire, est rentrée dans le rang et plafonne à 15.9%, contre 20.6% il y a dix ans. Elle se révèle également encore plus dépendante à la route que la moyenne de l’Union (80.7% en 2008).

Dernier point qui devrait achever les derniers sceptiques : les poubelles, puisque l’Europe a produit pas moins de 2,9 milliards de tonnes de déchets en 2006 – soit six tonnes par personne, qui incluent 436 kilogrammes d’ordures ménagères – un nombre qui ne cesse d’augmenter et ce, dans l’ensemble des pays de l’Union. Seul point positif dans ce domaine, la progression du recyclage puisque la proportion d’emballages recyclés est passée de 53.9% en 2004 à 58% en 2007. On peut aussi remarquer que 62.1% des déchets retraités en France sont recyclés, contre une moyenne européenne de 42.5%.

C’est bien là le seul point, avec aussi ses efforts pour contenir de manière relative ses émissions de CO2 (NDLR : à noter que le nombre de catastrophes liées au changement climatique a explosé : 100 cataclysmes durant la décennie 1980-1989 contre 360 la décennie suivante), dont la France peut s’enorgueillir. Car pour le reste, et ce malgré ses très remarquées lois relatives au Grenelle de l’environnement, elle a cumulé pas moins de 26 infractions environnementales selon les normes de la Commission, dont huit pour la seule question des déchets. Une 22ème place au tableau final de l’Union qui ne pourra constituer en aucun cas une marque de fierté pour l’Hexagone…

Crédit photo : Flickr - jfgornet
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